Chapitre 9

1096 Mots
Devon J’ai rapidement suivi ce qu’il se passait aux caméras ce matin, j’ai joué les voyeurs, c’était plus fort que moi. Les deux complices se sont retrouvées à la cuisine, puis ont ensuite fait une promenade dans le ranch jusqu’au hangar des hommes. Ces enfoirés les ont mâtés sans aucune retenue alors qu’elles restaient dans l’embrasure de la porte de James et j’ai manqué d’exploser les écrans face à moi. Mais ma femme ne remarque pas vraiment ces regards, elle voit les hommes uniquement comme des soldats, des coéquipiers. Quant à Serena, je constate qu’elle se contente d’ignorer tout le monde… Elles parlent rapidement avec James. Adena n’est clairement pas calmée avec lui, car tout dans son langage corporel appel au meurtre. L’attitude qu’elle adopte avec lui est sans équivoque, elle se retient constamment de lui sauter dessus pour lui refaire le portrait. Je dois avouer que je m’attendais à ce qu’elle lui pardonne plus facilement, elle comprend le métier mieux que personne. Il faut vraiment qu’il dégage avant qu’elle ne laisse une malencontreuse pulsion l’emporter sur sa raison bien faiblarde ces derniers temps, d’après ce que j’en juge... D’ailleurs, il se pourrait même que la raison toute relative qu’elle soit de ma femme, lui invective également l’ordre de l’exécuter… Elle est dangereuse et imprévisible jusqu’au bout des ongles, et même si James a perdu mes faveurs lorsqu’il m’a désobéi, il a depuis su me prouver à quel point il s’en voulait, donc je lui avais affirmé que je passais l’éponge. De toute façon, il est mon ami depuis des années, hors de question qu’elle le tue d’un coup de sang… Ensuite, les deux complices ont repris la direction de la maison pour s’enfermer dans le bureau d’Adena où il n’y a pas de caméra, et elles y sont restées un moment. J’ai reporté mon attention sur la mission qui se prépare à Shanghai, Satou, un trafiquant japonais pour lequel j’ai déjà travaillé nous a mis en contact, un certain Hung et moi. Cet homme est en pleine guerre de territoire avec un petit poisson qui cherche à se nourrir. Il a les moyens de s’en débarrasser et souhaite que ce soit fait rapidement. Je ne me déplace même pas pour négocier les tarifs, j’accepte le contrat sans hésitation, les asiatiques payent bien, vite et sont d’une discrétion à toute épreuve. Surtout avec les trafics. Personnellement j’en n’ai rien à foutre. Je choisis mes clients sans vraiment de critères. Ça passe ou ça ne passe pas. C’est oui ou c’est non. Je peux me permettre de faire ce que je veux de toute façon. Mais cette fois, c’est oui. Preston est déjà presque complètement organisé pour l’opération, et c’est tant mieux. Nous faisons quelques réunions rapides avec Jimmy. Je commence à fatiguer de faire la paperasse et les préparatifs, alors que je voudrais seulement m’occuper à échafauder les plans d’actions. En fin d’après-midi, ma femme débarque finalement dans mon bureau en maîtresse des lieux et la tenue dans laquelle elle est moulée me distrait complètement de mes activités. Son cul est serré dans un pantalon en cuir et un débardeur échancré laissant deviner la naissance de sa poitrine parfaitement galbée, juste pour moi. - Vous avez fini de préparer votre déchaînement nucléaire ? Questionné-je sur le ton de la plaisanterie tout en sachant parfaitement qu’il y a une once de vérité dans ce que je suggère. - Un véritable tsunami, tu me connais… Elle me gratifie de son sourire étincelant et provoquant à souhait tandis que je me lève face à elle. Je la domine de plusieurs bons centimètres et l’électricité est presque palpable entre nos deux corps. Elle se mord la lèvre inconsciemment… p****n, j’adore quand elle réagit comme ça, lorsqu’elle sait qu’elle s’approche doucement des problèmes, que ça l’excite tout en lui faisant peur à la fois. Ma queue tressaute et je me sens de plus en plus serré dans mon jean. - Elle a l’air très fragile ton amie, bébé, comment l’as-tu rencontrée déjà ? - Je te l’ai dit, lorsque j’ai fait mes petites affaires en France pour attirer Davault. - Et pourquoi vouloir l’engager ? - Je te l’ai dit aussi, j’ai besoin d’une personne supplémentaire pour prêter main forte à Anzieger et Nowak, c’est trop compliqué que Freyah ne puisse pas se déplacer et je sais parfaitement comment tu réagirais si je venais à voyager trop souvent vers l’Europe. - Bébé… Elle me ressert le même discours trop bien ficelé, je lui laisse une toute petite chance de me dire la vérité maintenant, même si je sais qu’elle n’en fera rien. J’ai envie de maintenir la tension séditieuse qui plane dans l’atmosphère… - Je sais quand tu mens. Je suis complètement obnubilé par cette lèvre qu’elle s’est mordue, l’ayant humidifiée et la laissant luisante, détournant dangereusement mon attention. Je la repousse contre le bureau avec fermeté, elle cogne contre le meuble et pousse un petit soupir surpris alors que je m’apprête à fondre sur elle et la capturer de mon emprise lorsqu’on frappe à la porte ce qui me coupe en plein élan. - Oui ? Réponds-je avec une soudaine mauvaise humeur. La porte s’ouvre sur l’angelot noir qui apparaît alors qu’Adena redescend du bureau sur lequel je venais de la coller. Elle lui offre son plus beau sourire, contente qu’elle soit venue la tirer de mon ascendance. - Tu es prête ? - Oui, je crois. Ma femme contourne le bureau dans un flottement de cheveux fluides qui tombent son dos, ondulants au rythme de sa démarche chaloupée… Elle m’échappe et sait qu’elle me nargue… Puis disparaît dans le couloir, suivie par sa complice qui lui emboîte le pas... Je me contente d’un bref au revoir tout en m’obligeant à ne pas accrocher mes yeux à la rivière tortueuse qui dévale dans ceux de Serena. Je me rassieds derrière mon bureau et les suis seulement aux caméras tandis qu’elle s’en va accompagnée de James. J’ai le sentiment que je vais revoir cette fille… Je ne sais pas pourquoi, c’est plus fort que moi. Elle me nourrit d’une nouvelle forme de curiosité, d’intrigue. Rien à voir avec ce que je ressens pour Adena. Adena c’est mon univers… Non, là… Il y a autre chose… Je ne sais pas encore exactement quoi, et pour l’instant je ne dois plus m’en préoccuper. J’ai placé mes propres pions sur l’échiquier de ma femme donc je reste en retrait pendant que la partie se déroule. Le bon stratège ne dévoile son jeu qu’à la fin. Et nous sommes encore à l’aube de la partie…
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