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3336 Mots
Loras Je ferme la porte de la chambre de Jody derrière moi, l’esprit encore occupé par l’instant que nous venons de partager, doux et empreint d’une tendresse particulière. L’écho de son souffle court, la chaleur de sa peau sous mes doigts…Je cligne des yeux et secoue la tête, me forçant à me concentrer sur l’instant présent. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Prenant une petite inspiration, je réajuste mes manches et ma veste, puis regagne les cuisines où les domestiques sont en train de manger. Tous se lèvent à mon entrée. — Je vous en prie, restez assis, je leur dis. (Mon regard croise celui de Thora, assise en face de l’entrée de la cuisine.) Thora, pourriez-vous vous occuper de Mademoiselle Beauchamp, une fois que vous aurez fini ? Elle hoche la tête, l’ombre d’un léger sourire sur les lèvres. Je reporte mon attention sur Henri – mon valet de chambre – assis à sa gauche. — Je prévois de me retirer d’ici une petite heure, au plus tard, j’ajoute à son attention. Je vous retrouve là-haut. Finissez tranquillement. — Oui, Milord. — Dernière chose : il est prévu que Mademoiselle Beauchamp intègre le pensionnat du Girton College demain en fin de journée. D’ici là, je compte sur vous tous et toutes pour faire preuve de bienveillance et d’indulgence à son égard, et pour l’aider à trouver ses marques. — Vous pouvez compter sur nous Monsieur, m’assure Mrs. Logan, ma gouvernante en chef. — Je veillerai à ce qu’elle soit à l’aise, Milord, promet Thora. — Merci, Mesdames. Merci à tous. Je leur adresse un bref signe de tête avant de remonter. Mes pas résonnent dans le silence des couloirs déserts, jusqu’au salon dont la porte entrouverte laisse filtrer le brouhaha des conversations à voix basse. La pièce baigne dans une lumière tamisée et une ambiance feutrée, renforcé par le crépitement des bûches dans le foyer de la cheminée. Un voile de fatigue semble s’être installé sur la pièce. Mrs. Beauchamp et Maberly se sont retirées dans un coin et discutent. Leurs voix, bien que basses, restent suffisamment fortes pour que je les entende analyser minutieusement la soirée dans le moindre détail. De leur côté, Mr. Beauchamp et mon oncle se sont resservi un verre de cognac, tout en discutant de politique. Rosalie et ma mère sont assises près de la cheminée, leurs éclats de rires discrets se mêlant aux sourires complices tandis qu’elles échangent sur plusieurs sujets. Face à elle, Wynn, assis avec un verre à la main, visiblement perdu dans ses pensées, ses yeux rivés sur les flammes. — Tout va bien cousin ? je demande. Il tressaute et tourne la tête, rappelé à la réalité. Une lueur joyeuse traverse son regard. — Comment va Jody ? me demande-t-il. — Exténuée, je réponds simplement en m’asseyant à côté de lui. — Il faut dire aussi que les deux gorgones lui en ont fait voir toute la soirée, marmonne-t-il entre ses dents. (Je lui lance une œillade en coin, surpris.) Allons Loras, ricane-t-il, une pointe d’amertume dans la voix, tu sais aussi bien que moi que c’est vrai. Je fronce les sourcils, et me penche vers lui : — Tu veux dire que tu regrettes ton choix ? (Il hoche imperceptiblement la tête.) Tu as essayé d’en parler à mon oncle ? — Oui, et il m’a dit qu’en tant qu’héritier de la fortune familiale, et avec mes ambitions artistiques illusoires, il fallait que je considère le mariage comme une stratégie financière plutôt qu’une affaire de cœur. (Un rire sarcastique lui échappe tandis qu’il ajoute :) À moi de concilier mes rêves avec la réalité : mon ambition avec notre argent commun. Mon nom avec ses attentes. Je ne peux m’empêcher de regarder en direction de mon oncle à ces mots. L’ombre d’un sourire triste effleure les lèvres de mon cousin. — Contrairement à tes parents, mon père et ma mère ne se sont pas mariés par amour, poursuit-il, mais par raison. (Il allume une cigarette, et tire une longe bouffée avant de poursuivre en expirant. :) Ils se sont aimés ensuite. — Ton père l’héritier de la fortune immobilière et terrienne des grands-parents Billinghurst, qui avaient tous deux des liens de parenté avec l’aristocratie écossaise, et ta mère… — Issue de la famille Chillingham, richissimes marchands de fourrures et d’instruments de musique, mais une véritable crème, contrairement à la petite-fille des deux visionnaires que je prévois d’épouser. — Comment ont-ils fait fortune déjà ? je le questionne. — Son grand-père paternel, Steadman, audacieux et entreprenant a découvert des filons d’or – il y a une bonne cinquantaine d’années –, et il s’est servi des gains pour créer une entreprise de textile, spécialisée dans les tissus de luxe. Quant à son grand-père maternel, Irons, stratège et pragmatique, il a, lui aussi, bénéficié découvert – à la même époque –, et a investi dans les innovations industrielles, comme les machines à tisser et la construction d’usine, ce qui lui a permis de créer des partenariats solides avec des clients en Europe et en Amérique. Je hoche lentement la tête, perplexe. — En somme, que ce soit d’un côté ou de l’autre, ses grands-parents n’ont rien fait de plus que Mr. et Mrs. Beauchamp, je remarque. — Exact. À l’exception qu’eux ont fait tout leur possible pour perpétuer l’entreprise familiale et maintenir leur position dans la société, et que leur petite-fille est un ange. Je sens mes lèvres s’étirer en un sourire incontrôlable. Je n’aurais pas dit mieux moi-même. Wynn tire les dernières bouffées de sa cigarette, puis écrase son mégot qu’il jette dans le cendrier. — Si tu veux mon avis par rapport à cette situation, tu devrais profiter des quelques semaines à venir, ainsi que de la traversée dans quelques mois, pour réfléchir et faire le point, j’ajoute. Cela ne te servirait à rien de t’emprisonner et te supplicier dans un mariage qui te rend malheureux. La vie est bien trop courte pour ça. — Le problème, c’est que si je décide d’en rester là, je vais m’attirer des ennuis non seulement avec père, mais aussi avec ses parents, grimace-t-il, qui ont déjà avancé beaucoup d’argent et commencé à organiser le mariage. Je me penche vers lui, complice, une main sur son épaule : — Aucune somme que ton cher cousin, Lord Pembleton, Comte de Hatherleigh, ne peut rembourser si nécessaire. (Un éclair de reconnaissance traverse ses yeux. Reprenant mon sérieux, j’ajoute. :) Tu es mon cousin Wynn, et plus encore mon ami. Je serai là pour toi, quelle que soit ta décision. — Merci Loras, souffle-t-il. Avant que l’un de nous n’ait le temps d’ajouter autre chose, Maberly nous rejoint, sa robe luxueuse bruissant légèrement à chacun de ses pas. Avec sa démarché élégante et son sourire satisfait, elle est l’incarnation parfaite de la prétention. Elle s’assied dans le fauteuil face à la cheminée, ses yeux rivés sur Wynn. — Vous ne vous êtes toujours pas remis à vos folies artistiques, mon chéri ? lance-t-elle mielleuse. J’en déduis, Monsieur, que vous avez réussi à le convaincre qu’un homme de son rang doit avant tout honorer ses devoirs conjugaux et sociétaux, avant ses rêves d’artistes, ajoute-t-elle son regard glissant vers moi. Wynn se raidit, ses doigts se crispant légèrement sur l’accoudoir de son fauteuil. Je remarque le tressaillement de sa mâchoire alors qu’il retient visiblement une réponse cinglante, et rétorque d’un calme glacial : — Évidemment, mes ambitions ne sont pas suffisamment intéressantes pour votre vaste empire de robes et de bijoux, n’est-ce pas, mon amour ? Un éclair d’irritation traverse les yeux de sa fiancée qui riposte, piquée au vif : — Non, en effet. Le théâtre, le cinéma…Ce ne sont que des passe-temps d’aristocrate désœuvré, des folies coûteuses, rien de plus. — Charlie Chaplin et George Bernard Shaw ne seraient probablement pas d’accord avec vous, intervient subitement Rosalie. À supposer, bien sûr, que ces noms vous disent quelque chose. — Le cas contraire ne serait pas surprenant, je rebondis implacable, un sourire en coin, d’autant plus qu’ils ne possèdent pas d’empire textile pour financer leurs folies. Wynn manque de s’étouffer avec une gorgée de cognac à l’entente de ma pique, et tente tant bien que mal de dissimuler une quinte de toux. Rosalie, de son côté, plaque une main devant sa bouche, ses épaules secouées par un rire qu’elle tente de réprimer sans grand succès. Ma mère, toujours digne, me lance un regard réprobateur, bien que l’ombre d’un sourire trahisse son amusement. Maberly, offusquée, ouvre la bouche pour me répondre, mais je poursuis sans lui en laisser le temps : — Puisque vous êtes destinées à intégrer notre grande famille, Mademoiselle, sachez que chez nous, les femmes ne dictent pas leur conduite à leur mari. Et en aucun cas elles ne se permettent de les rabaisser en public. Quant aux ambitions de Wynn, aussi futiles qu’elles puissent vous paraître, elles sont portées par une créativité et un talent dont peu peuvent se targuer. Elle me fixe en silence, vexée et stupéfaite. Sans lui laisser le temps de répondre, je me lève et fais signe à mon cousin de me suivre. Nous regagnons la table où trônent les bouteilles de brandy, de cognac et de whisky. J’attrape la bouteille d’Armagnac tandis que Wynn se sert un Courvoisier. Une fureur discrète émane de lui. Il repose la bouteille d’un geste sec. — Avec un peu de chance, elle passera par-dessus bord lors de notre traversée de l’Atlantique, marmonne-t-il la voix basse et colérique. Je lui lance une œillade amusée, tout en finissant de remplir mon propre verre. — Tu sais, mon cher cousin, il ne faut pas souhaiter de telles choses, même sous l’effet de la colère et de la frustration. (Il émet un rire nerveux, son attention brièvement rivée sur sa fiancée, de nouveau en pleine discussion avec Mrs. Beauchamp.) Qui sait, peut-être qu’avec un peu de chance, tu trouveras une muse en mer ? Une passion torride à bord, je chuchote, une pointe de complicité dans la voix. Il me répond d’un rire franc, l’humeur plus légère. Du coin de l’œil, je remarque mon oncle qui nous observe attentivement. — En attendant, je vais me retirer avant que Mademoiselle n’ait le temps de pleurer auprès de mon père, ajoute mon cousin captant le regard de son père. (Nous trinquons et prenons une gorgée.) Cousin. Wynn s’incline brièvement puis, après une dernière pause, s’éloigne de la table et sort de la pièce. Je le regarde faire, avant de rejoindre la petite assemblée qui s’est formée près du feu. Fatigué, j’échange une œillade avec ma mère qui comprend immédiatement le message. Hochant imperceptiblement la tête de manière entendue, elle se lève, le sourire aux lèvres, ses gestes calmes et gracieux comme à l’accoutumée : — Il se fait tard, dit-elle doucement et fermement. Je suggère que nous allions tous nous reposer afin d’être au summum de notre forme demain. À mon plus grand soulagement, les invités ne se font pas prier. Après quelques formules de politesse, tous se retirent. Ma mère m’embrasse tendrement sur la joue, suivie de près par Rosalie, qui me dépose un b****r sur le front avec une douceur fraternelle. Le bruissement des tissus, les pas feutrés sur les tapis, et le craquement du parquet sous les semelles m’accompagnent jusqu’à ce que je sois le dernier dans la pièce. Enfin seul, je m’assois et prends un instant pour finir mon verre, savourant la quiétude retrouvée, puis, la dernière goutte avalée, je me dirige vers mes appartements. Le silence m’enveloppe comme un doux manteau, troublé uniquement par le résonnement de mes pas dans le grand hall désert. Une soirée interminable qui s’achève enfin. Arrivé dans ma chambre, je découvre Henri déjà à l’œuvre. La lumière douce des lampes diffuse une atmosphère douce et feutrée. Un pyjama en soie et une robe de chambre impeccablement pliés m’attendent sur un fauteuil près de mon lit. — Milord, m’accueille mon valet de chambre en s’inclinant légèrement. Il se redresse et s’approche de moi pour m’aider à me dévêtir. — La fin de soirée s’est-elle bien déroulée ? s’enquiert-il d’un ton respectueux. Je prends une longue inspiration que j’expire dans un souffle : — Disons que oui, dans l’ensemble. Henri hoche la tête sans insister davantage, et je lui en suis reconnaissant. Avec soin, il plie ma tenue de soirée tandis que je me glisse dans le pyjama soyeux, suivi de la robe de chambre dont le contact moelleux me réchauffe aussitôt. — Cela sera tout, Milord ? — Oui, merci Henri. Il s’incline une dernière fois avant de quitter la pièce, refermant la porte derrière lui. Je soupire, accablé de fatigue, et m’installe dans mon fauteuil, orienté vers la cheminée et situé près de la fenêtre. La nuit noire et le calme de la pièce contraste avec le tourbillon de pensées qui m’assaillent. Les événements marquants de la journée défilent dans mon esprit, notamment ma dispute avec ma sœur aînée au sujet de Jody. Jody…Je ferme brièvement les yeux, laissant le visage de cette dernière s’imposer à moi. Jody et sa force intérieure, son esprit indomptable, ses grands yeux rieurs et profonds, son regard, son sourire. Le portrait craché d’Abigail – ma lumière et ma chute –, dont la trahison et la disparition tragique, engloutie par les flots, ont laissé en moi une plaie béante. Je suis tiré de mes pensées par un bruit léger, presque imperceptible, dans le couloir. Me levant sans un bruit, je traverse silencieusement la pièce et entrouvre la porte de ma chambre. Dans le couloir, le clair de lune brise la pénombre et révèle une silhouette fine, glissant sur la pointe des pieds. Vêtue d’une robe de nuit fluide, à peine recouverte d’un châle, elle se déplace presque irréellement, comme un spectre fragile sorti de mes pensées. Jody. Je l’observe disparaître, probablement en direction de la bibliothèque. Intrigué, je réfléchis un instant. Bien que la fatigue pèse sur mes épaules, je ne peux m’empêcher de sourire à l’idée de la suivre pour passer un moment seul à seul avec elle. Mais avant cela, je fais un détour par la cuisine, où règne un silence parfait, à peine troublé par le doux tic-tac de l’horloge murale. Les domestiques se sont retirés depuis longtemps, ce qui ne m’empêche pas de trouver tout ce qu’il me faut. En quelques gestes, je fais chauffer le lait auquel j’ajoute une portion généreuse de chocolat noir râpé, une touche de vanille, et juste assez de sucre et de crème. Le doux breuvage prêt, je le verse dans deux tasses que je place délicatement sur un plateau, puis je rejoins Jody dans la bibliothèque. La douce lumière tamisée des lampes filtre à travers la porte entrouverte de la pièce. Jody est installée sur la banquette de l’une des fenêtres, ses jambes repliées sous elle, un livre ouvert sur les genoux. J’entre doucement afin de ne pas l’effrayer, mais le craquement du parquet sous mes pieds trahit ma présence. Elle relève brusquement la tête, les yeux agrandis par la surprise : — Loras ? J’avance dans la pièce, prenant soin de refermer la porte avec mon pied. — Pardon de vous avoir effrayée, je dis avec douceur. Je vous ai vue passer le couloir, et j’ai pensé que vous apprécieriez un peu de compagnie. (Je lève le plateau sur lequel repose les tasses fumantes.) Et un chocolat chaud. — Vous êtes bien prévenant, dit-elle un sourire timide sur le visage. Elle referme son livre tandis que je pose le plateau sur la petite table basse, et me rejoint. D’un geste galant, je lui indique le tapis devant la cheminée et l’invite à s’y asseoir. Elle s’exécute, resserrant son châle autour de ses épaules. Je m’agenouille face à elle et m’attèle à allumer un feu. Les flammes surgissent progressivement, baignant la pièce de leur lumière et de leur chaleur. — Voilà qui est mieux. (J’attrape les deux tasses et lui en tend une qu’elle accepte volontiers.) La bibliothèque est toujours votre refuge nocturne à ce que je vois, je la taquine en soufflant sur le liquide brûlant. Son sourire s’agrandit sur ses lèvres : — Et oui, ça n’a pas changé. Elle baisse les yeux vers sa tasse et prends une longue gorgée de son chocolat. J’en profite pour faire de même, savourant la sensation de chaleur apaisante qui se répand dans ma poitrine. Nous restons assis dans un silence confortable, ponctué uniquement par le doux crépitement des flammes dans le foyer. — D’une certaine manière, c’est grâce à vous que j’ai pris goût à la littérature, finit-elle par dire. (Elle lève les yeux et balaye la pièce du regard avant de les poser sur moi.) C’est vous qui m’avez fait comprendre que les livres avaient quelque chose de réconfortant, en cela qu’ils ne jugent pas et qu’ils offrent toujours un moyen d’échapper à la réalité. Je ne peux retenir ma surprise à l’entente de ces mots. — Vous vous souvenez encore de ce tout premier échange littéraire que nous avons eu, lors de l’une de mes visites avec mon grand-père ? Elle hoche la tête, baissant à nouveau les yeux, subitement absorbée par les motifs délicatement peints sur sa tasse en porcelaine. — Je me souviens de tout ce qui vous concerne, avoue-t-elle dans un murmure. (Ses joues rosissent légèrement tandis qu’elle ajoute :) Enfin, presque. Je l’observe avec tendresse. Jody. Mon ange. Ma rédemption. Je finis mon chocolat et pose ma tasse. Elle en fait de même, son regard croisant le mien. Un silence s’installe, lourd de sens, alors que nous échangeons une étrange connexion, presque palpable. Un frisson me glisse le long de l’échine alors que je me rapproche d’elle, attiré d’une manière inexplicable, profonde. Réelle. L’atmosphère autour de nous se charge lentement d’une tension nouvelle. Son regard reste ancré au mien, incertain, mais curieux. Mon cœur bondit entre mes côtes alors que nos souffles se mêlent dans un silence oppressant. Un mélange de désir et de retenue m’envahit. J’ai l’impression que tout peut basculer à cet instant. — Loras…, souffle-t-elle. Mes yeux tombent sur ses lèvres, qui se serrent légèrement, comme si elle essayait de contenir un flot d’émotions, tandis que moi, je me perds dans l’observation de leur courbe parfaite. Mon cœur bat plus fort à chaque seconde, chaque mouvement, chaque respiration. Mes lèvres frôlent les siennes, jusqu’à ce que je sente la chaleur de sa peau. Juste avant que le contact ne se fasse, nous nous figeons, hésitants, suspendus dans l’attente du prochain geste. Le monde autour de nous disparaît, nous laissant seuls dans notre bulle. — Et puis zut, je marmonne. D’une main assurée, je caresse sa joue, et son souffle se coupe légèrement. À l’instant où nos lèvres se rencontrent enfin, son corps se rapproche du mien avec une douceur presque irréelle. Je l’attire contre moi, approfondissant notre b****r. Un bruit dans le couloir vient briser notre bulle. La porte…Elle n’est pas fermée à clé ! Je me relève brusquement, les sens en alerte : — Un instant, je murmure. Je me précipite vers la porte, que je verrouille d’un tour de clé afin de prévenir toute intrusion, puis je retourne auprès de Jody. Ses yeux brûlant de désir suivent le moindre de mes mouvements. Je me penche à nouveau vers elle, guidée par la chaleur de son corps. Mes lèvres s’emparent des siennes et je la sens se tendre sous la pression. Mes doigts glissent le long de ses courbes parfaites, remontant sa chemise de nuit à hauteur de ses cuisses. Un gémissement surpris, étouffé par notre b****r, s’échappe de ses lèvres au contact de mon pouce et de mon index contre son bourgeon de chair. Je relève la tête, mon regard plongé dans le sien. Ses mains se referment sur mes avant-bras tandis qu’elle soulève les hanches, à la recherche de friction. Sa voix saccadée franchit la barrière de ses lèvres dans un souffle : — Ne vous arrêtez pas. ** ** ** ** **
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