Aussi le lendemain, effrayé de cette noirceur sauvage qui ne se lève pas, lui qui a même eu peur d’une vache trop proche de la haie le long de la route, qu’il a entendu bouger au dernier moment et qui lui a fait un haut le cœur à crier, emprunte-t-il la route interdite. Il marche vite, certes, mais ses pas résonnent. Ce chemin maudit, élargi depuis peu et goudronné, pour faciliter le passage des camions, ne s’écarte pas de la maison du grand Antoine. La route, puisqu’il convient de la nommer ainsi, longe le corps de ferme prétentieux, un mur opaque au droit du domaine public, et que celui-ci repousse en ne tolérant pas même une b***e d’herbe. Jean frôle donc le bâtiment, mais les chiens peu habitués à son passage manifestent à qui mieux mieux. Un concert d’aboiements, de jappements, de hur


