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1054 Mots
Son cas n'intéressait plus personne, dans la famille Pasquier en tout cas, quand à la famille de Kermarec, elle ignorait tout de lui, donc tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes bourgeois. On se mit autour d'une table et les deux familles négocièrent comme s'il se fut agit d'une vulgaire affaire commerciale à conclure, on aligna des chiffres, on supputa, on vit un avenir radieux et on parafa enfin un parchemin où les deux familles s'étaient soigneusement protégées l'une vis-à-vis de l'autre. Les deux tourtereaux n'eurent pas leurs mots à dire, ils faisaient confiance à la famille d'une part, et ils étaient suffisamment tordus l'un et l'autre d'autre part, assez informés des manières de leur milieu, sachant que tout cela n'était que convention et que leur vie il la mènerait comme bon leur semblerait. Ils se souriaient, mais il y avait déjà dans ses sourires de façade, des promesses de cocufiage qu'on faisait semblant de ne pas voir. Bref, les choses allaient aussi bien que possible dans le monde du fric. Le mariage fut grandiose, on entendit les cloches sonner à toute volée par toute la ville et nul n'ignora que la fille Pasquier avait uni son destin à celui d'un jeune et prometteur médecin qui venait de s'installer en ville tout en ayant des consultations à l'hôpital Le banquet qui s'ensuivit fut non moins grandiose et l'assistance nombreuse bruissait de toutes sortes de rumeurs et de suppositions, il se murmurait les chiffres de la dote, certaines racontaient l'histoire de ce pauvre garçon qui dut céder la place auprès de Florence, la gourmandise n'était pas que dans les assiettes et bien des douairières ce soir la humidifièrent leur culotte rien qu'à l'évocation des rumeurs qui courraient en ville. Pendant ce temps, un garçon pale, un brin effacé pleurait ce qui lui restait de larmes en mordant son oreiller dans sa chambre de jeune homme. Le bal fut le summum de la journée, un orchestre avait été convié pour le spectacle car il s'agissait plus d'un spectacle que d'un bal. Ces dames avaient changé leur robe, éventuellement leur culotte pour les plus mouillées et elles tournaient, tournaient au son des violons lascifs en rêvant à leur propre mariage qui était déjà si lointain. La fête fut très réussie au dire de la plupart des invités qui s'égaillèrent fort tard dans la nuit chaude de l'été. Les jeunes mariés quand à eux, ils s'étaient discrètement éclipsés à l'issue de la première valse et étaient partis pour une longue et coûteuse croisière sous des cieux toujours bleus et exotiques, laissant à leurs parents le soin de terminée cette journée mémorable. Leur lune de miel dura ce que durent les croisières, c'est-à-dire deux semaines et une fois rentrés, la routine entama son œuvre de sape dans ce ménage trop bien ordonné.Il faut dire que monsieur de Kermarec fut vite débordé de travail. Par l'entremise de sa belle mère qui aiguilla vers lui toutes ses bonnes amies, le docteur se tailla vite une solide clientèle et une non moins bonne réputation, car il était bon médecin. L'hôpital ne put plus se passer de lui très rapidement et il devint la sommité locale en gynécologie obstétrique. Le médecin compta très rapidement dans sa clientèle, sa propre femme qui se trouva enceinte tout aussitôt leur retour en ville. Elle lui annonça, heureuse, qu'elle avait un retard important dans ses règles, qu'elle avait fait un test de grossesse positif et elle lui sauta au cou. Il fut plus réservé, effleurant à peine sa joue d'un b****r furtif et tout fut dit, pour lui cela tenait de la routine, il ne s'aperçut même pas qu'il s'agissait de son propre enfant. Il reçut son épouse, il lui fit les examens nécessaires, celle-ci allongée sur sa table d'examen gloussait quand son mari glissait ses doigts enveloppés de latex dans son vagin mais lui n'y vit qu'un examen supplémentaire. Elle lui demanda si ses patientes avaient les mêmes réactions qu'elle, il haussa les épaules et continua son examen minutieux. En fait s'était il seulement aperçu que c'était sa femme qui était la devant lui les cuisses ouvertes et offerte à ses mains? Son professionnalisme avait pris le dessus, ajouté à cela qu'il s'était vite lassé de son épouse et elle se retrouvait la ni plus ni moins comme des dizaines d'autres femmes que le docteur examinait tous les jours. Cela déçut la belle Florence en même temps que cela la troubla de savoir que son mari voyait quotidiennement des entre cuisses féminines par dizaines. Jusqu'à ce jour, elle avait gardé une discrétion sur les activités de son mari, mais son trouble d'aujourd'hui, et sa curiosité féminine autant qu'une certaine perversité la poussèrent à l'interroger sur ses journées. Le médecin n'y vit pas malice, cela leur faisait un sujet de conversation à table. La madrée Florence commença à lui demander de façon anodine comment s'était passé sa journée. Le médecin détailla un peu, " tiens dit il j'ai reçu madame Lefèvre aujourd'hui l'amie de ta maman, elle devra être opérée incessamment. " " Et de quoi donc? " " Un fibrome " " Déjà?! Elle n'a que quarante trois ans! " " Tu sais ma chérie, ces choses la arrivent à tous les ages, ils y a des femmes jeunes qui ont besoin d'opérations. " Florence resta rêveuse un moment, " Et parmi les autres patientes, beaucoup de femmes enceintes? " " Oui, un certain nombre, je vais avoir du travail dans les mois qui viennent sans même te compter dans le lot! " Florence sourit et caressa machinalement son ventre encore a peu près plat. Ils n'avaient encore rien révélé aux parents et seul le regard professionnel du docteur avait décelé chez sa femme les premiers symptômes de la grossesse, à savoir une poitrine qui se modifiait et prenait chaque jour des rondeurs. Florence avait du déjà changer sa lingerie et acheter des soutiens gorge plus grands d'une ou deux tailles. Cela n'échappa pas à sa mère qui néanmoins attendit en rongeant son frein que le couple lui annonce qu'une descendance allait venir. L'annonce se fit un Dimanche autour de la table familiale, bien entendu, on avait convié les deux familles et au milieu du repas, le docteur de Kermarec fit cette révélation à la fois à sa famille et sa belle famille.
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