Chapitre 10.

1884 Mots
ALESSANDRO  - Allô ? - Oui, bonjour, c’est maître Dieppe. - Oh, oui, bonjour maître. - C’était pour vous informer que vous pouvez passer à mon cabinet quand vous le souhaitez. Les papiers sont prêts. - Parfait ! Je me mets en route immédiatement. - Parfait, à tout à l’heure. Cela aura été rapide ! Je suis content, pour une fois que tout semble bien aller. Je rejoins Valentina dans notre salon, un léger sourire sur les lèvres. - Je vais devoir m’absenter une petite heure. Je dois passer voir le notaire. - Très bien, répond-elle en continuant à trier quelques documents sur la table. - Tu veux que je prenne un truc à emporter pour dîner au retour ? - Non, ne t’en fais pas. Je vais préparer quelque chose. Ça m’occupera. Je lui adresse un sourire, reconnaissant de la façon dont elle prend les choses en main. Avant de sortir, je fais un détour par la cuisine pour m’assurer que tout est en ordre. Les plats sont rangés, et la vaisselle est faite. J’apprécie les petites attentions qu’elle met dans notre quotidien. Je sors de notre appartement, la porte se fermant derrière moi avec un léger clic, et je me dirige vers le parking. Le trajet jusqu’au cabinet du notaire ne devrait pas prendre longtemps, et je me sens presque impatient d’obtenir ces papiers. Cela marque un pas de plus vers la réalisation de mon projet. En montant dans ma voiture, je prends un moment pour respirer profondément. La lumière du soleil filtre à travers les arbres, et tout semble paisible. Peut-être que les choses commencent enfin à se stabiliser. Mon esprit vagabonde vers l’idée de ce que nous pourrions faire une fois que tout sera en ordre. Je démarre le moteur de ma voiture, le bruit du moteur résonnant dans le silence apaisant de la matinée. En m’élançant sur la route, une vague d’espoir m’envahit. Cette journée pourrait bien marquer un tournant positif dans ma vie, un moment où tout commence enfin à prendre forme. L’idée de devenir le PDG de l’entreprise familiale, d’endosser enfin cette responsabilité qui m’a toujours paru si lourde, me procure une excitation mêlée d’appréhension. La route défile rapidement sous mes yeux. En quelques minutes, je suis déjà arrivé chez le notaire, un bâtiment sobre mais imposant qui me fait légèrement appréhender l’entretien à venir. En franchissant le seuil, je suis accueilli par maître Dieppe, qui m’accueille avec un sourire chaleureux, contrastant avec mon état d’esprit. - Vous avez fait vite, monsieur Ricci. Il me tend la main, que je saisis fermement. - Oui. Autant ne pas perdre de temps. Il hoche la tête, satisfait, et désigne une chaise de la main. - Prenez place, je vous prie. Je m’assois, nerveux, le ventre noué par l’anticipation. Chaque seconde qui passe me rapproche un peu plus de la signature qui me permettra de prendre enfin le contrôle de l’entreprise familiale. Pendant que le notaire farfouille dans sa paperasse, je tente de calmer mes pensées. Il finit par me tendre divers documents, des feuillets remplis d’engagements et de responsabilités. - J’ai besoin de votre signature sur tous ces documents. Je m’attelle à ma tâche, mon stylo glissant sur le papier, conscient de l’importance de cet instant. Chaque signature semble sceller un chapitre de ma vie, et je m’assure de ne rien oublier. Après près d’une demi-heure de paperasse, je sens un immense soulagement m’envahir lorsque le notaire conclut. - C’est enfin officiel. Vous êtes le PDG de l’entreprise familiale. Un sourire éclaire mon visage, un mélange de fierté et de soulagement. - Merci beaucoup, maître, pour votre réactivité. - Je vous en prie, c’est normal. Par ailleurs... - Oui ? dis-je, curieux. - Votre frère m’a téléphoné, juste après que nous ayons raccroché. Mon cœur rate un battement. Mon sang se glace en entendant cela. - Que voulait-il ? - Il m’a simplement dit qu’il avait une grande nouvelle à m'annoncer. Je fronce les sourcils, des inquiétudes se formant dans mon esprit. Quel genre de nouvelle ? Et surtout, pourquoi avoir besoin d’en informer le notaire ? - J’ai cru entendre que votre frère s’était marié lui aussi. Un frisson parcourt mon échine, comme une douche froide. - Pardon ? Quand ? - Je ne sais pas. J’en saurai plus lorsqu’il viendra me voir. Cependant, cela ne changera rien pour vous. Le testament de votre père stipule que vous seriez l’héritier si vous vous mariez avant vos trente ans, ce qui est fait maintenant. Peu importe que votre frère se soit marié ou non, cela ne changera rien. Cela aurait pu changer, s’il s’était marié et vous non. Ne vous en faites pas. Je hoche la tête, mais une inquiétude sourde s’installe dans mon esprit. Encore une fois, il a voulu me couper l’herbe sous le pied. Il s’est marié en pensant que je ne pourrais pas le faire, qu’il serait le seul héritier. Comment va-t-il réagir lorsqu’il découvrira que je suis marié et que j’ai déjà signé les papiers pour l’héritage ? Ces pensées tourbillonnent dans mon esprit, mais je fais de mon mieux pour rester concentré sur la conversation. - Pourriez-vous me tenir au courant de votre conversation, maître ? - Bien sûr. - Je vous remercie. Je vous laisse, je vais aider ma femme à préparer le dîner. - Oh, comme c’est charmant de votre part. Comment s’appelle l’heureuse élue ? Je souris, la pensée de Valentina réchauffant mon cœur. - Elle s’appelle Valentina. On était amis d’enfance. - Et vous voilà mari et femme. C’est une jolie histoire. - Oui. Une magnifique histoire. - Vous comptez partir en lune de miel, je suppose ? - Oui, nous partons la semaine prochaine. - C’est bien. Je suis ravi pour vous, et je suis sûr que votre père l’aurait été tout autant. - J’espère. Il m’offre un sourire contrit, une compréhension silencieuse des enjeux familiaux. - Bon, j’y vais. Merci encore. - Au revoir. Mes hommages à votre épouse. - Je n’y manquerai pas. Je quitte le cabinet du notaire, la tête pleine de pensées. Je dois rester concentré sur l’avenir, sur ce que Valentina et moi avons décider de mettre en place. Malgré les incertitudes qui pèsent sur moi, je sais que je ne suis pas seul dans cette aventure. Elle est là, pour me soutenir et m'aider. Peu importe ce qui se passera par la suite, je sais que je peux compter sur elle. Je démarre la voiture et me dirige vers notre appartement, le regard fixé sur la route, mais mon esprit est déjà avec elle. Je me demande ce qu’elle prépare pour le dîner. Enfant, je la connaissais bien, même en ayant huit ans de plus qu'elle, j'ai toujours été à ses côtés. Jusqu'à cette fameuse nuit de l'incendie. Dès lors qu'elle s'est rapproché de Matteo, je me suis éloigné d'elle. On ne peut pas dire qu'on se connait bien. La Valentina enfant est différente de Valentina de maintenant. J'ai hâte de la connaitre réellement. Alors que je m’engage sur la route familière, une vague de chaleur me traverse à l’idée de la retrouver. Ce soir, je compte lui parler des nouvelles concernant l’entreprise, mais aussi l’annoncer que je suis prêt à relever tous les défis qui se présenteront à nous. À mon arrivée, je pousse la porte et suis accueilli par l’odeur délicieuse d’un plat mijoté. Valentina est là, affairée à mettre la table, et son sourire illumine la pièce. Elle se tourne vers moi et l’étincelle dans ses yeux me rassure instantanément. - Tu es de retour ! Comment ça s’est passé ? demande-t-elle, ses mains essuyées sur un torchon. - C’était rapide. J’ai signé les papiers pour l’entreprise, tout est officiel maintenant, lui réponds-je, essayant de cacher une partie de l’inquiétude qui m’habite. Son sourire s’élargit, et je vois la fierté dans son regard. - C'est génial ! Félicitation ! s’exclame-t-elle. - Mais, il y a quelque chose dont je dois te parler. Elle fronce légèrement les sourcils, l’enthousiasme du moment laissant place à une curiosité plus sérieuse. - Qu’est-ce qui se passe ? Je me détourne un instant, rassemblant mes pensées, puis je lui explique la conversation avec le notaire, l’annonce du mariage de mon frère, et toutes mes préoccupations concernant l’héritage. À mesure que je parle, je vois son expression passer de la surprise à une compréhension profonde. - Oh. Valentina est pâle, sûrement dû à l’annonce du mariage de Matteo. - Est-ce que ça va ? - Oui. Je suis juste surprise. Est-ce que tu sais qui il a épousé ? Je secoue la tête. - C’est sûrement la fille avec qui je l’ai trouvé en plein ébat. Dit-elle. - Est-ce que c’est important de savoir ? demandai-je, légèrement irrité. - Un peu. Il m’a dit qu’il lui fallait quelqu’un de beaucoup plus important que moi. Sur le moment, je n’avais pas compris. Mais ce n’est clairement pas un hasard s’il s’est marié aussi vite. - À quoi penses-tu ? - Son épouse doit être quelqu’un d’important. Du moins, quelqu’un qui peut l’aider à avoir ce qu’il veut. - L’entreprise ? Le seul moyen serait d’avoir tous les actionnaires de son côté... À cette mention, Valentina et moi nous regardons, semblant avoir compris quel genre de femme il a dû épouser. - Il ne faut pas s’inquiéter. Le notaire a dit que cela ne changerait rien. - Même si les actionnaires sont de son côté ? demande-t-elle, l’inquiétude perçant dans sa voix. Je sens une vague de frustration monter en moi. J’avais espéré que cette conversation resterait simple, mais les implications de ce mariage me préoccupent réellement. - Je ne sais pas. Si Matteo a réussi à tirer les bonnes ficelles, cela pourrait effectivement compliquer les choses. Mais il ne faut pas laisser la paranoïa nous envahir. Je prends une profonde inspiration, essayant de calmer mes pensées. - L’important, c’est que je suis marié et que les conditions du testament sont respectées. Peu importe ce que Matteo fait, je suis le PDG maintenant. Valentina regarde par la fenêtre un instant, perdue dans ses réflexions. Je vois son regard s’assombrir alors qu’elle pense à ce que cela pourrait signifier pour nous deux. - Oui, mais il a toujours été prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut. Si elle est influente, cela pourrait changer la dynamique. Je me lève et commence à faire les cent pas dans la pièce, cherchant à décharger cette tension. - Nous devons être vigilants, mais nous ne pouvons pas laisser la crainte dicter nos actions. Nous devons anticiper et planifier. Si jamais il tente de nous nuire, nous serons prêts à réagir, et j’ai confiance en nous. Valentina acquiesce lentement, mais je vois encore une ombre de doute sur son visage. - Je sais que tu as raison. Mais il faut aussi qu’on se protège. J’ai l’impression qu’il pourrait essayer de nous déstabiliser. Je m’arrête et la regarde dans les yeux, déterminé. - Nous allons rester unis. Si quelque chose se passe, nous ferons face ensemble. Je te le promets. Je ne laisserai pas Matteo nous nuir. Un silence s’installe, et je sens que mes mots ont touché quelque chose en elle. - Je sais que nous pouvons surmonter cela, mais restons vigilants et préparés. Je hoche la tête, reconnaissant de son soutien.
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