XIIILe crépuscule envahissait la chambre d’Odile, où Emmanuelle était montée après le dîner pour travailler près de sa belle-sœur que la fatigue avait empêchée de descendre aujourd’hui. Un peu de brise venue des montagnes frôlait les cheveux blonds de la jeune fille et caressait le front soucieux d’Emmanuelle. Elle se sentait profondément inquiète. Quand la jeune troupe conduite par Mme Viannes était revenue cet après-midi à l’endroit où l’on avait laissé les mères de famille, elle avait été frappée aussitôt de quelque chose d’inusité dans la physionomie de Claire. Cette impression s’était accrue en remarquant que sa cousine évitait de rencontrer son regard et qu’elle demeurait presque constamment silencieuse pendant le trajet de retour, de même qu’au dîner. Elle semblait absorbée, un peu


