— Mais vos amis le savent-ils ?
— En doutes-tu ?
— Cela fera scène.
— Pas du tout, nous sommes accoutumés à cela. Ah ! si tous les rosiers du jardin de Noirceuil disaient à quelles substances ils doivent leur beauté…. Juliette…. Juliette, il n’y aurait pas assez de bourreaux pour nous !
— Soyez donc tranquille, monseigneur, je vous ai fait le serment de l’obéissance, je le tiendrai.
Nous rentrâmes. On nous attendait ; les femmes étaient arrivées. Dès que nous parûmes, d’Albert témoigna le désir de passer au boudoir avec Mme de Noirceuil, Henriette, Lindane et deux gitons, et ce ne fut que ce que je vis exécuter à d’Albert après, qui me fit douter de ses goûts. Restée seule avec Lolotte, Églée, quatre gitons, le ministre et Noirceuil, on se livra à quelques scènes luxurieuses ; les deux petites filles, par des moyens à peu près semblables à ceux que j’avais employés, essayèrent de faire rebander Saint-Fond ; elles y réussirent ; Noirceuil, spectateur, se faisait foutre en me baisant les fesses. Saint-Fond caressa beaucoup les jeunes gens et eut quelques minutes d’entretien secret avec Noirceuil ; tous deux reparurent très échauffés, et, le reste de la compagnie s’étant réuni à nous, on se mit à table.
Jugez, mes amis, quelle fut ma surprise, lorsqu’en me rappelant l’ordre secret qui m’était donné, je vis qu’avec la plus extrême affectation c’était Mme de Noirceuil qu’on plaçait près de moi.
— Monseigneur, dis-je bas à Saint-Fond, qui s’y mettait également de l’autre côté… oh ! monseigneur, est-ce donc là la victime choisie ?
— Assurément, me dit le ministre, revenez de ce trouble ; il vous fait tort dans mon esprit ; encore une pareille pusillanimité et vous perdez à jamais mon estime.
Je m’assis ; le souper fut aussi délicieux que libertin ; les femmes, à peine rhabillées, exposaient aux attouchements de ces paillards tout ce que la main des Grâces leur avait distribué de charmes. L’un touchait une gorge à peine éclose, l’autre maniait un cul plus blanc que l’albâtre ; nos cons seuls étaient peu fêtés : ce n’est pas avec de tels gens que de pareils appas font fortune ; persuadés que pour ressaisir la nature, il faut souvent lui faire outrage, ce n’est qu’à ceux dont le culte est, dit-on, défendu par elle que les fripons offrent de l’encens. Les vins les plus exquis, les mets les plus succulents ayant échauffé les têtes, Saint-Fond saisit Mme de Noirceuil ; le scélérat bandait du crime atroce que sa perfide imagination machinait contre cette infortunée ; il l’emporte sur un canapé, au bout du salon, et l’e****e en m’ordonnant de venir lui chier dans la bouche ; quatre jeunes garçons se placent de manière qu’il en branle un de chaque main, qu’un troisième enconne Mme de Noirceuil, et que le quatrième, élevé au-dessus de moi, me fait s***r son vit ; un cinquième e****e Saint-Fond.
« Ah ! sacredieu, s’écrie Noirceuil, ce groupe est enchanteur ! Je ne connais rien de si joli que de voir ainsi foutre sa femme ; ne la ménagez pas, Saint-Fond, je vous en conjure. »
Et plaçant les fesses d’Églée à hauteur de sa bouche, il y fait chier cette petite fille, pendant qu’il s******e Lindane et que le sixième garçon l’e****e. D’Albert, se joignant au tableau, vient en remplir la partie gauche ; il s******e Henriette, en baisant le cul du garçon qui fout le ministre, et manie, de droite et de gauche, tout ce que ses mains peuvent atteindre.
Ah ! qu’un graveur eût été nécessaire ici pour transmettre à la postérité ce voluptueux et divin tableau ! Mais la luxure, couronnant trop vite nos acteurs, n’eût peut-être pas donné à l’artiste le temps de les saisir. Il n’est pas aisé à l’art, qui n’a point de mouvement, de réaliser une action dont le mouvement fait toute l’âme ; et voilà ce qui fait à la fois de la gravure l’art le plus difficile et le plus ingrat.
On se remet à table.
— J’ai demain, dit le ministre, une lettre de cachet à expédier pour un homme coupable d’un égarement assez singulier. C’est un libertin qui, comme vous, Noirceuil, a la manie de faire foutre sa femme par un étranger ; cette épouse, qui vous paraîtra sans doute fort extraordinaire, a eu la bêtise de se plaindre d’une fantaisie qui ferait le bonheur de beaucoup d’autres. Les familles s’en sont mêlées, et, définitivement, on veut que je fasse enfermer le mari.
— Cette punition est beaucoup trop dure, dit Noirceuil.
— Et moi je la trouve trop douce, dit d’Albert ; il y a tout plein de pays où l’on ferait périr un homme comme cela.
— Oh ! voilà comme vous êtes, messieurs les robins ! dit Noirceuil : heureux quand le sang coule. Les échafauds de Thémis sont des boudoirs pour vous ; vous b****z en prononçant un arrêt de mort, et déchargez souvent en le faisant exécuter.
— Oui, cela m’est arrivé quelquefois, dit d’Albert ; mais quel inconvénient y a-t-il à se faire des plaisirs de ses devoirs ?
— Aucun, sans doute, dit Saint-Fond ; mais, pour en revenir à l’histoire de notre homme, vous conviendrez qu’il y a des femmes bien ridicules dans le monde.
— C’est qu’il y en a tout plein, dit Noirceuil, qui croient avoir rempli leurs devoirs envers leurs maris, quand elles ont respecté leur honneur, et qui leur font acheter cette très médiocre vertu par de l’aigreur et de la dévotion, et surtout par des refus constants de tout ce qui s’écarte des plaisirs permis. Sans cesse à cheval sur leur vertu, des putains de cette espèce s’imaginent qu’on ne saurait trop les respecter, et que, d’après cela, le bégueulisme le plus outré peut leur être permis sans reproche. Qui n’aimerait pas mieux une femme aussi g***e que vous voudrez la supposer, mais déguisant ses vices par une complaisance sans bornes, par une soumission entière à toutes les fantaisies de son mari ? Eh ! foutez, mesdames, foutez tant qu’il vous plaira ! C’est pour nous la chose du monde la plus indifférente ; mais prévenez nos désirs, satisfaites-les tous sans aucun scrupule ; métamorphosez-vous pour nous plaire, jouez à la fois tous les sexes, redevenez enfants même, afin de donner à vos époux l’extrême plaisir de vous fouetter, et soyez sûres qu’avec de tels égards, ils fermeront les yeux sur tout le reste. Voilà les seuls procédés qui puissent tempérer, selon moi, l’horreur du lien conjugal, le plus affreux, le plus détestable de tous ceux par lesquels les hommes ont eu la folie de se captiver.
— Ah ! Noirceuil, vous n’êtes pas galant ! dit Saint-Fond en pressant un peu fortement les tétons de la femme de son ami ; oubliez-vous donc que votre épouse est là ?
— Pas pour longtemps, j’espère, répondit méchamment Noirceuil.
— Comment donc ? dit d’Albert en jetant sur la pauvre femme un regard aussi faux que sournois.
— Nous allons nous séparer.
— Quelle cruauté ! dit Saint-Fond qu’enflammaient extraordinairement toutes ces méchancetés, et qui, branlant un giton de sa main droite, continuait de pressurer avec la gauche les jolis tétons de Mme de Noirceuil… Quoi ! vous allez rompre vos nœuds… des liens si doux ?
— Mais n’y a-t-il pas assez longtemps qu’ils durent ?
— Eh bien, dit Saint-Fond, toujours branlant, toujours vexant, si tu quittes ta femme, je la prends ; moi, j’ai toujours aimé dans elle cet air de douceur et d’humanité… b****z-moi, friponne !
Et comme elle était en larmes, en raison des maux que, depuis un quart d’heure, lui faisait éprouver Saint-Fond, ce sont ses pleurs que le libertin dévore et que sa langue essuie ; puis poursuivant :
— En vérité, Noirceuil, se séparer d’une femme aussi belle (et il la mordait), aussi sensible (et il la pinçait)… je vous le dis, mon ami, c’est un meurtre.
— Un meurtre ? dit d’Albert… oui, effectivement, je crois que c’est par un meurtre que Noirceuil va briser ses liens.
— Oh ! quelle horreur ! dit Saint-Fond qui, ayant fait lever la malheureuse épouse, commençait à lui molester cruellement le derrière en lui faisant empoigner son vit ; tenez, je vois, mes amis, qu’il faut que je l’e****e encore une fois pour lui faire oublier son chagrin.
— Oui, dit d’Albert en venant la saisir par-devant, et moi je vais l’enconner pendant ce temps-là. Mettons-la vite entre nous deux ; j’aime étonnamment cette manière de foutre son prochain.
— Et que ferai-je donc, moi ! dit Noirceuil.
— Vous tiendrez la chandelle et vous comploterez, dit le ministre.
— Je veux mieux employer mon temps, dit le barbare époux ; n’occupez point la tête de ma douce compagne ; je veux jouir de sa figure en larmes, la nasarder de temps en temps, pendant que j’enculerai la petite Églée, que deux bardaches se relayeront dans mon cul, que j’épilerai les cons d’Henriette et de Lolotte, et que Lindane et Juliette foutront sous nos yeux, l’une en cul, l’autre en con, avec les jeunes gens qui restent.
La séance fut aussi longue que les tableaux en étaient recherchés ; les trois libertins déchargèrent et la pauvre Noirceuil ne se tira de leurs mains que meurtrie de coups. D’Albert, en perdant son foutre, lui avait tellement mordu un téton qu’elle était couverte de sang. Imitatrice de mes maîtres et parfaitement f****e par deux des gitons, j’avoue que j’avais de même étonnamment déchargé ; rouge, échevelée comme une bacchante, je leur parus délicieuse au sortir de là ; Saint-Fond surtout ne cessait de m’accabler de caresses.
— Comme elle est bien, ainsi ! disait-il, comme le crime l’embellit.
Et il me suçait indistinctement sur toutes les parties du corps.
On continua de boire, mais sans se remettre à table ; cette manière est infiniment agréable, et l’on se grise beaucoup plus tôt en l’employant. Les têtes s’embrasèrent donc de manière à faire frémir les femmes. Je vis bien qu’on ne jetait sur elles que des yeux foudroyants et qu’on ne leur adressait plus que des paroles pleines de menaces et d’invectives. Deux choses cependant s’apercevaient avec facilité : on voyait que je n’étais nullement comprise dans la conjuration et qu’elle se dirigeait presque entièrement sur Mme de Noirceuil ; ce que je savais, d’ailleurs, ne contribuait pas peu à me rassurer.
Passant tour à tour des mains de Saint-Fond dans celles de son mari et, de celles-ci, dans celles de d’Albert, l’infortunée Noirceuil était déjà fort malmenée : ses tétons, ses bras, ses cuisses, ses fesses, et généralement toutes les parties charnues de son corps, commençaient à porter des marques sensibles de la férocité de ces scélérats, lorsque Saint-Fond, qui bandait beaucoup, la saisit, et, lui ayant au préalable appliqué douze claques à tour de bras sur le derrière et six soufflets d’égale force, il la fixa droite au milieu de la salle à manger, dans un très grand écartement, les pieds attachés à terre et les mains arrêtées au plafond. On lui mit, dès qu’elle fut dans cette attitude, douze bougies allumées entre les cuisses, en telle sorte que les flammes, pénétrant d’une part dans l’intérieur du vagin ou sur les parois de l’anus, et calcinant de l’autre la motte et les fesses, contournassent par leur vive impression les muscles du joli visage de cette femme et les déterminassent aux voluptueuses angoisses de la douleur. Saint-Fond, armé d’une autre bougie, la considérait attentivement pendant cette crise, en se faisant s***r le vit par Lindane et le trou du cul par Lolotte ; près de là, Noirceuil, se faisant foutre en mordant les fesses d’Henriette, annonçait à sa femme qu’il allait la laisser mourir ainsi, pendant que d’Albert, enculant un giton et maniant le cul d’Églée, encourageait Noirceuil à traiter encore bien plus mal cette malheureuse compagne de son sort. Chargée de servir et soigner le total, je m’aperçus que les bouts de bougies étaient trop courts pour faire éprouver à la victime le degré de douleur que l’on lui souhaitait ; je levai les flambeaux sur un tabouret ; les cris de la Noirceuil, qui devinrent insupportables, me valurent, de la part de ses bourreaux, les plus grands applaudissements. Ce fut alors que Saint-Fond, qui perdait la tête, se permit une atrocité ; le scélérat, portant une bougie qu’il tenait sous le nez de la patiente, lui brûla les paupières et presque un œil entier ; d’Albert, s’emparant de même d’une bougie, lui en calcina le bout d’un téton et son mari lui brûla les cheveux.
Singulièrement échauffée de ce spectacle, j’encourageais les acteurs et les déterminais à changer de supplice. Par mon conseil, on la frotte d’esprit-de-vin, on y met le feu ; elle a l’air un instant de ne former qu’une flamme, et, quand la matière s’éteint, son épiderme entièrement brûlé la rend horrible à regarder. On n’imagine pas les louanges que cette cruelle idée me valut. Saint-Fond, qu’échauffe étonnamment cette scélératesse, quitte la bouche de Lindane pour venir m’e*****r, toujours suivi par Lolotte qui, par son ordre, ne cesse de lui gamahucher le cul.
— Que lui ferons-nous à présent ? me dit Saint-Fond, en dévorant ma bouche de baisers et me dardant son vit jusqu’aux entrailles ; invente, Juliette, invente donc quelque chose ; ta tête est délicieuse, tout ce que tu proposes est divin.
— Il y a mille tourments à lui faire encore éprouver, répondis-je, et tous plus piquants les uns que les autres.
Et j’allais en proposer quelques-uns, lorsque Noirceuil, s’approchant de nous, dit à Saint-Fond qu’il fallait lui faire avaler tout de suite la dose dont j’étais munie, avant de lui ôter les forces nécessaires à nous donner les moyens de juger et de jouir des effets de ce poison. D’Albert, consulté, est pleinement de cet avis ; on détache la dame et on me la remet.