Serrant les mâchoires, Art Shepherd jeta un regard au petit et élégant cottage qui se présentait devant lui.
Il était vraiment en colère. En colère d’être obligé de quitter Londres pour se rendre en pleine campagne. Venir ici en personne parce que cette petite peste, la fille naturelle de son défunt parrain avait refusé les offres faites par l’intermédiaire de ses avocats afin d’obtenir les terres aux alentour alors qu’il avait beaucoup de travail. Il avait dû retarder son voyage d’affaire pour aller inspecter une de ses nouvelles acquisitions et cela ne lui plaisait guère.
Art avait pour projet de construire un complexe. Il savait que ses terrains avaient été acquis par Evans il y a des années. Il lui avait alors parlé de ses projets pour ses terres et son parrain avait paru apprécier et très enthousiaste par cela et alors qu’ils parlaient de s’associer, il avait eu cette subite et fatale crise cardiaque qui avait entraîné sa mort.
Aussi brusque et inattendu fut sa mort, celle du lègue à sa fille naturelle de ses terres l’étaient encore plus. Christopher savait comme tout le monde qu’il n’appréciait pas Annika. Elle était volage et avait une réputation de croqueuse d’hommes. Il savait qu’elle était sortie un moment avec son jeune frère qui en est sorti très peiné. Et pourtant…
Le souvenir douloureux de la jeune fille qui lui avait sauté au cou pour l’embrasser passionnément lui revint si vivement qu’il eut l’impression d’y être alors que cela remontait à il y a six ans. Le goût de ses lèvres pulpeuses lui était resté à jamais gravé dans la mémoire. Le pire est qu’il avait répondu à son b****r car il ne pouvait nier que cette jeune femme lui plaisait alors. Elle affolait ses sens depuis ses seize ans et malgré les années cela n’avait pas vraiment changé.
Desserrant sa cravate, il l’ôta et la jeta sur la banquette arrière et ôta les deux premiers boutons de sa chemise puis glissant son portable à l’intérieur de sa veste, descendit de sa voiture.
Ses yeux tombèrent à nouveau sur la façade de la maisonnette. Elle était plutôt grande pour un cottage. Un endroit tranquille à l’image de Christopher.
Avec un grognement, il remonta le chemin menant à la maison mais alors qu’il approchait, il aperçut un homme d’une cinquantaine d’année, vêtu d’un pantalon noir et d’un t-shirt sortit de la maison. Qui était cet homme ? Il pensait ou plutôt il avait entendu dire qu’elle vivait seule ici depuis qu’elle avait emménagé après la mort de son père. Serait-ce son dernier amant ? Artur sentit une étrange colère l’étreindre à cette pensée.
Il ne se souvenait que trop des photos d’elle collée contre Fernando Da Silva qui avaient paru il y a quelques mois. Il connaissait l’homme d’affaire et playboy depuis des années. Il collectionnait les belles femmes et Annika était une très belle jeune femme. Et, elle était connue pour aimer les hommes beaux et riches.
L’homme le regarda approcher et le salua avec un grand sourire. Il lui répondit d’une voix cassante et demanda après Annika.
- Mlle Evans est dans le jardin à l’arrière, lui répondit-il après un moment.
Tient, il l’appelait mademoiselle. Était-ce un employé ? Maintenant qu’il le voyait de plus près, il se rendit qu’il avait les mains sales, sa tenue aussi était sale.
L’homme lui montra un chemin de gravier à suivre pour se rendre à l’arrière de la maison.
Sans un mot de remerciement, il s’engagea sur le chemin.
Sa discussion avec Annika sera brève.
Il comptait lui offrir largement le prix que fallait son terrain afin de les obtenir. Si comme sa marraine la lui a décrit, aussi ambitieuse que sa mère l’a été, elle accepterait sans aucun doute. Que ferrait-elle bien de ses terres ? Rien. Elle serait sans doute ravie de s’en débarrasser. Et encore plus à un tel prix. Il savait bien que ses terres étaient très intéressantes et bien des promoteurs immobiliers seraient tentés de vouloir les lui acheter. Si cela n’était déjà pas fait. Et puis, peu importe que d’autres acquéreurs se soient déjà présenter, c’était à lui qu’aller advenir ses terres.
Alors qu’il tournait à l’angle, le rire cristallin d’Annika lui vint. Tournant, il la vit et se figea.
La jeune métisse était accroupie près d’un parterre de fleurs devant un énorme Saint-bernard avec qui elle semblait jouait. Ses courts cheveux frisés d’un léger roux ondulaient au vent. Elle portait un short noir avec une longue chemise jaune entrouverte sur un body dont elle avait remonté les manches. Son visage aux magnifiques traits était éclairé d’un sublime sourire heureux. Et, elle ne portait pas de maquillage.
À ce moment, elle lui semblait la femme la plus belle qu’il ait connu. Grognant, il étouffa la bouffée de désir qui montait déjà en lui, envahissant son ventre. Annika n’était pas son genre de femme. Il préférait les blondes aux jambes sculpturales.
Comme si elle avait deviné sa présence, elle leva la tête et son sourire mourut. Elle plissa les yeux puis poussant un soupir se redressa.
Il ne put s’empêcher d’admirer son magnifique corps aux courbes parfaites. Ses seins qui gonflaient dans son body à ses longues jambes galbées qui appelaient aux caresses. Elle n’était pas devenue mannequin pour rien. Elle devait en faire tourner des têtes et en se moment il sentait son corps que trop bien réagit à la vue de ce corps.
Réaction purement physique et normal.
Combien d’hommes se sont-ils pâmés en l’admirant dans des magazines de mode ou des femmes l’envier pour sa beauté et ses courbes gracieuses ?
Les bras croisés contre la poitrine, elle avança vers lui suivit de l’énorme chien qu’il ne quitta pas des yeux.
- Eh bien ! Qui vois-je là ? dit-elle d’un ton cassant. Ne serais-ce pas le grand Art Shepherd. Que fais-tu là ? demanda-t-elle d’une voix où sonnait la colère.
Elle n’avait pas l’air heureux de le voir. Cela le fit étrangement plaisir.
Il sourit.
- Bonjour, Annika. Comment vas-tu depuis la dernière fois ?
- Pas de baliverne en politesse, Art. Je sais pourquoi tu es là ?
- Et pourquoi suis-je là ? dit-il d’une voix doucereuse.
- Pour la même raison pour laquelle tes avocats et tes collaborateurs n’ont pas arrêté de m’emmerder ses dernières semaines. Ma réponse est toujours non.
- Toujours la même, ma petite Annika.
Elle eut une sorte de grognement de colère, le toisant de ses yeux magnifique noisette.
Art parcourut du regard la jeune femme. Sa peau avait la couleur du café au lait et il émanait d’elle une subtile odeur fraiche de lilas et de… métal. Son regard s’attarda sur ses lèvres pulpeuses. Le souvenir brûlant de leur lointain b****r revint l’envahir à nouveau et il se demanda si elles avaient encore le même goût. Il aurait bien envie de le savoir.
Il la vit frissonner, légèrement.
Elle aussi devait avoir sentir cette étrange attraction qu’il y avait entre eux. Elle était toujours là, présente entre eux comme un fil invisible au bout de toutes ses années.
Secouant la tête, il se força à quitter ses lèvres des yeux et plongea son regard dans le sien.
- Il faut qu’on ait une discussion toi et moi, Annika.
- Je n’ai pas envie de discuter avec toi, Art, dit-elle en tournant les talons.
Mais alors qu’elle rebroussait chemin, il lui saisit le bras et la fit pivoter sur elle-même si vivement qu’elle se retrouva dans ses bras.
- Je ne partirais pas d’ici sans avoir discuter avec toi, dit-il d’une voix dur le visage impassible.
- Et moi je te dis que ce que tu as à me dire ou à me proposer ne m’intéresse pas.
- Pas de fausses modesties avec moi, Annika. Ce que j’ai à te proposer est plus qu’avantageux pour toi.
- Peut-être pour toi mais pas pour moi. Alors, maintenant lâche-moi, dit-elle en essayant de se dégager.
Mais au lieu d’obtempérer, il se pencha plus avant vers elle. Il la vit lever ses yeux vers lui. Elle le scrutait avec colère. Elle essaya de se dégager une nouvelle fois mais il resserra sa prise et la serra un peu plus contre lui.
Ce n’était pas une bonne idée de la tenir ainsi dans ses bras alors qu’il avait du mal à lui résister. Son odeur, son souffle sur son visage, ses lèvres si attirantes…Pourquoi cette jeune femme le troublait-il autant ?
Soudain, le chien se mit à aboyer et distrait, Annika en profita pour se libérer et il sentit son corps se lamenter de cet éloignement. C’était absurde.
- Calme-toi, Max ! ordonna-t-elle au chien qui se calma aussitôt. Toujours aussi brut, dit-elle en le fusillant du regard.
Art esquissa un sourire sardonique. Il mourrait là d’envie de la reprendre dans ses bras et de raviver ses souvenirs de ce b****r.
Il la vit se baisser pour caresser son chien puis elle se tourna vers lui, et poussa un soupir.
- Comme tu ne sembles pas prêt à t’en aller alors je vais essayer de me comporter en bonne hôte. Veux-tu boire du thé ou une limonade ?