- Et voilà, tu devrais te reposer quelques jours et tu seras en état de marcher de nouveau, il ne faudra pas trop forcer sur ta jambe, heureusement que l'entaille n'était pas aussi profonde que ça.
Quelques jours ? J'avais prévue de repartir le lendemain matin. La sœur de Jean, Karine, était assez sympathique, elle avait anesthésiée ma jambe pour que je ne puisse ne plus ressentir la douleur après la douche. Ma blessure n'était pas si profonde que ça finalement à mon plus grand plaisir.
- Vous avez dû en faire un long trajet pour venir du pays des quatre nations jusqu'au pays gris, ce soir notre grand mère vous prépare quelque chose de spécial histoire que vous puissiez reprendre des forces toi et ton ami.
Elle pointait du doigt Stan qui était complètement assommé sur le lit d'en face. Les effets du poison avaient commencé à diminuer grandement mais les antidouleurs le faisaient dormir énormément, il avait besoin de repos.
- Ouais, c'était une vrai galère, mais on a quand même survécu.
Je répondais simplement en posant ma tête sur l'oreiller. Ces gens avaient l'air vraiment bienveillants, je n'osais pas leur demander ce qu'il se tramait dans leur village.
- Pourquoi avez vous quitté votre pays ? Ce n'est pas très prudent d'envoyer des jeunes dehors en ces temps de guerre.
- Nous sommes des outsiders, notre but et d'identifier et de tuer l'ennemie principal ainsi que son armée de sbires.
Je n'allais pas lui en dire plus.
- Je vois, vous êtes des jeunes bien spéciaux alors. J'ai toujours cru que les outsiders étaient une légende. Mon frère avait beau me répéter que vous existiez vraiment je n'arrivais pas à y croire mais après avoir vu ce mur de feu immense se dresser entre lui et vous depuis ma fenêtre, j'ai compris que vous étiez bien réels.
- Ouais, c'est parfois dur à croire...
Je répondais simplement, j'avais juste envie de dormir.
- Vous êtes donc venu à trois c'est bien ça ?
- Exacte.
- Votre ami se fait beaucoup de soucis pour vous deux, mais vous serrez sur pieds dans pas longtemps. Avec beaucoup de repos ça devrait aller.
- J'espère que oui.
- Vous savez, nous sommes un tout petit village, le plus petit de tout le pays d'ailleurs, voir de nouvelles personnes arriver fait un bien fou, vous ne pouvez pas imaginer à quel point. Cette ville est devenue morte, le fait de voir de nouveaux visages est très rassurant.
- Jean nous a expliqué brièvement ce qu'il se passait ici, vous pouvez m'en dire plus ?
- Notre frère aîné est passé maire du village après la mort de notre père qui s'est fait tué par un sbire. Nous accusons secrètement notre frère d'avoir fait rentrer un sbire dans le village. Notre père ne fut pas le seul blessé d'ailleurs. Il a imposé ses lois aux autres habitants impuissants, déréglant notre mode de vie complet, il a imposé sa dictature et enferme ou fait exécuter les habitants qui ne respectent pas les règles... mais je trouverai le temps de t'en parler plus tard, tu as besoin de repos pour le moment.
Un sourire rassurant apparu sur son visage et je lui rendais légèrement. Elle quitta la pièce en me disant d'essayer de dormir et qu'elle nous rapportera à manger dans la soirée.
Stan était complètement endormit comme un bébé dans son lit bordé. Elle avait été très douce avec lui aussi. Elle m'avait aidé à prendre une douche et à nettoyer tout ce sang même si ma jambe brûlait sous l'eau chaude, c'était bon pour désinfecter apparement.
On toqua à la porte et le visage de Kurtis se montra à moitié. Il entra et s'approcha de moi en voyant que j'étais la seule réveillée.
- Tu vas mieux ?
Il me demandait en s'asseyant sur le lit. Ses cheveux qui tombaient sur le haut de son dos égouttaient sur son t-shirt propre, il venait sûrement de sortir d'une douche lui aussi.
- Ça va mieux on va dire, Karine à été très gentille avec nous. Elle a dit que je ne pourrais remarcher que dans quelques jours mais on part demain !
- On va rester encore quelques temps ici je pense, histoire de savoir ce qu'il se trame dans ce village fantôme et aussi le temps que tu reprennes des forces et que le poison dans le corps de Stan se soit complètement éliminé.
- Nous n'avons pas le temps de rester quelques jours de plus, il faut partir au plus tard demain soir !
- Tu vas surtout rester bien sagement dans ton lit jusqu'à ce que tu puisses remarcher. Je t'aiderais à descendre pour venir manger en bas. Leur grand mère est très gentille et nous a fait à manger pour quinze limite, alors on va tous lui faire honneur de nous avoir accueillis chez elle... commence pas tes caprices d'enfant.
- J'ai rien dit alors calme-toi. Il va falloir réveiller Stan aussi.
- Je m'en occuperai, maintenant repose toi si tu veux partir le plus vite d'ici va falloir que tu reprennes toutes tes forces.
Il se levait du lit pour commencer à marcher vers la porte.
- Tu vas où là ?
Je lui demandait alors qu'il ouvrait la porte pour pouvoir s'en aller, j'étais super méfiante d'être ici et un rien pouvait m'inquiéter.
- Je vais me reposer dans ma chambre moi aussi, si tu as d'un problème tu n'auras qu'à crier comme tu le fait si bien.
- C'est ça ouais...
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Cela faisait déjà trois jours que nous étions arrivés au village du brouillard, logés, nourris, un toit au dessus de nos têtes, on ne pouvait pas rêver mieux. L'ambiance était macabre mais nous n'osions rien dire par peur de créer des conflits.
Stan allait mieux et était au maximum de sa force, Kurtis lui s'entraînait tous les jours dans la foret d'a côté jusqu'à se vider de ses forces. Quant à moi je pouvais marcher de nouveau, courir était plus compliquer mais marcher me suffisait bien pour le moment.
La nuit était tombée, les lumières de la ville s'étaient allumées et les habitants commençaient à sortir peu à peu.
- Dites moi grand mère, vous sortez un peu dehors vous ?
Je lui demandais en finissant mon repas chaud pour pouvoir sortir et découvrir la ville avec mes coéquipiers.
- Pratiquement jamais, je n'ai pas la force de me déplacer la nuit avec tous ces gens sur le passage, je passe voir mon petit fils aîné de temps en temps très tôt le matin dans ses habitations. Je suis d'ailleurs la seule autorisée à sortir la journée avec les gardiens des rues qui repoussent nos ennemis.
Je hochais la tête trouvant cela assez louche mais je ne disais rien ne voulant pas m'attirer les foudres de cette vieille dame qui avait un sacré tempérament pour son âge.
- Tu es prête ?
Me demandait Stan qui venait de descendre de l'étage pour venir me chercher, j'acquiesçais en me relevant de ma chaise pour aller déposer mon assiette dans l'évier. Kurt n'allait surement pas venir avec nous, il s'entraînait beaucoup trop pour prendre le temps de passer du temps avec sa brigade.
Nous souhaitions une bonne soirée à notre hôte avant de claquer la porte derrière nous. L'air froid frappait mon visage d'un grand fouet, le brouillard était beaucoup moins épais mais toujours présent autour de nous, l'air en était même humide.
- Bon, j'imagine que nous allons devoir explorer les alentours que tous les deux, Kurt s'entraîne près de la forêt.
Je hochais la tête, ça ne m'étonnais pas non plus.
Nous commencions à marcher tranquillement, quittant la propriété où nous logions.
Les rues étaient pleine de vie, les rires des enfants se faisaient entendre, l'odeur de la nourriture provenant des stands, parfumait les rues de la ville, les lumières étaient allumées éclairant notre passage, c'est comme si ils n'étaient pas au courant du danger qui rôdait à côté de chez eux.
- Alors ? Comment tu trouves ce début de mission ?
Stan me demandait pour me sortir de mes pensées, je levais légèrement la tête vers son visage, il avait un petit sourire aux lèvres.
- Fatigant, j'imagine... et toi ?
- Je suis plutôt content, faire équipe avec vous deux n'est pas assez simple on va dire, et votre esprit de rivalité et d'équipe n'arrange rien mais je suis heureux d'être tombé avec vous. J'ai l'impression qu'on trouvera toujours une solution pour s'en sortir et ça me fait plaisir, c'est plutôt rassurant d'être entouré de gens assez puissants, même si pour le moment je ressens que je ne suis que la troisième roue du carrosse et que vous faites tout le boulot à ma place, c'est lourd d'être un fardeau.
- Tu n'es pas un fardeau de quoi tu parles ? Tu as été gravement blessé, c'est normal que tu ne puisses pas combattre pour le moment, maintenant que tu es remis sur pieds tu vas pouvoir montrer au monde entier à quel point toi aussi tu es puissant. Et puis saches que moi aussi je suis assez contente d'être tombée dans ta brigade, tu apportes toujours la bonne humeur et c'est plus qu'important avec nous vu l'ambiance et le froid qu'il y a parfois entre Kurtis et moi, arrête de douter de toi, je t'ai vu en entraînement et tu maitrises l'art du vent comme personne !
Ça m'énervait que Stan pense ça de lui, il était un outsider très puissant mais très calme, il avait une nature un peu peureuse et un grand cœur, c'est pour ça qu'il n'avait pas beaucoup confiance en lui.
- Quand je vous vois, toi et Kurt, j'ai juste le sentiment d'être inutile un peu, l'entraînement c'est pas des situations réelles avec de vrais ennemis, je sais pas si je serai capable de continuer jusqu'au bout.
Je m'arrêtais de marcher brusquement, ce qui m'énervais le plus c'était de voir mes proches se dénigrer et se comparer aux autres.
Stan se retourna vers moi un peu surpris et ma main atterrit sur sa joue violemment.
- Mais pourquoi t'as fais ça ?
Il me criait dessus et un petit sourire apparu sur mes lèvres. Il plaçait ses doigts sur sa joue qui était maintenant devenue rouge, c'était plus fort que moi.
- La prochaine fois que je t'entends te rabaisser comme ça encore une fois ou te comparer à nous ou aux autres... je te brules vif.
Il commençait à rire légèrement avant de passer son bras sur mes épaules.
- T'es une bonne amie finalement... enfin... merci je veux dire. Tu sais je pensais qu'au fond tu étais une fille assez pourrie gâtée qui ne pensait qu'à devenir plus puissante mais finalement t'es juste toi même et je pense que les autres ne le voit pas forcément de cette manière étant donné que tu as vécue des choses horribles à cause d'eux.
- Je sais... je laisse toujours paraître cette facette super extravertie de moi, surtout quand nous étions gosses, c'était un peu ma carapace je pense.
- On va réussir à la briser cette carapace ?
- T'es déjà entrain de le faire, je ne te dirais pas tout ça sinon.
- C'est bon à savoir alors, et maintenant même si on a jamais été proches toi et moi, on peut se considérer amis et coéquipiers à la fois ?
- T'es devenu mon ami le jour où nous sommes tombés dans la même équipe, Stan.
- Tant mieux parce que j'ai un petit truc pour toi. Je suis sorti seul me balader hier soir quand tu dormais et toutes les boutiques étaient ouvertes, j'ai pensé directement à nous quand j'ai vu ça.
Il s'arrêtait de marcher pour se positionner en face de moi fouillant dans sa poche, il y sorti trois bracelets tibétains, sur chacun d'eux il y avait une petite plaque ornée du numéro trois. Ils étaient rouge et un peu épais.
- Le numéro trois et la couleur rouge en révérence à notre brigade, je pensais que ça pouvait essayer de nous unir un peu plus. De plus dans certaines croyances le fils rouge représente ceux qui sont destinés à se rencontrer et ce, indépendamment du temps, de l'endroit ou des circonstances. Il relie des personnes entre elle... c'est symbolique.
Il avait un grand sourire sur le visage et attrapa directement mon poignet droit pour attacher le bracelet autour de celui ci. Il était joli et le geste me faisait extrêmement plaisir. Mon camarade me demanda de lui attacher le sien et c'est ce que je fit, il semblait super heureux et ça me rendait également heureuse de le voir comme ça.
- Merci Stan, c'est sympa.
- Peut être qu'un jour notre brigade finira par devenir la meilleure et que nous serons tous amis.
- Je l'espère aussi... ça risque d'être compliqué mais pas forcément impossible.
- Je donnerai le dernier bracelet à Kurtis quand il reviendra... tu ne veux pas aller manger un bout ? J'ai repéré un Yatai qui avait l'air super cool.
- Ouais, pourquoi pas.
Je répondais en souriant, Stan était le soleil de notre équipe et à ce moment précis je m'étais sentie merveilleusement bien comme si il y avait une connexion spéciale entre lui et moi. Je ne pouvais pas rêver mieux comme coéquipier et je savais que je pouvais compter sur lui ce qui me rassurait énormément.
Nous continuions de marcher à travers les rues de la ville, les passants étaient heureux, ils y avait de la musique parfois pour animer les boutiques et rendre le moment encore plus jovial. Nous avions pris quelques snacks dans l'échoppe que Stan avait repérée hier et continuions notre marche.
- Tu penses vraiment que tous ces gens sont heureux toi ?
Je lui demandais en admirant une mère avec deux de ses enfants qui semblaient manger des sucreries et qui se disputaient gentiment.
- Je ne pense pas, ils font de leur mieux j'imagine, pour essayer de trouver un peu de bonheur... le plus inquiétant c'est que personne ne semble se préoccuper du danger qui rôde à côté.
- Je pense la même chose... nous devrions peut être essayer de changer les choses ?
Je le questionnais hésitante.
- Oui mais comment ?
Je n'en n'avais aucune idée, j'espérais juste qu'il trouve une réponse à ma place.
- Nous ne devrions pas trop tarder, Karine et Jean nous attendent à la maison pour tes traitements.
Je hochais la tête, nous n'avions presque rien vu d'anormal finalement, j'espérais juste que Kurtis ne rentre pas trop tard avant le couvre feu.
- Vous êtes là ! Je vous cherchais !