*** Marine et Thomas, assis de chaque côté de Gwendoline, surveillaient discrètement l’heure. Le moment fatidique approchait. Pour combler le silence, Mme Sezneg, installée à la table de cuisine en face d’eux, papotait sans discontinuer sur l’approche de l’hiver, sur les notes du trimestre des deux aînés et les bêtises de ses trois plus jeunes… Elle vantait les mérites de son mari, si patient, qui jouait avec eux au salon. Marine fut la première à percevoir les signes avant-coureurs d’une crise et elle se crispa. Gwendoline respirait à peine et fronçait les sourcils. Soudain, elle cligna les yeux et se mit à gémir. Sa mère se dressa sur sa chaise, se pencha et serra la main de son enfant. Cette main, posée sur le bord de la table, était si petite et si froide ! À partir de cet instant, la


