Ça va être mon premier jour d’école

1353 Mots
Ce matin, c'est lundi, l'école a commencé pour moi ! Pour une fois depuis mon arrivée, le réveil n'a pas été brutal. Pas de cris matinaux de la femme de mon oncle. Je sors de la chambre de Junior de bonne heure pour aller me préparer et je la croise dans le couloir. - TIFFANY : Hein !? Bonjour, comment tu as dormi ? Tu n'as pas dormi dans ta chambre ? - DILANE : Bonjour, j’ai bien dormi merci. Euh... Non, j'ai dormi avec Junior. On a parlé tard dans la nuit et puis... le sommeil m'a vaincu, tu vois ?! - TIFFANY : Hummmm, d'accord... On ne veille pas tard le dimanche. Dépêche-toi de te préparer. Jusqu'ici, je n'avais jamais eu d'affrontement avec elle, ni même un échange direct. On ne s'était jamais assis pour essayer de parler, même un peu. C’est vrai que ça ne faisait que quelques jours que j’étais ici, mais à la vue de la description que Junior m’avait fait sur elle, la situation avec elle me plaisait et je souhaitais même quelle continue comme ça. Après les petites scènes qui s’étaient déjà déroulées avec elle, j’étais en état d’alerte maximale. Je me rends dans ma chambre, me plante devant la porte et hésite à entrer. Un moment s’écoule et puis mon oncle arrive. - ONCLE : Mais qu’est-ce que tu fais là, immobile comme un vigile ? Le temps passe, tu devrais te préparer. Tu ne veux pas être en retard et devoir aller à l’école par tes propres moyens. Je le fixe sans répondre, sans bouger. Il s’approche. - ONCLE : Qu’est-ce qui te prend de me regarder comme ça ? Viens ! Il ouvre la porte de ma chambre et nous entrons tous les deux. Il pense que je suis mal à l’aise à l’idée d’intégrer une nouvelle école en cours d’année. - ONCLE : Bon mon fils, je peux comprendre que ce soit frustrant de changer de pays du jour au lendemain… Mais tu sais aussi que si tes parents avaient eu une meilleure alternative que de t’envoyer ici, tu ne serais pas là. Cependant, s’ils ont décidé de te faire venir, c’est parce qu’ils savent que tu es autant chez toi ici qu’en Angleterre. Si tu as un problème, que ce soit ici ou à l’école, parles-en à Junior ou vient me voir directement. D’accord ? Et c’est d’un hochement de tête que j’avais acquiescé à tout ce qu’il venait de dire pour me rassurer. Il se leva donc de mon lit, où nous nous étions assis avant de commencer à parler, pour partir. Mais une fois arrivé près de la porte, il s’arrêta comme s’il venait de se rappeler quelque chose. Il inspecta ma chambre, son regard se posant sur les recoins et finissant par la fenêtre où les rideaux n’étaient pas tirés. - ONCLE : Hummm… J’espère que tu n’as pas dormi avec ces rideaux ouverts, hein ? - DILANE : Non non, Dilane m’a déjà dit de toujours les fermer. - ONCLE : Okay… Il ne faut jamais oublier de le faire. Si des choses que tu as du mal à comprendre arrivent, n’hésite surtout pas à en parler. - DILANE : Justement, tonton, à propos… - ONCLE : Oui, quoi ? - DILANE : J’ai… J’ai… Je crois que j’ai vu une quelque chose. Mais au même moment, la petite Amanda sauta sur lui en faisant le maximum de bruit. Elle ne voulait pas partir à l’école. Malheureusement, il n’avait pas entendu ce que je lui avais dit. - ONCLE : Dilane, qu’as-tu dit ? Je ne t’ai pas entendu. - DILANE : Ce n’est pas grave, il faut que j’aille aussi me préparer pour l’école. - ONCLE : Okay, on en parlera ce soir alors. Je prends rapidement mon bain, m’habille et je suis prêt pour ma première journée d’école. Junior vient me chercher et nous nous mettons en chemin. J’arrive au collège et, comme je suis nouveau, je me présente d’abord au bureau du principal. Il se charge lui-de me conduire en salle de classe. On me présente à tous les élèves et on m’attribue une place. Je fais la connaissance de quelques personnes, notamment mes voisins de banc et quelques curieux qui viennent d’eux-mêmes. Le principal n’a pas manqué de dire à toute la classe que je venais d’Angleterre, et c’est comme si tout le monde cherchait à devenir mon ami. Le reste de la journée se passe bien. Même si, pour un nouveau, ce n’est pas évident, je réussis tout de même à m’intégrer parmi les anciens. Il se trouve d’ailleurs que je suis quelqu’un d’assez sociable. Mais néanmoins, j’ai l’impression d’être le plus jeune de la classe. Ceux qui sont dans la même tranche d’âge que moi se comptent sur le bout des doigts, pour une classe d’environ 50 élèves. La journée se termine enfin. À peine sortie de ma classe, je vois déjà Junior arrivé, accompagné de Stéphane. Ils viennent me chercher pour qu’on rentre. - STÉPHANE : How Dilane ? On dit quoi ? J’oubliais de vous dire… Ce qui m’a le plus intrigué ici, c’est cette façon que les Camerounais ont de mélanger le français et l’anglais. Ils appellent ce langage ou cette façon de parler le « francamglais », un mélange du français et de l’anglais. - DILANE : Ça va, et toi-même ? - STÉPHANE : Tranquille bro. - JUNIOR : Et donc ? Raconte-nous, comment était ta première journée ? Je lui raconte en détail tout ce qui s’est passé. Il me rassure en me disant que c’est normal pour une première journée, et que tout se passera mieux quand les autres seront habitués à moi. Nous ne tardons pas et sortons directement de l’établissement. Nous rentrons à pied à la maison. Lorsque nous arrivons, tout le monde est déjà là, à l’exception de Marie-Louise. Moi, je vais directement dans ma chambre. J’avais un peu oublié ce qui s’était déjà passé la nuit dernière. Je mets une culotte et cherche le t-shirt que je vais porter lorsque j’entends la porte s’ouvrir doucement. Mon cœur s’emballe et j’ai des frissons. Je suis de dos et j’ai peur de me retourner. Puis j’entends une petite voix : - AMANDA : Papa m’a dit que je viens t’appeler. C’est la petite Amanda. Je me retourne et elle est déjà en train de marcher vers mon lit. Elle monte dessus et s’assoit, m’attendant. Je finis d’enfiler le t-shirt que j’avais déjà pris et nous partons, elle me tient par la main. Nous arrivons près de son père. - AMANDA : Papa, le voici alors. - ONCLE : Je vois qu’Amanda t’a escorté. Héhéhé, cette enfant est comme ça. - DILANE : Je vois ça. Elle est adorable. - ONCLE : Sinon, raconte-moi, comment était ta première journée à l’école ? À cette question de mon oncle, je réponds comme tout élève normal qui vient de passer sa première journée de classe dans un nouvel établissement : - DILANE : J’ai eu quelques petites difficultés, mais je pense que ça ira. Je n’ai pas eu de mal à m’intégrer, donc… - ONCLE : Okay… Sinon, de quoi tu voulais me parler ce matin ? - DILANE : Euh… Bon, c’est… - ONCLE : Oui, qu’est-ce que c’est ? Et du coup, je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai plus envie d’en parler. Je me sens subitement ridicule. Je lui demande donc autre chose : - DILANE : C’est que je me demandais si les sirènes existent pour de vrai… Avec leur queue de poisson et tout ça. - ONCLE : Pourquoi ? Tu en as vu une ? - DILANE : Non ! Mais… Euh… Non, mais maman m’avait dit que papa avait eu un accident dans l’eau. C’est pour ça que nous ne sommes jamais partis à la plage. Même la piscine, on n’en avait pas chez nous… Donc, je me demandais ce qui lui était arrivé. - ONCLE : Ah, okay. Bon, ça fait quand même longtemps, mais je vais te raconter ce dont je me souviens. Viens, assieds-toi.
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