Marie perd l’appétit, reste le plus souvent alitée, les mains posées sur son ventre distendu. Les mouvements du bébé éveillent alors en elle des élans de tendresse. Les larmes aux yeux, elle lui parle doucement de son père, elle somnole, se réfugie dans un monde onirique où le bonheur pourrait s’épanouir. Puis elle remonte à la surface de la réalité dans laquelle elle se débat sans trouver le moindre apaisement. C’est sa mère qui a préparé un trousseau succinct : des langes, quelques brassières en coton cousues de ses doigts, deux brassières en laine tricotées ces derniers soirs. Elle a rangé ces pièces indispensables dans un sac en tissu, déposé bien en vue au cas où elle serait au bord de la Vienne au moment de l’arrivée du petit. La sage-femme vient tous les matins aux nouvelles : elle


