XLIV Puis je rentrai sans savoir ce que je faisais ; la petite dormait encore. J’allai droit à l’armoire. Je pris mes souliers fins, mes boucles, ma ceinture à nœuds de ruban, ma coiffe de dentelle, mes boucles d’oreilles, mon collier de grains de jais, ma belle robe de soie gorge de pigeon, j’en fis un paquet bien plié dans une serviette blanche qui n’était pas marquée, j’emportai tout cela à l’église de Voiron pendant qu’il n’y avait personne, et je le déposai, sans avoir été aperçue par le sacristain, sur l’autel de la sainte Vierge. J’avais attaché sur la serviette, avec une épingle, un petit morceau de papier où j’avais écrit : Vœu ! On savait que cela voulait dire, dans le pays, une offrande pour habiller la sainte ou la madone. Je me disais : « Il ne faut rien garder à toi de ces h


