Poison irlandaisSous un ciel de mars aussi plombé que son humeur, Sweeney guidait son Escort à travers les maisons grises du quartier portuaire d’Aberdeen. Un peu plus de onze heures, songea-t-il en s’engageant dans l’ultime virage, tante doit être à la maison. Rapidement, il parvint devant la demeure où s’était déroulée son enfance. Moi qui suis d’habitude si heureux de rendre visite à tante Midge, se dit-il encore, les mains toujours accrochées au volant, c’est bien la première fois que je ne viens pas chercher le réconfort auprès d’elle. Il s’agirait plutôt d’une mise au point… Oui, je sens couler en moi le poison d’une sourde colère, réalisa-t-il enfin. Constatant qu’il hésitait encore à sortir, le jeune homme préféra cesser de réfléchir et il se dépêcha de traverser la rue pour aller


