18. Une lampe éclairait la chambre. M me Aftalion, assise sur son lit, était immobile depuis plusieurs minutes. Elle avait tourné son visage ravagé que des ombres modelaient vers la lumière. Sa gorge, amaigrie comme celle des convalescents, était dégagée et aucune mèche de cheveux ne recouvrait ses tempes creuses. Tout à coup elle se mit à parler seule. Elle avait joint les mains. Comme une enfant, elle paraissait réciter une leçon. À ce moment, Nicolas pénétra dans la pièce. Elle s’interrompit et son regard tomba sur son fils. — C’est toi ? demanda-t-elle en souriant. — Je suis facile à reconnaître. — Tu as entendu les histoires que je m’amuse à raconter. Nicolas n’avait point cessé un instant de penser à Morrachini. Bien que sa mère ne l’eût jamais vu, il fit : — Morrachini, sais-t


