Il ouvrit les yeux plusieurs semaines plus tard, comme s’il émergeait d’une profonde léthargie. Il ne comprenait pas. Avait-il démystifié la littérature à trop vouloir en explorer les arcanes ? Avait-il tout simplement trop lu, jusqu’à en être dégoûté ? Peu lui importait. Le résultat ne différait en rien. Ses rapports aux livres étaient bouleversés. Ils l’avaient enfermé, marginalisé, tenu à l’écart d’une vie, par hypothèse meilleure, qu’il ne connaîtrait jamais. Peut-être, tout bien considéré, la réponse tenait-elle en une autre question : qu’avait-il perdu sa brève jeunesse claustré entre les rayons poussiéreux d’une austère bibliothèque ? Pendant vingt ans, la littérature l’avait avivé. Sophocle et Racine, Pouchkine et Tacite, précepteurs perfides, s’étaient ingéniés à le séquestrer. C


