Chapitre 3

2842 Mots
Chapitre 3 Devant le comptoir bas une demi-douzaine de paysans discutaient à voix forte en buvant de la bière. Certains étaient vêtus de cotes bleues à bretelles et d’un simple tricot de corps marqué aux aisselles de larges auréoles humides de transpiration. Dans les champs, la chaleur avait dû être torride. Lorsqu’elle passa derrière le groupe, elle sentit une odeur composite de sueur, de gas-oil, de foin sec. La conversation roulait sur les récoltes, les moissons, les rendements à l’hectare comparés à ceux que faisaient leurs grands-parents avant la guerre, lorsqu’on labourait encore au cheval de trait. De là on en vint aux performances des tracteurs Massey Ferguson, des avantages qu’ils offraient par rapport aux Renault. Chacun défendait véhémentement sa machine, à croire qu’ils l’avaient fabriquée de leurs propres mains. On avait allumé les lumières car, bien qu’il fît encore grand jour au dehors, la salle était tellement sombre que ça n’était pas un luxe. Les appliques, garnies d’abat-jour à petits carreaux rouges et blancs, éclairaient les murs de pierres jointoyées d’où il était bien difficile de chasser la poussière. Lorsque Mary entra, les voix se turent un instant, alertant la tenancière qui sortit de son réduit pour voir ce qui se passait. Ce n’était pas la vieille acariâtre de l’après-midi, mais une femme qui avait dépassé la quarantaine, et à qui il était difficile de donner un âge avec plus de précision. Une personne insignifiante, inconsistante, diaphane, toute vêtue de noir, avec un air profondément triste et des yeux troubles qui avaient dû beaucoup pleurer. – Vous désirez? La voix était craintive, et son attitude fit penser à Mary à ces chiens battus, plus habitués au bâton qu’aux caresses et qui ne s’approchent des hommes qu’avec une extrême méfiance, – À la mairie on m’a dit que je pourrais loger ici pour la nuit. Elle examina Mary des pieds à la tête avant de dire d’une voix dolente : – Il y a des chambres, oui. Puis elle lui tendit un carton plastifié qui précisait que l’Auberge des Platanes disposait de six chambres dont deux avec douche et WC particuliers. Il n’y avait pas d’autres clients. Mary se vit attribuer une chambre avec « tout confort » et la femme lui tendit une longue clé de fer pourvue d’une rondelle de cuivre frappée du chiffre 2. – C’est au premier, à droite, dit sa curieuse hôtesse. La vieille devait être dans la cuisine d’où provenaient des bruits de casseroles et de plats entrechoqués. La chambre était juste au-dessus de la salle à manger de l’auberge. Elle était assez grande et d’un confort plus que rudimentaire : des murs blanchis à la chaux, un divan bas, une armoire campagnarde sombre et, dans un coin, une de ces cabines de douche en matière plastique prêtes à poser et qu’il suffit de raccorder au réseau. Derrière un rideau à fleurs, les WC. Le plancher de sapin était usé au point de laisser saillir les nœuds du bois comme de grosses verrues, mais il était ciré et l’ensemble était dans un état de propreté satisfaisant. Au-dessus du lit, accroché à un clou, un crucifix de bois sombre portait un Christ en simili ivoire. Deux chaises paillées, une table de bois blanc garnie d’un napperon complétaient le mobilier. Mary redescendit chercher son sac de voyage dans sa voiture, puis elle demanda : – On peut dîner, je suppose. – Bien sûr. La femme consulta la pendule Quina-Lillet qui marquait dix-neuf heures, et dit : – Vers vingt heures… – Je vous remercie. Les paysans s’en allaient. Sur le zinc du comptoir, une douzaine de canettes de bière vides attendaient qu’on les ramasse. « Tiens, se dit Mary, on a retrouvé de la bière! » La femme disposait maintenant des nappes sur le bois noir et luisant des tables. Des nappes à petits carreaux rouges et blancs, comme les abat-jour des lampes aux murs. Elle protégea ces nappes de tissu par une autre nappe, de papier celle-là, enfin elle disposa verres, assiettes et couverts toujours avec ces gestes mous, sans le moindre allant. On sentait qu’elle accomplissait cette besogne machinalement, comme un cheval fourbu met un pied devant l’autre sans savoir ce qu’il y a au bout du chemin, parce qu’il a toujours fait ainsi. Y aurait-il d’autres convives? Mary remonta à sa chambre pour attendre l’heure du repas. Elle ouvrit sa fenêtre qui donnait sur la place, là où elle avait garé sa voiture. Surprise, l’église était éclairée par des projecteurs cachés dans les platanes et ainsi illuminée, elle paraissait couverte d’or. Le silence était impressionnant, seulement troublé de loin en loin par le bruit d’une voiture traversant le bourg. Mary redescendit pour faire un tour de village. Les rues étaient vides et, dans les belles maisons de pierre, seules quelques lumières brillaient. Ici et là, au détour de petites rues pavées de grosses pierres, des pancartes verdies par la mousse étaient accrochées à des grilles envahies par la végétation : « À vendre », « À vendre », « À vendre ». Visiblement, les acheteurs ne se précipitaient pas. Pourtant, pour les amateurs de calme, l’endroit était idéal. L’air était tiède et sentait le chèvrefeuille. Dans les jardins tout proches, des grillons chantaient. Des martinets chassaient les moucherons autour des projecteurs éclairant l’église en poussant des cris aigus. Un chien maigre errait, mais le malheureux n’aurait même pas une poubelle à fouiller. Mary rejoignit l’Auberge des Platanes comme vingt heures sonnaient au clocher de l’église. Huit coups frappés sur un bronze fêlé par un marteau qui prenait son temps. La porte était restée ouverte et, surprise, il y avait six autres convives : deux jeunes hommes à une table, vraisemblablement des représentants de commerce, et deux couples de gens âgés ressemblant étrangement à ceux qui avaient commandé de la bière en fin d’après-midi. Mais, à y regarder de plus près, ce n’étaient pas les mêmes. Mary se vit servir une omelette avec des pommes de terre sautées sans qu’elle ait exprimé son choix et une glace comme dessert. Elle eut tout de même le droit de choisir entre vanille fraise et vanille chocolat. On ne lui avait pas demandé ce qu’elle voulait boire, sur chaque table il y avait une bouteille de gros rouge, une carafe d’eau et une corbeille de pain contenant, outre les tartines, de petits carrés de beurre salé, emballés dans un papier à damiers rouges et blancs. Tout le monde était au régime de l’omelette pommes de terre qui devait être le plat unique. Les deux représentants parlaient à voix basse et en jetant de temps en temps un coup d’œil furtif et intrigué sur Mary. Qui était cette fille qui dînait seule à sa table? N’y avait-il pas là une possible bonne fortune? Les vieilles personnes parlaient comme des sourds, c’est-à-dire fort. Cependant, il y avait des trous dans la conversation pendant lesquels on entendait la pendule « Quina-Lillet » battre le temps imperturbablement. Une des deux vieilles femmes disait d’une voix aiguë : – J’ai été voir ma fille à Paris. Celle qui est mariée avec un contrôleur de la RATP. Ils nous ont emmenés dans le 13e arrondissement. Ben je vais vous dire, hein ! il ne doit plus rester beaucoup de Chinois en Chine, ils sont tous là-bas! Puis elle prenait son mari à témoin : – Hein ! Raymond? Et Raymond qui mâchouillait son omelette avec les trois dents qui lui restaient acquiesçait : – Hon Hon! Puis le silence retombait, pesant. De temps en temps un bruit de casserole parvenait depuis l’arrière-comptoir où devait se trouver la cuisine. Un paysan entrait : – Un paquet de gris, Louise. Toujours dolente, Louise posait le paquet de tabac sur le comptoir, encaissait l’argent, hochait la tête et une bribe de parole tombait de sa bouche aux lèvres molles : – B’soir… Pas causante, guère plus avenante que la « loque » qu’elle devait passer sur le pavement les jours de grand ménage, elle ne faisait pas le moindre effort pour retenir une clientèle qui, à moins de faire dix kilomètres, n’avait pas le choix : le seul commerce ouvert au village, c’était le sien. Comme si l’effort qu’elle avait fourni pour servir la pratique l’avait épuisée, elle s’en retournait dans son arrière-boutique les épaules basses, les bras pendants, en traînant les pieds. Enfin il y eut un bruit de fond : dans la cuisine on avait allumé la télévision. Un jeu, probablement. On entendait les voix surexcitées des animateurs et les rires des spectateurs. La civilisation avait rattrapé Poulbihan. Mary se leva et regagna sa chambre. Maintenant que la nuit était un peu plus sombre, l’église brillait, plus dorée que jamais sur le sombre feuillage des platanes. La lune en était à son premier quartier, dans la profondeur veloutée du ciel, des millions d’étoiles brillaient. Mary aperçut plusieurs étoiles filantes et s’amusa à faire des vœux. Oh ! des vœux sans grande ambition : Qu’il fasse beau tout le temps de ses vacances ; que, depuis sa maison de l’Île-Tudy, Jean-Marie Le Ster ne lui casse pas trop les pieds… et quelques autres encore, plus personnels plus intimes, qu’elle fit en elle-même car ça ne regardait personne. Elle se coucha dans les draps de toile rêche, dans un lit trop mou pour son goût. Elle avait emporté, comme lecture de vacances, L’Odyssée de l’African Queen de Cecil Scott Forester et elle se demandait quand la vierge rousse Rose Sayer allait succomber aux charmes du cockney Charlie Allnut lorsque le sommeil la saisit. Elle y tomba comme on tombe dans un puits, ayant juste le temps de marquer sa page et d’éteindre sa lampe de chevet. • Ce fut d’abord un sommeil sans rêve qui se mit soudain à tourner au cauchemar : quelqu’un cherchait à entrer dans sa chambre. Elle avait beau s’adosser à la porte de toutes ses forces, elle sentait la poignée tourner et le frêle assemblage de panneaux de bois travailler sous une formidable poussée qui venait du dehors. Dans le même temps, un bruit abominable, une sorte de halètement rauque semblait sortir de toutes les murailles. Ce fut un cri d’horreur qui la réveilla en sursaut. Elle était trempée de sueur et son cœur battait à une cadence infernale. La porte tenait bon sur ses gonds et il n’y avait que dans son rêve qu’on avait tenté de la forcer. Néanmoins, elle prit une chaise et la cala contre la serrure; le sourd raclement continuait, comme si… Comme si quoi? Elle chercha à identifier ce bruit, à deviner ce qui pouvait bien le produire. Sans allumer l’électricité, elle s’approcha de la fenêtre qui était restée ouverte et risqua un œil. Personne. Le raclement continuait et le cri de femme s’était transformé en pleurs geignards. Elle se pencha carrément, il n’y avait personne. À moins que sous les arbres, dans cette zone sombre que son regard ne parvenait pas à percer… Elle revint à son sac de voyage et prit une torche électrique de faible dimension mais dont le faisceau portait loin. Le raclement continuait, il paraissait provenir du pignon de la maison qui donnait sur un jardinet que Mary n’avait fait qu’entrevoir; de là, par un curieux phénomène acoustique, il se diffusait dans toute la maison. Elle braqua la torche, appuya sur l’interrupteur et un faisceau de lumière blanche troua l’obscurité. Aussitôt le raclement cessa. Elle braqua le faisceau électrique au plus près du pignon et elle entendit alors un bruit de feuillages, un choc, un juron étouffé, puis un bruit de pas pressés qui s’éloignait. Cachée par la maison, elle n’avait vu personne. Cependant quelqu’un était là, quelqu’un qui, pour une raison inconnue, s’efforçait de terroriser les habitants de l’Auberge des Platanes. Mission réussie. On n’entendait plus que les pleurs lamentables. Mary fut sur le point d’aller voir d’où ils provenaient, mais point trop rassurée, totalement désarmée, elle n’avait guère le cœur à arpenter le sombre couloir. Il y eut des chuchotis, des phrases qu’elle ne comprit pas. Puis le silence revint, un silence dense, épais, un silence qu’une citadine avait du mal à concevoir. Mais Mary Lester supportait plus facilement le silence que le bruit. Elle resta un moment assise sur son lit, l’oreille aux aguets, puis elle s’installa plus confortablement et reprit son African Queen là où elle l’avait laissé. Au bout d’une demi-heure elle éteignit et lorsqu’elle se réveilla, il était neuf heures. • Après avoir fait sa toilette elle descendit dans la salle de l’auberge. Louise, puisque c’est sous ce nom qu’elle connaissait son hôtesse, laissa tomber un « b’jour » sans entrain lorsqu’elle l’aperçut. Elle était plus morne que jamais, vêtue sans recherche de ces vêtements bas de gamme qu’on achète aux déballages forains sur les marchés de campagne. Du marron, du noir, des tons de deuil qui juraient avec le beau soleil qui tombait en pluie d’or entre les feuilles des arbres du mail. – Il y a du café, du pain et du beurre… – Bien, dit Mary. Que se serait-il passé si elle avait désiré du thé? Une orange pressée? À l’Auberge des Platanes on ne connaissait pas ce genre de raffinement. Il y avait du café, du pain, du beurre. N’était-ce pas suffisant pour contenter un honnête homme. Et tant pis pour les femmes, honnêtes ou pas, qui désiraient autre chose. D’ailleurs, était-on une honnête femme quand on voyageait seule et qu’on couchait dans les auberges de campagne sans la caution d’un père, d’un mari? Le regard suspicieux de Louise disait que ça ne pouvait pas être. Le café fut servi dans un grand bol de faïence blanche. Le pain était tiède, coupé en épaisses tartines dans une miche fraîchement sortie du four. Le sucre était posé sur une soucoupe de faïence elle aussi. Ce n’étaient pas des sucres emballés par deux comme on en trouve dans tous les bistrots de France et de Navarre, mais des morceaux provenant d’une boîte de ménage. – Dites-moi, madame, fit Mary en touillant son café, il m’a semblé entendre un drôle de bruit la nuit dernière. – Un bruit? fit Louise sur la défensive. Sa main épaisse et rougie par l’eau des vaisselles et des lessives s’était crispée sur son tablier, juste sous son sein. – Oui, une sorte de raclement qui paraissait sortir des murs de la maison. – C’est des gamins qui s’amusent, dit Louise en haussant ses épaules étroites. – Croyez-vous? À nouveau Louise haussa les épaules. – Et qui voulez-vous que ce soit? Ils ne savent plus après quoi se mettre! – Et vous laissez faire? La main gauche de Louise vint se poser sur son poignet droit. Son visage prit un air contrarié, hargneux. Elle aboya d’une voix trop aiguë : – Et qu’est-ce que je ferais? Courir après eux? – Vous pourriez vous plaindre. – À qui? – Je ne sais pas, aux gendarmes, au maire… – Pfff! fit la femme, comme si Mary eût prononcé une insanité. – Ça fait tout de même tort à votre commerce. Vos clients ne se plaignent pas? La femme ricana douloureusement : – Mes clients? Quels clients? Elle lâcha son tablier pour montrer de la main la salle vide. Puis elle haussa de nouveau les épaules et tourna les talons. Mary entendit des casseroles s’entrechoquer dans la cuisine. Louise devait passer sa colère sur ses accessoires. Mais pourquoi était-elle en colère? Étaient-ce les questions que Mary lui avait posées ou une mauvaise humeur due à une nuit troublée par de mauvais plaisants? Mary se leva et s’en fut prendre un journal sur le présentoir, devant le comptoir. Elle le feuilleta d’un œil distrait en finissant son petit déjeuner. Son esprit était ailleurs : dans ce village étrange où une force étrange l’avait fait s’arrêter. Un si joli petit village, avec une belle église du XVIe siècle, une place garnie de platanes luxuriants, des maisons de seigneurs ou de riches bourgeois aujourd’hui presque toutes closes, abandonnées… Quelle malédiction planait sur Poulbihan? Elle replia le journal, le remit sur son présentoir et se leva. Louise parut soudain derrière son comptoir, une fiche à la main : – Ça fera cent cinquante-huit francs. Mary regarda la fiche et lut : « Chambre 100 francs Repas 50 francs Petit déjeuner 18 francs Total 158 francs » – Il y a une erreur ! dit Mary. – Ah? – Oui, vous vous volez de dix francs. – Ah? – Ben oui. Cent plus cinquante plus dix-huit, ça fait cent soixante-huit. – Ah? Louise en restait bouche bée, mâchoire pendante. – Et puis, vous avez oublié le journal. – Quel journal? Mary montra le présentoir : – Celui-là. – Vous le prenez? – Non, mais je l’ai lu. – Ah, mais si vous ne le prenez pas… Ah bon! ici, on pouvait lire le journal gratuitement. Mary posa un billet de deux cents francs sur le comptoir et Louise ouvrit le tiroir pour lui rendre la monnaie. – Quel est le menu à midi? Louise parut se pétrifier. Puis elle leva les yeux sur Mary lentement et demanda, comme si elle avait mal entendu : – À midi? – Eh bien oui. On est bien dans une auberge? En principe on doit pouvoir y dormir et y manger. Hier soir l’omelette était excellente, je voudrais connaître le menu de ce midi. – Parce que vous resterez à midi? La stupéfaction se lisait dans le regard de Louise. – Eh oui. Ça vous étonne? Elle ajouta : – Et je garde ma chambre. – La chambre aussi? La pauvre Louise tombait des nues. Depuis combien de temps un voyageur n’avait pas passé deux nuits de suite à l’Auberge des Platanes? D’ordinaire une nuit suffisait à l’en dégoûter à jamais. Parfois Louise se faisait traiter de tous les noms par des clients mécontents mais la plupart du temps ils fuyaient ces lieux inhospitaliers sans demander leur reste. – Oui, la chambre aussi. Alors, quel est le menu de midi? – Je ne sais pas, il faut que je demande… – À qui? dit Mary impitoyable. Dans son for intérieur, elle s’en voulait de tourmenter ainsi la pauvre Louise. – À la patronne. – Je croyais que c’était vous la patronne. Louise secoua la tête négativement, ce qui fit trembler la peau de ses joues creuses. – C’est la vieille dame qui était ici hier après-midi? À nouveau Louise secoua la tête en signe d’acquiescement, puis elle hasarda une explication : – Elle dort mal, alors le matin… – Le matin elle reste au lit, dit Mary joviale. Eh bien, c’est tout à fait normal, à son âge on a bien mérité de se reposer! Elle se dirigea vers la sortie : – Allez, à tout à l’heure! Louise, derrière son comptoir, oscillait d’une jambe sur l’autre. Qu’est-ce que c’était que cette fille? Une de la ville, sûrement! Hum, mauvais genre!
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