Chapitre 3 : L’enquête !-2

2040 Mots
–Bonjour, répliqua John. –Hello ! Sander ! Vous êtes le fameux Sander, l’histoire de la femme disparue l’an dernier et que l’on n’a jamais retrouvé le corps ! –Oui, c’est bien moi, répondit-il légèrement agacé qu’on lui répète chaque fois la même phrase ! Je suis venu vous voir à propos de l’homme que vous avez arrêté le mois dernier suite à l’appel d’Enna ! Je suis à sa recherche depuis plus d’un an maintenant sans résultat ! –En quoi cela vous regarde, dites-moi ! dit-il en le regardant fixement en changeant d’attitude avec l’air soupçonneux d’un flic qui reprenait son service. –Je voulais simplement savoir ce qu’il aurait pu vous dire car cet homme rôdait sur les lieux de la disparition de ma femme ce jour-là, la police de Pomerol ne m’a pas cru à l’époque et pourtant, il était bel et bien présent ce jour-là ! Je le revois, sortant de cette grotte en hurlant ! Il avait même fait très peur à ma femme. –Ceci est une enquête policière Sander et je n’ai pas à vous répondre, vous n’êtes pas de la police, ni un enquêteur privé que je sache ! –Non mais ! –Allez Bruce, dis-lui ce qu’il veut savoir, ce n’est quand même pas si grave ce qu’il te demande, cela restera entre nous disons, n’est-ce pas ! dit Enna d’un ton révélateur d’un passé commun. En effet, Enna avait été l’une de ses aventures qui dura six jours, alors comme un service qu’elle demandait, il ne pouvait pas lui refuser sa demande en faveur de John. –Bon ! dit-il en soufflant, puis avalant une gorgée de sa bière qui devait plus être vraiment fraîche, en effet, j’ai bien arrêté cet homme, il y a un mois, dit-il en reprenant une autre gorgée de bière. Il a été dur à appréhender, n’arrêtant pas de gesticuler, et de crier, on a dû le menotter, il donnait des coups à mon adjoint, ce n’était pas possible de le gérer ainsi, puis on l’avait également bâillonné tellement ses cris nous perçaient les tympans. –Il ne vous a absolument rien dit ! S’il vous plaît ! lança John, comme un homme qui demandait l’aumône, c’est très important pour moi ! –Non, non ! Mais si attendez ! À un moment donné, il a bafouillé parlant d’une grotte qui était dangereuse dont il ne fallait surtout pas s’approcher ! C’est tout ! En revanche, nous avons remarqué au moment où le médecin est venu le voir pour une visite médicale obligatoire quand l’on trouve un vagabond, et sur sa nuque, caché derrière le lobe de son l’oreille, se trouvait un petit tatouage, qui ressemblait à deux barres verticales avec une en forme de vague au-dessus ! On n’a pas pu identifier ce tatouage, ni qui faisait ce genre de tatouage, ni de trace dans les fichiers du centre de la police ! Pas d’identité, le parfait inconnu. De plus il était sale et sentait le putois. Nous l’avons ensuite amené à l’hôpital de psychiatrique Les Émeraudes à Sodfil, c’était la seule chose à faire avec ce genre d’individu. C’est à une demi-heure de route d’ici, mais je ne pense pas que l’on vous laissera le voir ! –Tans pis ! je tente ma chance quand même, merci encore pour votre aide, au revoir shérif. –De rien John, dit-il en finissant sa bière, heureusement que vous êtes venu avec Enna, sinon je ne vous aurais rien dit. Enna sourit et lui déclara : –Toujours le même hein, Bruce, allez bonne pêche et fais gaffe à pas trop boire de bière sinon tu vas être obligé de t’arrêter toi-même pour état d’ébriété sur la voie publique. Ils se mirent tous à rire en même temps. Allant vers la voiture John dit à Enna : –Je vous ramène chez vous Enna ! je vais aller à Sodfil tout de suite, maintenant que je suis près du but, je vais peut-être en savoir plus sur ce qui s’est passé. –Je prends goût à votre enquête, elle me rend curieuse d’en savoir plus, je veux vous aider ! je pars avec vous, vous verrez, je vous serai très utile encore une fois là-bas ! –Merci mais vous avez déjà fait beaucoup, mais pourquoi vous me serez utile là-bas ? –J’ai une amie qui y travaille, c’est le chef des cuisines du centre. On en aura sûrement besoin ! –Vraiment ! J’ai de la chance dites donc, de vous avoir rencontrée, si je comprends bien, mais je ne voudrais pas vous impliquer dans mes problèmes. –Ah ! Trop tard, je le suis déjà ! Vous voyez alors dites oui ? Et puis pour moi cela me fera un sujet d’étude de psychologie, j’en rêve depuis fort longtemps ! –D’accord j’accepte, merci Enna cela fait un bout de temps que je n’y croyais plus, j’ai l’impression que cette fois-ci, j’ai peut-être une chance de découvrir enfin la vérité. –Voilà c’est cela John, il faut continuer, se battre c’est le sel de la vie, j’ai connu cela quand j’ai perdu mon frère dans un crash d’avion, il y a dix ans maintenant, je me suis démenée pour faire éclater la vérité et j’y suis arrivée, alors je comprends ce que vous ressentez et j’aurais aimé être soutenue. –Ceci me touche beaucoup Enna, je ne sais faire de grands discours, mais merci du fond du cœur. Les kilomètres qui restaient à faire furent vite avalés, un record vingt minutes à peine, pour lire le panneau indicateur qui annonçait, « Sodfil 20 000 habitants, nous sommes heureux de vous souhaiter la bienvenue », avec une loutre mascotte de la ville dessinée sur le dessus de la pancarte. Sodfil était une ville vivant essentiellement de son industrie électronique et de son tourisme, on pouvait y trouver un terrain de golf où avait lieu chaque année un grand concours au niveau national, son légendaire bal d’Halloween en automne, le grand lac avec ses concours de pêche, sans oublier la spécialité locale ! La sublime truite fumée au bois de hêtre ! Recette jalousement gardée par les restaurateurs locaux, faisant le régal des amateurs. –Tournez à droite John, l’hôpital est dans cette direction, voilà on y arrive c’est là le portail blanc grand ouvert. Après avoir passé le magnifique portail qui devait peser plus lourd que sa voiture, une allée ornée d’arbres d’une hauteur impressionnante amenait le charme d’un endroit reposant. Elle débouchait sur une cour où des massifs de fleurs majestueuses décoraient le devant de la porte principale du bâtiment datant du xviiie siècle, ancienne demeure du richissime Mac Brian fondateur de la ville de Sodfil et maire durant quarante ans de prospérité. Il avait fait don de sa demeure à sa mort pour en faire un hôpital. L’hôpital était sur deux étages, avec des barreaux aux fenêtres qui avaient été installés lors de sa transformation en psychiatrie. Tous les membres du personnel étaient obligatoirement de Sodfil, condition principale pour y travailler. John trouva une place entre deux voitures de sport dernier modèle appartenant à des mécènes. Ils descendirent de voiture, montèrent les marches toutes taillées dans un granit légèrement blanc cassé et qui les séparaient de la porte d’entrée. Le cœur de John battait à cent à l’heure au moment de franchir l’imposante porte de bronze. Dans le hall d’entrée de grandes plaques de marbre d’une couleur blanche avec des nervures noires garnissaient le sol ainsi que les murs, faisant comprendre la richesse de cet homme d’affaires. À l’accueil une hôtesse vêtue d’un tailleur couleur carmin rendait l’endroit encore plus chic. –Bienvenue à l’hôpital Les Émeraudes vous désirez ? –Bonjour ! Nous aimerions voir un patient qui est arrivé chez vous, il y a un mois seulement, je n’ai pas de nom à vous communiquer car il n’en a pas, c’est le shérif de Criktow qui l’avait amené ici ! –Je ne peux pas vous répondre comme cela monsieur ! Êtes-vous un médecin ? Un parent peut-être ? demanda l’hôtesse dotée d’un large sourire de clown peinturluré de fête foraine ! –Non, mais cela est capital ! je dois lui parler ! Il est témoin dans une affaire de disparition. –Attendez ! je vais me renseigner auprès du médecin de garde qui s’occupe des patients aujourd’hui, mais je crains que ce ne se soit en pure perte. Après cinq longues minutes qui lui parurent une éternité, l’hôtesse réapparut avec un déhanché à faire rire un dépressif tellement elle en était ridicule, ajoutant un claquement des talons, comme si elle écrasait des fourmis, grimpant sur ses jambes. –Je suis désolée personne ne peut voir les patients sans autorisation ou être membre de la famille muni d’une pièce d’identité, et je crois que ce n’est pas votre cas, n’est-ce pas ! John n’avait qu’une envie, c’était de lui donner une bonne paire de claques, rien que pour soulager la colère qui le gagnait, mais ce n’était pas le moment ni l’endroit de faire un scandale, au risque qu’elle appelle la police, s’il voulait avoir une chance d’accéder à l’inconnu. –Vous êtes sûre vous ne pouvez rien faire ! dit-il serrant les dents d’un sourire de constipé. –Je vous ai dit que non, c’est impossible, répliqua-t-elle en se regardant les ongles de ses mains qui n’avaient jamais connu le dur labeur d’une journée de travail d’une pauvre femme en usine trimant pour nourrir ses enfants. –Eh bien je vous… Enna arrêta tout net John, elle sentait qu’il allait devenir grossier devant cette perruche de carnaval, elle prit la parole tout en tenant le bras de John posé sur le plateau de l’accueil. –Bon, ça ne fait rien, dit-elle. Pouvez-vous nous faire appeler le chef de cuisine c’est une amie, j’aimerais au moins lui dire bonjour avant de partir, comme cela nous ne serons pas venus pour rien. –Très bien, son nom je vous prie ! L’hôtesse piquée prenait un air hautain. –Marcy Bretmon, lui répondit Enna, dans un grand sourire de satisfaction et d’assurance. –C’est exact ! je vous l’appelle, en attendant vous pouvez vous asseoir le temps qu’elle arrive, rajouta l’hôtesse vexée de voir Enna gagner la partie. –Merci bien, on attendra debout, dit John qui voulait ricaner. S’éloignant de l’accueil John dit à voix basse à Enna : –Ils sont méfiants ici ! c’est Alcatraz ou quoi ! Vous avez vu ce bulldog à l’accueil aux dents acérées, et marchant de travers ! Je me demande comment elle a eu sa place celle-là ! –Calmez-vous John, faites-moi confiance, on va entrer, pas de soucis, vous verrez ! Trois minutes plus tard arriva un petit bout de femme dans une tenue de cuisinière, coiffée d’une charlotte sur la tête, sorte de petit filet en feutrine bleue pour cacher les cheveux pour raison d’hygiène, une veste blanche qui avait deux rangées de boutons à la verticale, sans compter sur le fameux pantalon appelé pied-de-poule, à cause de petits carreaux légèrement décalés faisant penser à des empreintes de pattes de poule. Elle était assez petite avec un petit surplus de poids, qui dans le métier était monnaie courante. –Marcy ! dit Enna, les bras en l’air, courant à sa rencontre joyeuse de la revoir. –Eh bien ça alors ! Enna quelle bonne surprise ! Mais dis-moi, cela fait plus de six mois qu’on ne s’est pas vues ! dit-elle, tout en en regardant l’homme qui était derrière Enna. –Ha ! Oui déjà ! J’étais partie en expédition dans un désert en Arizona pendant quatre mois, puis de retour à l’université où j’ai mon laboratoire et voilà comment sont passés mes six derniers mois. Oh ! Mais permets-moi Marcy de te présenter John Sander, un ami depuis peu, dit-elle, en se décalant sur sa gauche d’une manière théâtrale. –Bonjour Marcy content de vous connaître ! John lui fit le baisemain, ce qui fit rougit Marcy, autant qu’un homard que l’on jette subitement dans l’eau bouillante ! –Eh bien, Enna ne m’a jamais présenté d’homme auparavant, vous devez être quelqu’un d’exceptionnel je présume ! Tu es une cachottière Enna ! chuchota-t-elle discrètement en se retournant vers elle en lui faisant un clin d’œil au passage. Un peu embarrassée Enna esquissa un sourire tout en fronçant les sourcils en retour vers son amie. –Alors, si l’on commençait par une bonne tasse de chocolat chaud ! Cela vous tente ! Fait maison bien sûr, c’est une de mes spécialités, mes convives l’adorent le matin surtout au petit déjeuner. –Avec plaisir on te suit ! s’exclama Enna, tout en se retournant vers John lui faisant comprendre que son amie était le moyen le plus sûr pour entrer dans la place. Et John se mit de la partie. –On ne rêve que de votre chocolat chaud Marcy, j’en salive d’avance ! Marchant en direction de la cuisine, les deux amies se parlaient à voix base devant John, pour rester discrètes sur leur conversation, surtout quand il s’agissait notamment de papoter sur les hommes. –Il me plaît ton ami ! Il est beau et galant ! dit Marcy à Enna, dommage qu’il soit avec toi ! Je te l’aurais piqué ! –Marcy enfin ! C’est juste un ami que je connais à peine ! –Oui c’est ça, je vais sûrement te croire, j’ai vu comment tu le regardes, lui répondit Marcy tout en se retenant de rire. Ils suivirent Marcy repassant au passage devant l’hôtesse d’accueil, John en profita pour lui faire un petit coucou narquois, avec un beau sourire, en retour elle tourna la tête en haussant les épaules ! Ils passèrent de multiples couloirs un vrai dédale, où seul on s’égarerait facilement, John regardait partout pour voir s’il apercevait la direction des chambres des patients. Un escalier accédant au sous-sol présumait l’arrivée en cuisine, une douce odeur de plat cuisiné s’en échappait. –Voici mes quartiers ! dit-elle fièrement. Allez vous asseoir dans la salle à manger, prenez le petit ascenseur là-bas au fond, la porte rouge, je vais préparer le chocolat chaud en attendant. La salle à manger était très jolie et reposante, des tableaux accrochés aux murs ornaient la pièce, sur le thème notamment de la mer apportant la détente et la relaxation dans un environnement qui n’est pas toujours facile à vivre, surtout dans une communauté de malades psychologiques.
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