Épisode 03

934 Mots
(LE POINT DE VUE : AMIA) Dès que je remarque que le bandage commence à se détacher, je me précipite à la hâte de son côté et j’appuie doucement ma main contre sa plaie. — Essaie de ne pas bouger ou ta blessure mettra plus de temps à guérir. Ses yeux bleus de bébé me fixent attentivement pendant que je le réprimande, ce qui me fait me retirer brusquement. Maintenant qu’il a son arme à la main, je comprends qu’il pense que je veux lui faire du mal. Je pousse un soupir de soulagement quand il éloigne sa main après avoir remarqué que je regarde dans sa direction. — Ton nom complet, Amia. — Désolée, mon nom complet est Snow, Amia Snow. Je réponds rapidement à sa question précédente. — Dis-moi, Amia, tes parents ne t’ont-ils jamais dit de ne jamais inviter un étranger chez toi ou de ne jamais parler avec des inconnus ? Il me parle comme si j’étais une gamine sans aucune expérience de la vie. — Si, mais tu allais mourir ; toute personne avec un minimum de conscience aurait fait la même chose. J’hésite à parler, ne sachant pas si j’ai bien fait de l’aider. — Je vois. Il pousse un petit bourdonnement. — Un peu de prudence la prochaine fois, petite. Si un jour tu vois quelqu’un en train de mourir dans la rue, laisse-le. Peut-être que tu vivras assez longtemps pour voir le lendemain. — Tu dis que j’aurais dû te laisser mourir, alors ? Je l’interroge, un peu choquée par sa suggestion. Malheureusement, je dois avouer que mes parents auraient été d’accord avec lui. Je fais la moue, troublée par ma propre indifférence. Il reste silencieux cette fois, m’observant avec une attention particulière au lieu de répondre. — Qui es-tu ? Quel est ton nom ? Il doit être quelqu’un de dangereux. Je n’ai jamais vu autant de tatouages sur une seule personne, ni une vision de la vie aussi sombre. — Je suis quelqu’un que tu ne reverras jamais. Quelqu’un que tu ne pourras jamais connaître, petite. C’est plus sûr pour toi comme ça. Je vais partir dans l’heure. Je fronce les sourcils. Peut-être que j’aurais dû le laisser mourir. Son corps couvert de tatouages est un avertissement en soi. Et ses paroles le confirment. — Je suis convaincue que tu n’es pas foncièrement mauvais. Si tu l’étais, tu m’aurais déjà fait du mal. — Est-ce que j’ai l’air d’un type qui ferait du mal à quelqu’un dans ce genre de situation ? Il arque légèrement un sourcil dans ma direction. — Encore une fois, tu n’as pas d’arme ? Il reste silencieux, ses yeux bleus toujours posés sur moi pendant que je fais cette remarque. — J’ai réussi à enlever les taches de sang de ta chemise. Elle devrait être sèche d’ici une heure. Je murmure, pendant qu’il pose sa tête contre mon lit en fermant les yeux. Je vais à la salle de bain pour prendre une douche rapide, en verrouillant soigneusement la porte et en réfléchissant à tout ce qui vient de se passer. Au début, j’étais fière d’avoir sauvé sa vie. Mais maintenant, je me sens idiote, parce que la personne que j’ai sauvée m’a pratiquement réprimandée pour ça. Deux raisons expliquent cela : soit je suis complètement folle, soit il est totalement ingrat. Peut-être les deux. Je suis stupéfaite quand je reviens dans ma chambre après la douche et découvre que Monsieur Dangereux est parti. Il n’a même pas pris la peine d’emporter sa chemise. — Eh bien, tant pis pour avoir voulu être utile. La prochaine fois que j’essaierai de sauver la vie de quelqu’un, ce sera trop tôt. Je soupire. Cela fait trois jours que je n’ai pas vu Monsieur Dangereux, même avec ses blessures, mais il occupe toutes mes pensées. Je ne peux pas oublier ses yeux bleus qui me regardaient intensément. Même s’il y a une toute petite part de moi qui voudrait le revoir, je sais que c’est mieux ainsi. Après tout, c’est un homme dangereux. Je termine mon repas, je pousse un gémissement et je décide d’aller me coucher. C’est ridicule. Je suis complètement fascinée par lui alors que je ne le connais même pas. Je ne sais même pas son nom, bon sang ! J’entre dans ma chambre et je verrouille la porte derrière moi. En me retournant, je remarque une silhouette assise sur la chaise de ma chambre. Je sursaute et porte une main à ma poitrine, choquée. — Tu avais une fenêtre ouverte. La voix grave de l’homme séduisant me fait frissonner. — Eh bien, je ne m’attendais pas vraiment à de la compagnie ce soir. — Tu as d’autres invités qui grimpent par ta fenêtre la nuit ? Même s’il ne cherche pas à m’intimider, sa voix a une teinte sévère. — Non. Vraiment non. Je tripote mes doigts, consciente qu’il attend une réponse. — Hmm. Je l’entends murmurer faiblement. — Essaie de ne pas sentir si… si séduisante la prochaine fois. Si mes parents sentent ton parfum, ils pourraient se méfier. Ses yeux bleus brillent légèrement alors qu’il incline la tête, attendant ma réaction. Je rougis en marmonnant doucement. Pourquoi ne puis-je pas simplement rester calme ? — La prochaine fois, petite ? Il m’interroge. Je me racle la gorge et décide de changer de sujet. — Comment tu vas… euh, avec ta blessure ? Je me maudis intérieurement pour mon bégaiement. — Heureusement, grâce à toi, ma blessure devrait être complètement guérie très bientôt. Je hoche la tête, sans oser parler de peur que ma voix me trahisse.
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