À l’instant même où leurs lèvres se rejoignirent, Art sut qu’il commettait une terrible erreur mais il n’avait pas plus su résister. Cela faisait si longtemps - trop longtemps même - qu’il luttait contre cette attirance et pour ne pas l’embrasser.
Six ans.
Six longues années qu’il rêvait de goûter à nouveau à ses lèvres si douces au goût sucré et enivrant. Comme c’était bon ! Comme c’était bon de la sentir dans ses bras et de l’embrasser.
Le désir le submergea soudain, effrayant, lui faisant perdre la raison. Une part de lui a toujours su que la violente attraction qui existait entre eux depuis toutes ses années aurait fini pas le gagner alors pourquoi ne pas en profiter. Cette jeune femme avait besoin d’une petite leçon et d’apprendre qu’il n’était pas le genre d’homme qu’elle pouvait mener du bout du nez.
Annika n’avait pas lutté très longtemps car cela faisait trop longtemps qu’elle rêvait de revivre ce moment. Elle s’abandonna dans ses bras et le b****r d’Art s’en transforma. Il devint plus doux, plus passionné. Sa langue se frayait un chemin entre ses lèvres pour taquiner la sienne.
La chaleur émanant de cet homme, son parfum viril et musqué, tout ça l’enivrait. Elle avait les sens en feu, au comble de l’excitation. La pointe de ses seins durcit se pressaient contre lui alors que la chaleur qui l’enveloppait s’était transformé en un vrai brasier.
Son b****r avait quelque chose d’unique, de divin. Elle adorait le picotement de sa barbe contre sa bouche. Nouant ses bras autour de sa nuque, elle l’attira à elle pour approfondir ce b****r et le plaisir qu’il lui procurait.
Elle savait que c’était mal mais elle ne voulait ni penser aux conséquences ni réfléchir, juste profiter de tout ça avant de retrouver la raison et de se tancer de son idiotie. Il la pressa un peu plus contre son torse superbement musclé, dont elle sentait les muscles, pour qu’elle puisse sentir l’effet qu’elle avait sur lui et elle en aurait presque crié de joie, si elle avait pu. Il la désirait lui aussi. Elle l’avait toujours su au fond d’elle. Il y a toujours eu une sorte d’attraction primaire entre eux que chacun essayait de repousser à sa façon.
Elle sentit sa main glisser sur les formes de son corps, le long de son dos puis happé un sein. Elle grogna de plaisir alors qu’il pinça la pointe durcit, tremblante. Son b****r et ses caresses la transportait dans un autre monde. Pourquoi était-ce justement cet homme là qui lui faisait ressentit cela. Elle aurait aimé ne pas éprouvé toutes ses délicieuses sensations.
Mais, alors qu’elle pensait être perdue, Art mis fin à leur b****r et s’écartant un peu la contempla le regard sombre brûlant de désir, les laissant reprendre leur respiration. Annika dut se retenir pour ne pas le supplier de l’embrasser à nouveau. Pas question de se montrer plus faible qu’elle ne venait de le faire. Se mordillant la lèvre, elle détourna son regard. Toutefois, elle resta dans ses bras, incapable de faire un seul pas. Elle avait encore les jambes molles.
Pourquoi n’avait-elle pas plus résisté ? Comment avait-elle pu se laisser embrasser par son ennemi ? Pourquoi ? Elle n’aurait pas dû le laisser l’embrassé et se rendre compte qu’elle le désirait en effet.
- Nous savons bien que tu me désires depuis très longtemps, Annika, dit-il en baissant la tête et tirant sur sa lèvre pour la libérer. Et ce b****r l’a bien démontré. On pourrait s’arranger tu sais ?
Son soudain geste la surprit tout autant qu’il l’a plu.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? Dit-elle la gorge nouée en levant les yeux vers lui.
- Tu l’as dit, tu as quelque chose que je souhaite et moi aussi j’ai quelque chose que tu veux.
Les yeux écarquillés, elle le scrutait comprenant sans qu’il le formule ce qu’il voulait dire. Peut-être était-ce là la seule solution pour lui de mettre fin à son désir pour elle ? Coucher avec Annika serait la solution parfaite pour l’oublier une bonne fois pour toute.
Il aurait dû y penser plus tôt mais sa fierté l’en avait toujours empêché. Mais maintenant, il avait une autre raison pour succomber à cette attraction obsédante.
- Tu veux dire que tu veux… coucher avec moi en échanges de mes terres ?
- Oui, répondit-il simplement caressant le contour de ses lèvres pulpeuses de la pulpe de son pouce. Ce serait gagnant-gagnant.
- Tu es complètement fou et ta proposition est... indécente, dit-elle la mine scandalisée.
- Peut-être mais elle est sincère. Tu me désires et moi aussi alors…
- Non ! dit-elle en secouant vivement la tête et le repoussant.
Art la laissa faire et la relâchant la regarda s’éloigner.
Elle paraissait troublée et indignée comme si sa proposition la rebutait vraiment. Elle lui fit penser à un petit oiseau pris au piège. Il savait qui elle était et ne devait pas se laisser prendre à son manège de vierge effarouchée. Annika Evans était une croqueuse d’homme.
Et pourtant… Là, en ce moment, il avait juste envie de la reprendre dans ses bras et de l’embrasser encore et encore à en perdre haleine. Mais, s’il le faisait, il serait que trop tenter de succomber à son désir et de l’emporter dans la chambre ou encore de la coucher contre la méridienne et lui faire montre combien il la voulait vraiment.
La perspective de séduire et de coucher avec elle, lui plaisait de plus en plus. Qui aurait cru que sa petite discussion avec elle se terminerait ainsi ? Pas lui.
Lorsqu’elle leva enfin la tête vers lui, elle paraissait à nouveau maîtresse d’elle. Ils se dévisagèrent et ce fut comme si le temps n’existait plus.
Soudain, un bruit rompit la magie de ce moment. Un portable sonnait obstinément et ce n’était pas le sien. Il vit Annika récupérer son portable près du plateau de la table basse et décrocha avec un grand sourire.
Et étrangement ce sourire, qu’elle adressait à quelqu’un d’autre - peut-être même à un homme-, lui fit un pincement au cœur.