Tandis que nous conversions sur la terrasse, Junior et moi, nous ne vîmes pas le temps passer, ni même quand sa belle-mère arriva. Nous avons juste remarqué sa présence quand elle se mit à nous parler.
- TIFFANY : Je dis hein, vous n’avez rien d’autre à faire que de bavarder ? Dilane, les plats sont-ils propres ? Dans quoi allons-nous manger aujourd’hui ?
Bien évidemment, une fois de plus, elle ne cherchait que des noises. Junior voulut une fois de plus réagir, mais je l’interrompis aussitôt.
- DILANE : Désolé tante… Je vais faire la vaisselle de ce pas.
Je me lève pour me rendre directement dans la cuisine. Junior, quant à lui, reste encore assis. Je n’ai pas besoin de regarder pour savoir qu’ils échangent des regards. Puis je l’entends dire :
- JUNIOR : C’est-à-dire que… je ne comprends pas ce qui te dérange quand tu vois les gens se détendre comme ça. Est-ce que c'est lui qui fait souvent la vaisselle ici ?
- TIFFANY : À qui crois-tu parler comme ça, espèce de petit insolent ? Tu me vois là, je ressemble à ta sorcière de…
- JUNIOR : Essaie donc de terminer ta phrase ! Qui veux-tu traiter de sorcière ?
Dilane se crispe. La tension est palpable sur la terrasse entre Junior et sa belle-mère. Il sent son cœur battre à tout rompre. Junior se lève à son tour et se dirige vers Tiffany. Son regard est noir de colère.
- DILANE : Junior, s’il te plaît, tu peux me donner un coup de main ?
Il prend quelques secondes avant de lui répondre.
- JUNIOR : D’accord… J’arrive. Dit-il sans lâcher sa belle-mère du regard.
Junior le rattrape et ils se dirigent vers la cuisine pour faire la vaisselle.
- JUNIOR : Cette femme, vraiment… Il y a quelque chose de malsain chez elle. D’habitude, c’est toi qui fais la vaisselle ici ?
- DILANE : Non, mais si je peux le faire aujourd’hui, ça ne me dérange pas…
- JUNIOR : Non, Dilane, tu n’as pas compris. Elle a fait ça pour une raison. Je te dis qu’il y a quelque chose qui cloche chez elle. C’est incroyable de chercher des problèmes à quelqu’un à ce point.
En réalité, Dilane serre les dents. Il a envie de crier, de pleurer, peut-être même de tout casser. Mais il se retient. Il ne veut pas donner à Tiffany la satisfaction de le voir perdre son sang-froid, et encore moins risquer que Junior ait des problèmes à cause de cela.
- DILANE : Quand bien même Junior… Il faut que tu te calmes.
Il le regarde un instant. Puis, il hoche la tête en silence.
La tension sur la terrasse est retombée, mais l’atmosphère est toujours pesante. Dilane et Junior lavent la vaisselle en silence, chacun perdu dans ses pensées.
Dilane est bouleversé par l’attitude de Tiffany. Au fond, il se sent blessé et humilié. Mais il est aussi inquiet pour Junior. Il sait désormais qu’il est impulsif et qu’il pourrait facilement se laisser emporter par sa colère. Un problème dans cette maison arrivera très vite aux oreilles de sa mère. Au final, ce n’est que son bien-être qui compte.
Quant à Junior, il est furieux contre Tiffany. Il a envie de protéger Dilane, de le défendre contre cette femme cruelle qu’il connaît depuis des années. Même si Dilane ne laisse rien paraître, Junior sait très bien qu’avec tout ce qu’il vit déjà, il est à bout de nerfs. Mais il sait aussi qu’il doit se calmer, car s’il dérape, il pourrait également attirer des problèmes à Dilane.
Plus tard, lorsque la nuit était déjà tombée, Dilane se rendit au salon pour présenter ses excuses à sa belle-tante.
Deux minutes plus tôt.
« Junior entend Dilane sortir de sa chambre pour se diriger vers le salon. À son tour, il sort de la sienne et se dirige vers celle de son père.
- JUNIOR : Papa ?
- PÈRE : Oui, Junior. Tu peux entrer. Que se passe-t-il ?
- JUNIOR : Ça pourrait aller si celle qui te sert de femme lâchait un peu Dilane.
- PÈRE : Comment ça ? Qu’est-ce qui s’est encore passé ici aujourd’hui ?
- JUNIOR : Tu n’as qu’à demander ça à Tiffany, ta chérie.
Il sort immédiatement de sa chambre et se dirige vers le salon, où il entend toute la phrase d’excuse de Dilane. »
- DILANE : Je suis désolé pour ce qui s'est passé aujourd'hui, si tu souhaites que désormais, je m'occupe de faire la vaisselle, alors je le ferai.
Le père de Junior est au salon tenu derrière Dilane, celui-ci ne l'a pas encore remarqué.
- TIFFANY : Okay j'ai compris. Dit-elle d'un ton désintéressé.
Dilane se retourne et croise le regard de son oncle.
- DILANE : Bonsoir tonton, je ne savais pas que tu étais là.
Il regarde un instant derrière lui pour voir sa belle tante.
- ONCLE : Bonsoir fiston, tu passes une bonne nuit hein.
Et puis Dilane continu son chemin vers sa chambre. Il croise Dilane au couloir et quand il veut parler junior met son doigt sur ses lèvres passant le message à Dilane de se taire. Son intention était d’entendre ce qui va se dire au salon.
- ONCLE : Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de vaisselle là ? C'est déjà lui qui lave les assiettes ici ?
Après cette phrase de mon oncle que nous avions entendu, je dis à Junior :
- Je doute fort que son timing a été bon.
- JUNIOR : Je n’allais pas rester les bras croisés et la voir prendre le dessus sur toi, quand même. Si jamais, elle y arrive, elle fera de ta vie un enfer ici.
- DILANE : Dans ce cas, merci pour ton aide.
- JUNIOR : Bon… Ce n’est pas tout… Mais je vais me coucher maintenant.
- DILANE : Bien sûr… Moi aussi. Bonne nuit, frangin.
- JUNIOR : Ouais, c’est ça, bonne nuit Dilane.
Junior était persuadé que la femme de son père cherchait une confrontation avec moi. Il est vrai que je n’étais pas du même avis, mais je préférais tout de même éviter de me retrouver dans cette situation. Ma belle-tante sautait sur toutes les occasions pour me réprimander pour rien du tout. Elle entrait même parfois dans ma chambre sans s’annoncer. Là, elle regardait juste la chambre comme si elle cherchait quelque chose, et si elle voyait ne serait-ce qu’un habit mal placé, elle me disait :
- TIFFANY : Mais c’est quoi ce désordre ? Tu n’as pas honte de laisser trainer tes habits comme ça ? Range-moi ça vite.
Quand c’était le cas, sans répondre, je m’exécutais immédiatement. Puis, elle repartait en marmonnant autre chose, mais je n’y prêtais jamais attention. C’était exaspérant, mais si je le supportais avant tout, c’était parce que je pensais à ma mère, à mes parents. Pour rien au monde, je n’aurais voulu appeler ma mère pour lui dire que j’ai des problèmes dans cette maison.
Deux semaines viennent encore de s’écouler, je n’échange pas assez avec ma mère, mais nos petites conversations me laissent clairement comprendre qu’elle est à bout.
Pendant ce temps, quelque chose que j’ignorais était en train de se passer et je n’allais plus tarder à le savoir.