IXCe soir-là, au cours du dîner, Wennaël se montra l’étincelant causeur de naguère. Dans la conversation quelque peu superficielle de sa mère et des étrangères, il jetait une note d’esprit, d’observation originale que saisissait aussitôt la vive intelligence de la comtesse Speletta. La jeune femme montrait une gaieté qui donnait encore plus d’éclat à sa beauté, singulièrement brillante ce soir. Sa robe d’organdi blanc à larges dessins rouges aurait paru trop voyante, presque vulgaire sur d’autres femmes, mais elle la portait avec une aristocratique aisance, et ces tons vifs seyaient à ses cheveux noirs, à son teint chaud de brune, à ses yeux où semblait se concentrer une flamme ardente. Wennaël, quand il la regardait, assise près de lui, distinguait l’éclair de ses bijoux lourds et superbe


