Chapitre 9

1431 Mots
VALENTINA  Comme promis, Alessandro m’a amenée pour que nous choisissions nos alliances. Normalement, c’est quelque chose que l’on doit faire avant de se marier, un moment empreint d’émotion et de symbolisme. Mais nous faisons les choses un peu à l’envers. Ce n’est pas vraiment un “vrai” mariage, et je ne sais pas vraiment pourquoi il insiste pour que nous ayons des alliances. Enfin, si, je mens, je le sais. C’est pour prouver que nous sommes bien unis l’un à l’autre, même si ce n’est que le fruit d’un arrangement. Je suis entrée dans cette bijouterie avec lui, m’attendant à prendre la première bague venue, à faire vite et à sortir. Cependant, je suis surprise de voir à quel point Alessandro y met du sien. Il est attentif, presque passionné, comme s’il voulait que ce moment compte, même s’il s’agit d’une simple formalité. — Préfères-tu l’or jaune ou l’or blanc ? m’interroge-t-il avec un regard sérieux. Je l’observe, un sourire se dessinant sur mes lèvres. Loin de l’image du mari autoritaire que j’avais en tête, il semble vraiment désireux de connaître mon avis. — L’or blanc, je pense. — Et pour les pierres précieuses ? En as-tu une préférée ? Nous discutons de choix que je n’avais jamais envisagés, comme si chaque détail pouvait rendre ce moment encore plus significatif. Après avoir répondu à toutes ses questions, il me présente une bague magnifique. Une bague en or blanc, sertie de diamants, avec au milieu une pierre de Lapis Lazuli. Sa couleur profonde et son éclat unique me fascinent. — Elle est magnifique. Mais ce n’est pas une alliance. — Non, je sais. Mais elle te plaît ? — Oui, beaucoup. Il me sourit alors, un sourire empreint de douceur, et avec une délicatesse surprenante, il passe la bague au doigt. — C’est ta bague de fiançailles. En retard, certes. Et maintenant, nous allons prendre nos alliances en commun. Je fronce les sourcils, tentant de protester. — Je n’ai pas besoin de bague de fiançailles. Je te promets, ce n’est vraiment pas la peine. Je m’apprête à retirer la bague, mais il m’en empêche en prenant ma main dans la sienne. La chaleur de son contact me surprend et me touche. — S’il te plaît, Valentina. J’y tiens. Il me regarde avec une telle appréhension, une telle vulnérabilité, que je finis par céder, le cœur battant de désirs contradictoires. — D’accord, soufflai-je. Merci. Son sourire s’élargit, sincère et joyeux. Alors que je pense qu’il va relâcher ma main, il m’étonne en les emmêlant avec les siennes. Ce simple geste m’électrise, et je sens mon cœur battre plus vite, comme si une connexion invisible se tissait entre nous. Nous poursuivons notre recherche pour nos alliances. Après plusieurs essayages, nous jetons notre dévolu sur une paire d’alliances en or blanc assorties. La mienne s’entrecroise, avec un côté serti de petits diamants et l’autre en or blanc lisse. Celle d’Alessandro est également entrecroisée, mais les deux parties sont lisses, unies dans leur simplicité. Le vendeur nous demande si nous souhaitons y graver quelque chose. Je suis prête à dire non, à refuser cette idée. Je ne vois pas l’intérêt de graver la date d’un mariage sans amour, un moment qui, pour moi, est plus un contrat qu’un engagement vrai. — Non, merci, dis-je fermement. Alessandro m’observe, un léger sourire sur les lèvres, comme s’il respectait mes pensées. Dans ce moment, j’ai l’impression que nous partageons un secret, une compréhension mutuelle des enjeux de cette situation. Après toute la confusion entourant notre mariage arrangé, il est agréable de constater que nous pouvons encore prendre du plaisir à passer du temps ensemble. Une fois nos alliances choisies et payées, nous partons en direction d’une agence de voyage. Je me rappelle qu’hier, il m’a dit que nous partirions bientôt en voyage de noces. Je réalise alors que ce n’était pas simplement des paroles en l’air. Nous entrons dans l’agence, et l’odeur des brochures et le bruit des avions qui partent me donnent une excitation palpable. Nous prenons place dans un fauteuil confortable et commençons à feuilleter les diverses destinations. — Tu as envie de partir à la mer ou à la montagne ? me demande-t-il, son regard pétillant d’enthousiasme. Comme nous vivons près de l’océan, j’aurais tendance à dire la montagne. Mais aime-t-il vraiment la montagne ? Je me demande si je ne fais pas erreur en supposant ses préférences. — Tu préfères quoi, toi ? Il hausse les épaules, l’air indifférent, mais je sais qu’il n’est pas vraiment indifférent. — J’aime les deux. Peu importe ce que tu choisis, ça m’ira. Je prends un moment pour réfléchir. J’aime l’idée de la montagne, de l’air frais et des paysages majestueux. — Je dirai plutôt la montagne ? Comme on n’est pas loin de l’océan, on pourra y aller plus tard... Enfin, c’est une façon de parler. Il me sourit, un sourire qui fait battre mon cœur un peu plus vite. — Ok, va pour la montagne. Quel endroit ? Je me rends compte que j’ai déjà pris ma décision, mais je veux qu’il se sente impliqué. — J’ai déjà choisi entre la mer et la montagne. À toi de choisir où. Il ricane en secouant la tête, un mélange de défi et d’amusement sur son visage. — Bien. Que dis-tu d’Aspen ? Mon cœur s’emballe à l’idée d’un lieu connu pour ses paysages enchanteurs et son ambiance chaleureuse. — Parfait ! Nous échangeons un regard, un moment de complicité qui me fait sourire. L’idée de partir ensemble, de découvrir un nouvel endroit, me remplit d’excitation. Peut-être que ce voyage de noces ne sera pas simplement une formalité, mais une occasion de mieux se connaître, de bâtir une connexion au-delà des apparences. Alors que nous continuons à discuter des détails du voyage, je me surprends à espérer que cette expérience soit le début d’une nouvelle aventure pour nous deux. Nous repartons avec deux billets réservés pour une pension complète dans un hôtel de luxe pour dix jours. L’excitation m’envahit, mais une petite appréhension s’installe aussi. Nous partirons la semaine prochaine, et Alessandro assure que d’ici là, tout devrait être réglé pour l’entreprise. J’ai hâte, mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que nous allons vraiment faire pendant ces dix jours. Si c’était un mariage d’amour, je saurais à quoi m’attendre, mais là… hormis faire du ski, c’est un mystère. Hier soir, nous avons fait chambre séparée. Alessandro m’a dit que j’avais droit à mon espace, et que si je n’avais pas envie de dormir avec lui, ce n’était pas grave. Ce geste m’a touchée, même si cela fait résonner en moi des doutes. Je ne sais pas encore comment va évoluer notre mariage arrangé, alors pour le moment, j’ai décidé de prendre cela comme une sorte de colocation. Une cohabitation temporaire, avec ses règles et ses limites. Mis à part notre b****r fugace à la chapelle, qui m’a laissé un mélange de douceur et de confusion, et le fait qu’il a pris ma main tout à l’heure d’une manière protectrice, rien d’autre ne s’est vraiment passé entre nous. Je viens juste de sortir d’une rupture douloureuse, et le souvenir de la tentative de meurtre dont j’ai été victime pèse encore lourdement sur mes épaules. Je ne me sens pas vraiment apte à succomber aux charmes d’Alessandro pour le moment. Il est séduisant, attentionné, et d’une certaine manière, il pourrait être un bon compagnon, mais j’ai besoin de temps. Notre mariage est censé durer plusieurs années, et je me demande si un jour, je pourrais voir les choses sous un autre angle. Peut-être qu’avec le temps, je pourrais développer des sentiments pour lui, mais pour l’instant, je ne peux pas me le permettre. Chaque moment que nous passons ensemble est une occasion de voir comment se construit cette relation atypique. Je sais que je dois rester ouverte à l’idée de ce que cela pourrait devenir, mais je ne peux m’empêcher de me protéger, de garder une certaine distance. Alors que je me perds dans mes pensées, je me demande ce que nos dix jours à Aspen nous réserveront. Cela pourrait être une opportunité de découvrir non seulement les paysages enchanteurs, mais aussi des facettes de nous-mêmes que nous n’avons pas encore explorées. Peut-être que le ski, les soirées au coin du feu et les conversations sous les étoiles pourraient nous rapprocher, ou peut-être que cela nous montrera combien il est difficile de transformer un mariage d’apparence en une véritable union. L’avenir est incertain, et cette idée, à la fois excitante et effrayante, me fait battre le cœur.
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