De ce jour, Jean organise sa revanche. Il fend le bois avec la cognée jusqu’à que ses bras ne puissent la relever. Il frappe dans l’air de grandes circulaires, des crochets, des lignes droites, des uppercuts. D’autres fois, c’est la paille que ses poings heurtent avec des mouvements vifs et secs. Il ne rechigne jamais, soulève plus de bottes de foin qu’il ne faut. Il fauche avec sa jambe — ou plutôt tente de le faire — un baliveau de frêne sur un talus proche, souple à souhait, mais toujours remontant. Un arbre que les paysans n’aiment pas abattre parce qu’il est capable de se retourner sur lui-même et de tomber là où on ne l’attend pas. Un meurtrier d’hommes, un cabosseur de crânes… Il fait froid, les vitres des chambres gèlent de l’intérieur. Jean attend la rentrée. Il longera chaque ma


