Lena ne savait pas combien d’heures avaient passé. Dans la maison parfaite, le temps n’avait pas de bruit. Pas de klaxon, pas de pas dans un couloir, pas de voix derrière un mur. Juste une lumière douce, trop propre, trop calme. Une paix fabriquée. Elle avait mangé un peu, par réflexe. Par instinct. Pas parce qu’elle lui faisait confiance. Puis elle s’était assise au bord du lit, les doigts serrés sur le tissu, comme si elle pouvait y accrocher sa réalité. Liu allait venir. Cette pensée revenait sans cesse, comme une vague qui cogne. Et derrière elle, une autre plus froide : et s’il ne venait pas assez vite ? La poignée de la porte avait résisté. La serrure n’avait même pas tremblé. Lena avait fini par arrêter d’essayer, pas par abandon… par économie. Elle gardait ses forces, parce q


