XX Je rentrai chez moi, en proie aux plus graves préoccupations. Voilà donc le fruit de la première journée ! Six mois de prison pour le malheureux Crabanac ! Et ce n’était qu’un début, ou pour mieux dire, un accessoire du procès ! C’était pour lui apprendre à garder en public une tenue humble et repentante, et à se prosterner devant ses juges ! Je dînai tristement, car enfin, malgré tout, il faut dîner, d’un pigeon rôti et de deux bottes d’asperges. Il y a dans l’asperge, dit un philosophe inconnu, je ne sais quoi qui purifie le sang et qui raffermit le cœur. Si je fus purifié ou raffermi, je l’ignore. À coup sûr, mes idées devenaient plus riantes lorsque ma nièce Sylvie entra, suivie de Mangou. Ce fut comme un rayon de soleil qui perce les nuages et les renvoie au-delà de l’horizon.


