Épisode 04

977 Mots
(LE POINT DE VUE : AMIA SNOW) — De toute ma vie, je n’ai jamais vraiment exprimé de gratitude. Je t’ai apporté quelque chose en gage de mon appréciation. Mes yeux se tournent aussitôt vers son regard attentif alors qu’il me fait signe de passer de l’autre côté du lit. Sans attendre, je me dirige vers le côté opposé du lit, marchant devant lui et découvrant plusieurs sacs posés là. Je déchire le grand sac carré et découvre une énorme télévision à écran plasma à l’intérieur. Je reste bouche bée. — Je peux pas accepter ça… Je me redresse d’un coup, sentant sa silhouette juste derrière moi. Je me retourne rapidement et me cogne contre son torse. Ses mains attrapent ma taille pour m’empêcher de tomber alors que je lève les yeux vers ses iris bleu clair qui rencontrent mes prunelles couleur miel. Je me détache de lui, troublée. Pendant un instant, je me sens complètement absorbée par son regard. Pendant un instant, j’ai envie d’y rester pour toujours. Ma propre réaction me déstabilise. Son toucher, ses yeux... tout cela me trouble profondément. — Je… Avant que je puisse continuer, il m’interrompt. — Tout ce que tu vois a déjà été acheté. Les reçus sont dans les sacs, au cas où tu crois que je suis un voleur. Je l’ai fait parce que tu m’as sauvé la vie. Si tu décides de ne pas les accepter, tu es libre d’en faire ce que tu veux. Un frisson me parcourt la colonne vertébrale en entendant sa voix grave et séduisante. — Je ne pensais pas que tu étais un voleur, dis-je rapidement pour m’expliquer. Même si je pense que tes cadeaux sont incroyables, ils ont dû te coûter une fortune… Je ne veux pas te mettre une pression financière. Un simple "merci" aurait suffi. Un petit sourire narquois se dessine sur ses lèvres. — Je n’ai jamais rencontré une femme comme toi. Tu es la première. Amia, ce sont des cadeaux que tu as mérités. Je te conseille de les prendre, surtout si tu t’inquiètes de leur valeur. Ce serait dommage qu’ils soient gaspillés, je n’en ai pas besoin. Me sentant observée, je hoche la tête avec un petit sourire et me retourne pour découvrir les autres sacs. Ils contiennent un iPhone dernière génération, un collier de diamants magnifique, une boîte de chocolats, des vêtements et une multitude d’autres cadeaux. Je m’assieds sur mon lit, haletante, en ouvrant chaque paquet un par un. On aurait dit qu’il avait vidé un centre commercial pour moi. Il me regarde tout le long, silencieux. Je sors quelques-uns des reçus et manque de m’étouffer en voyant les prix. — Quarante mille dollars pour un collier en forme de cœur serti d’or ?! Et trois mille pour ce téléphone ?! Je chuchote en criant presque, cherchant une réaction de sa part, mais il reste silencieux. Je prends une enveloppe, la déchire… C’est un séjour d’un mois, tout compris, dans un complexe privé pour deux. Je reste bouche bée, les joues rouges. — Ces reçus sont pour tes parents. Je souris en pensant à mes parents. Ils adoreraient ça. — Mes parents n’ont rien eu de bien depuis des années… Je pense qu’ils apprécieront. Maintenant, il ne me reste plus qu’à trouver une façon de leur faire accepter. Je souris doucement. — C’est trop… — Prends-les. Il me coupe encore, sa voix ferme, sans appel. C’est beaucoup… vraiment beaucoup… pour une simple étrangère. Il doit être sacrément riche. Je fais la moue, un peu dépassée. — Je me demande ce que tu offres à tes proches… Si tu offres autant à une inconnue comme moi, tu dois sûrement leur acheter des îles… Je plaisante, mais il ne rit pas. Il continue à me fixer. Adieu mon sens de l’humour… — S’ils le méritent, alors oui. Il dit ça simplement, et étonnamment, ça ne me choque même plus. — Merci. Je le remercie sincèrement. Il se retourne pour s’éloigner, prêt à sortir par ma fenêtre quand je l’arrête : — Attends… Est-ce que j’ai au moins le droit de connaître ton nom ? Je suis curieuse. — La prochaine fois, ferme bien ta fenêtre, Amia Snow. Il répond simplement avant de me laisser seule. Je l’observe monter dans une voiture luxueuse garée non loin, puis partir. Je soupire en fermant les fenêtres. Je retourne vers les cadeaux. Je ne veux pas paraître ingrate… J’aime vraiment ces articles, mais j’aurais préféré recevoir de l’argent. Quelque chose d’utile, comme de la nourriture, parce que ma famille et moi, on en a vraiment besoin. Mais je suis tout de même reconnaissante pour sa générosité. C’est étrange… Je ne l’ai rencontré que deux fois, mais je me sens en sécurité avec lui. Une sensation étrange et rassurante que je ne comprends pas. Sous une pile de papier, je remarque une petite boîte non ouverte. Je l’ouvre et découvre… des liasses de billets. Des milliers de dollars. Je referme la boîte brusquement, choquée, puis je l’ouvre à nouveau pour m’assurer que je ne rêve pas. Mon Dieu…! Il y a un mot à l’intérieur, avec le montant écrit dessus : cinquante mille dollars. Je mets la boîte de côté, incapable de décider si je dois la garder ou la rendre. C’est vrai que j’ai dit que j’avais besoin d’argent… mais le dire et le recevoir réellement, ce sont deux choses très différentes. Jamais je n’avais vu autant d’argent de ma vie. Je ne connais même pas son nom. L’argent est tentant, évidemment. Mais… je vais le garder pour le moment, juste au cas où il reviendrait le réclamer. Je prends mon nouveau téléphone, curieuse, et commence à le paramétrer. En important mes contacts, un nom s’affiche. Son nom. Marcello. — Marcello… Je répète son prénom à voix basse, un sourire s’échappant malgré moi. Au moins, maintenant, je sais comment l’appeler.
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