XXXII

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XXXII Nous nous arrêtâmes bien quelquefois pour faire souffler le mulet à l’ombre, dans le creux du rocher, au bord des eaux qui écumaient. Il cassait des branches de jeunes sapins qu’il me donnait pour m’éventer ou pour chasser les mouches de mes joues ; même, une fois que j’avais soif, il alla me chercher de l’eau au torrent dans le creux de ses deux larges mains, qu’il arrondit comme une coupe ; il les éleva vers moi, et j’y bus en me penchant comme à la source. Je ne pouvais pas me rassasier d’y boire ainsi ; il me semblait que ça me familiarisait avec celui qui devait être mon mari, et que je buvais véritablement sa sueur et sa vie. Je prolongeais le jeu au-delà de ma soif, et lui riait et me disait : « Bien, mademoiselle Geneviève, ne vous pressez pas ; c’est comme cela que nous buv

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