XVIII Ce soir-là, après le départ des dames, je restai quelque temps à causer avec le docteur du principe qui fixait la retraite nationale à l’âge de quarante-cinq ans. – À quarante-cinq ans, dis-je, un homme a encore devant lui dix bonnes années de travail – manuel et vingt ans de travail intellectuel. Être mis à la retraite à cet âge, pour une nature énergique, c’est, il me semble, plutôt une peine qu’une faveur. Là-dessus, le docteur jeta feu et flamme. – Mon cher monsieur West, s’écria-t-il, vous ne sauriez vous imaginer ce que vos idées du dix-neuvième siècle ont de piquant et d’étrange pour nous autres. Sachez, enfant d’une autre race – ou plutôt d’un autre âge – que le travail que chaque individu doit à la nation, pour lui assurer l’existence matérielle, n’est en aucune façon co


