V Au bout de huit ou dix jours, elle s’était tellement accoutumée à ma présence dans la maison, que je ne lui inspirais plus aucun embarras. Elle savait que j’avais été l’ami le plus cher de son maître. Elle reportait tout naturellement sur moi l’attachement respectueux qu’elle avait pour lui. D’ailleurs, elle avait besoin de servir quelqu’un et d’aimer celui qu’elle servait. Tout son service n’était qu’inclination naturelle et satisfaite à obliger. Elle se rendait heureuse elle-même en prévenant les moindres désirs de ceux auxquels son état de servante la dévouait moins encore que son cœur. Ma jeunesse aussi l’intéressait ; elle était fière de remplacer autant qu’elle pouvait son maître mort dans l’accueil qu’il aurait fait vivant à ce jeune homme pour qui elle connaissait sa tendresse.


