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1752 Mots
             Annika avait le corps en feu parcourt par de doux frissons. Elle avait beau essayé, elle n’arrivait pas à faire abstraction au désir qui pulsait dans ses veines.             Jetant un regard à l’homme qui se tenait devant elle, elle se mordilla la lèvre en apercevant la fine toison que dévoilait sa chemise entrouverte. Elle sentait ses tétons durcirent dans leurs étoffes de soutien-gorge. Il arborait maintenant une barbe de deux jours qui allait bien à son visage dur mais combien sexy. Dans son costume sombre sans cravate, qui semblait avoir été taillé sur lui, il exhalait l’homme d’affaire prospère mais également la beauté mâle personnifiée. Il était toujours aussi grand avec ses larges épaules et sa silhouette athlétique. Elle frissonna rien qu’au souvenir de la sensation de sa poitrine ferme contre la sienne. Comme toujours, elle était victime de son charme ô combien sexy et dévastateur et avait tout le mal du monde à ne pas le montrer. Elle sentait une vive chaleur s’épanouit en elle. Elle réagissait comme une ado et cela l’irritait. Elle regrettait presque de l’avoir invité. Elle aurait dû le virer de chez elle mais…Elle avait décidé de se comporter comme une hôte paraitre et devait donc subir sa présence et son attirance envers lui.             Posant le plateau de thé sur la table basse, elle jeta à nouveau un coup d’œil à Art. Il se tenait devant l’une des fenêtres du petit salon - un ancien boudoir - et scrutait d’un mauvais œil son énorme chien. Elle sourit en se demandant si son chien l’intimidait mais se ravisa bien vite. Rien n’intimidait Art Shepherd, c’était plutôt lui qui intimidait les autres.             Elle jeta un coup d’œil au chien qui assit dans un coin, observait l’étranger. Ils vivaient seuls ensemble depuis le début et avait si rarement de visite qu’il devait être intrigué par cet étranger. Max avait beau être un énorme chien, il était très doux et gentil. Seuls ses aboiements pouvaient être effrayants. - Tu l’as depuis longtemps ce monstre ?             Annika eut un sourire en s’asseyant et invita Art à en faire de même. - Non, pas depuis longtemps. Je l’ai adopté il y a quelques mois pour me tenir compagnie. - Alors, tu te sens seule ici ? Dit-il en s’asseyant dans le fauteuil face au sien avec une aisance qui lui était si familière.             Haussant les épaules, elle s’employa à leur servir le thé pour ne pas avoir à croiser son regard. Elle avait toujours été attirée par ses yeux et leur couleur unique bleu pervenche. - Pas vraiment. Cela me convient bien. La solitude est parfois bénéfique. Et puis, Londres est à peine deux heures d’ici. Mais, je préfère de loin vivre ici.             Il leva un sourcil, perplexe. - J’ai pourtant rencontré un homme devant ta porte tout à l’heure. Tu n’es donc pas aussi seule que tu le dis. Annika poussa un soupir puis prenant sa tasse de thé avala un peu du liquide chaud. Elle connaissait hélas la réputation peu avantageuse qu’elle avait de la fille tête en l’air, toujours partit pour faire la fête. Cela a été vrai un certain temps. Son père toujours occupé par son travail et sa nouvelle famille la rejetant, elle avait fait les quatre cents coups dans son adolescence et un peu après. Sorties nocturnes, fêtes en tout genre, flirter avec de beaux garçons. Elle avait juste cherché à ne pas rester seule. Chercher de la compagnie, c’était tout.             Mais, les hommes eux ne la voyaient pas ainsi. Elle ne sait plus combien de propositions elle a du refuser dans sa vie. Des centaines s’en doute. La plupart de ses soupirants lésés lui ont fait mauvaise presse la faisant passé pour une fille facile ou encore pour une fille frigide. Avec son métier, et la presse toujours à ses basques, prête à publier des photos d’elle et d’hommes, - souvent des playboys à qui elle tenait juste compagnie pour des soirées - les rumeurs sont allées bon train. Peu de personne n’a essayé de la connaître vraiment car elle était très différente de ce qu’elle affichait ou de ce que l’on disait d’elle. Très différente. - Tu veux parler de Ted le jardinier, dit-elle d’un air désinvolte en reposant sa tasse. Oui, de temps en temps il passe pour s’occuper du jardin. Comme je te l’ai dit, je vis seule ici avec mon chien.  - C’est que cela te ressemble si peu que j’ai du mal à te croire. Tu ne te sens donc pas seule ici ? - Étrangement non, répondit-elle sincère.             Penchant la tête sur le côté, il l’observa comme s’il voulait lire au fond d’elle. Détournant le regard, en proie à des sensations auxquelles elle ne voulait s’appesantir, elle scruta son chien. - Je me suis toujours demandé pourquoi après la mort de Christopher tu as disparu du jour au lendemain. J’ai été des plus surpris lorsqu’Alex m’a dit que tu étais venue t’installer ici. C’est loin de tout. Des clubs huppés que tu affectionnes tant et de tes amis. Cela ne m’a pas surpris d’apprendre que tu sois retournée une nuit à ton ancienne vie.             Son ancienne vie.             Que savait-il de sa vie à part de ce que les journaux en ont dit ?             Cela lui rappelait qu’elle avait promis à son amie d’assister à sa fête la semaine prochaine. Elle n’avait pas pu se désister car Carla était l’une de ses plus vieilles amies. L’une des seules qui la connaissait un tant soi peu. Elles s’étaient rencontrés à l’internat mais n’étaient devenues amis qu’en dernière année. Et comme elle devait aller et rester un moment à Londres, elle n’aurait pas pu l’ignorer.             Elle savait bien qu’il y aurait la presse invitée mais elle serait s’en accommoder. Elle avait un peu l’habitude. - Je t’écoute Art, dit-elle en avalant une autre gorgée de son thé sans répondre à sa question. Qu’as-tu à me dire que ne m’ont déjà dit tes collaborateurs ? - Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à garder à ses terres alors que je t’offre un si bon prix pour te les racheter ?             Poussant un soupir, elle jeta un regard par delà le jardin.             Artur Shepherd n’était pas le premier à le lui dire cela ni la première personne à vouloir lui racheter ses terres. Elle avait beau dire qu’elle ne comptait pas vendre, on lui offrait à chaque fois plus comme si l’argent pouvait acheter l’affection. Ses terres, elle les avait reçut de son père. C’était le seul signe d’amour qu’il ait pu lui montrer.             Lorsqu’un jour, elle lui avait confié en venant ici qu’elle adorait cette maison et surtout les terres alentours, son père avait rire. Il lui avait dit alors qu’il voulait construire des lotissements sur ses terres. Elle lui avait dit qu’elle en serait très peinée car ses terres avec leur nature sauvage lui plaisaient ainsi. Imaginer des maisons qui défiguraient le paysage était impossible pour elle. - C’est simple. Mon père m’a offert ses terres en héritage car il savait que je les aimais et jamais je ne les vendrais.             Art arqua un sourcil très peu convaincu. - Et qu’aimes-tu ici ? demanda-t-il avec une pointe d’ironie qui ne lui échappa pas. - Tout ça, dit-elle en levant les bras. La maison, le jardin, les bois s’étendant presque à l’infini, la tranquillité du paysage… Des choses sui n’ont pas d’importances pour un homme comme toi. - Alors si ce n’est que cela, tu peux les garder : la maison et le jardin. Je suis même prêt à te concéder un ou deux hectares en échange des terres. Je payerai le double de ce que je t’ai déjà proposé.             Annika secoua la tête.             Encore de l’argent.             Sa belle-mère tout comme ses frères l’ont toujours cru intéresser et l’ont clamé sous tous les toits mais en vérité grâce à son travail et à son héritage, elle avait plus que de quoi vivre plus que décemment le reste de sa vie.             Millicent ne pardonna jamais à son mari de l’avoir trompé avec une jeune femme noire. Une américaine de surcroit.             Sa mère avait eu une certaine réputation auprès des hommes, elle le savait. Elle avait toujours aimé l’argent et ne s’en était jamais caché. Toutefois, après avoir apprisse sa grossesse elle n’a rien dire à son père et lui a caché sa paternité pendant tant d’années. Elle avait continué sa carrière quelques années après sa naissance puis avait abandonné pour devenir professeur dans une école de mannequinat. Dès qu’elle l’a senti en âge, elle l’a poussé à devenir mannequin même si elle n’aimait pas trop cela.             Sa mère avait beau avoir eu des défauts, elle l’avait aimé. Assez pour ne pas lui avoir faire vivre la vie de fille illégitime. Sans son cancer, elle n’aurait peut-être su la vérité qu’une fois adulte et alors cela aurait été à elle de décider d’avoir à rencontrer son père ou pas. Mais, le destin en avait décidé autrement.             Elle ne regrettait pas ses dernières années avec son père mais elle aurait aimé que tout soit différent. Mais surtout que sa relation avec Millicent, ses frères - et même avec Art - soit différente. - C’est toujours, non.
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