Jean retourne à Terre-Dieu. Il n’est pas remis de son chagrin angoissant, il a besoin de revoir la ferme parentale. Julius et son écurie, ce cheval qui a été son compagnon de jeu et qui le reconnaissait au son de sa voix. La douceur de ce hongre d’une tonne, taquin et amateur de croûtes de pain, qui coinçait son énorme museau contre son épaule et fermait les yeux pendant quelques secondes, le temps d’une caresse, l’émeut à des décennies de distance. Des chevaux qui partaient à l’abattoir parce que l’homme les remplaçait par une machine. Le Someca, unique tracteur épuisé de sa vaillance au travail… La maison à l’accueil proverbial… Les granges en cours d’écroulement, le cuvier défoncé aux bacholles avachies, aux tonneaux décerclés… Les terres abandonnées. Des débris de toutes sortes, des bâ


