XXII Aux bords de la merLe mois d’août touchait à sa fin, et moi j’arrivais au terme de mes trois années de droit. Or vous saurez qu’il m’était arrivé, durant les intervalles lucides que me laissaient la lassitude et les remords de mes folies, de jeter assez souvent les yeux sur le Code et les Pandectes, pour être en état – à la majorité d’une voix – de soutenir ma thèse de licencié. Je n’avais plus que peu de jours à passer à Caen ; mon oncle me rappelait auprès de lui par des lettres empreintes du chagrin que mes folies et mes dépenses lui avaient causé, mais plus encore de cette tristesse que le pressentiment d’une fin prochaine met au cœur et dans la pensée des vieillards. Je songeai donc à partir. La famille Fenneton, qui était pour moi une seconde famille, voulut que mon départ fû


