Colère (1)

1213 Mots
Tel un éclair noir, je fonçais à travers les terres de la meute. Le cri de Chelsea provenait d'un endroit isolé à quelques minutes de là. Les seuls sons que l'on pouvait entendre étaient ceux de ma course enragée et de mon souffle puissant. La forêt n'était plus que silence, toute la vie s'était arrêtée. La mort était en marche et peu importe combien ils supplieraient, elle ne montrerait aucune pitié. Depuis que le hurlement de la jeune femme m'était parvenu, je perdais peu à peu le contrôle. Ils se prenaient pour des terreurs, ils allaient comprendre ce qu'était la véritable peur. Je n'étais plus femme, je n'étais plus louve. J'étais le monstre sanguinaire qui sème les larmes, le sang et la douleur dans son sillage. Je suis Fureur. Enfin, je m'approchai du lieu qui les verraient succomber sous mes crocs. Je sentais la rage, mais aussi une certaine excitation, monter en moi comme un requin à qui on présenterait un morceau de viande bien sanglant. Car oui, le sang allait couler. Mes pattes martelaient sans faiblir le sol humide des sous-bois et enfin j'atteignis ma cible. La scène qui se déroulaient devant moi me fit totalement perdre le contrôle. Ma louve et moi ne faisions plus qu'un. Nous n'étions que colère et vengeance. Chelsea était bien là, sous sa forme humaine et complètement nue, une chaine en argent enroulée autour de sa gorge. Elle ne bougeait plus. Était-elle morte ou simplement inconsciente ? J'essayai de la toucher de mon esprit sans succès. Autour d'elle cinq loups étaient présents, mais deux d'entre eux étaient également sous leurs traits d'homme et entouraient le fragile corps de la jeune femme. L'un d'entre eux était déjà à moitié vautré sur elle, le sexe dressé, prêt à abuser d'elle. Mon sang ne fit qu'un tour. Sans m'arrêter dans ma course, je bondis sur le pervers. Mes crocs se resserrèrent avec satisfaction sur sa gorge et, d'un coup sec de mâchoire, je lui brisai la nuque. Ses compagnons commençaient à peine à réaliser ce qui se passait que je fonçai déjà sur ma deuxième cible, la plus proche, et lui arracha la main. Le sang se mit à couler à flot. Sans prêter la moindre attention à ses hurlements de douleur, je me plaçai vivement au-dessus de Chelsea tout en faisant face à mes adversaires. Je n'étais plus qu'instincts. Tout ce qui m'importait, c'était de les massacrer, de les déchirer de mes crocs et de mes griffes, de leur faire goûter ce qu'était la vraie douleur. Un premier loup bondit vers moi et je l'esquivai tout en lui donnant un coup d'épaule pour l'écarter et éviter qu'il ne s'affale sur ma protégée. Déstabilisé par mon mouvement, il se retrouvera projeté contre une roche saillante. Probablement sonné, il resta immobile et j'en profitai pour reporter mon attention sur les deux autres loups. Je les voyais travailler de concert en essayant de m'encercler. Il fallait que je les oblige à me poursuivre afin d'éviter d'en avoir un dans mon dos et l'autre face à moi. Réfléchissant à toute vitesse, j'étudiais mes différentes options puis fit demi-tour et me ruais vers les arbres. Je les entendis me poursuivre, mais j'étais plus rapide et plus agile. De plus, mon sombre pelage se fondaient mieux dans la pénombre qui commençait à s'installer au cœur de la forêt. Une fois que je les avais un peu distanciés, je me tapis dans des fourrés, aux aguets. Le premier loup passa à toute allure, le second un peu à la traîne. Je profitai du fait que son comparse s'était un peu trop éloigné pour refermer mon piège et tomber sur le retardataire. Il était plus lent que l'autre loup, mais plus gros et plus lourd. Ce ne serait pas un adversaire facile. La lutte qui s'en suivi fut acharnée. Je mordais et griffais à la moindre ouverture sans parvenir à le blesser sérieusement. J'allais devoir prendre plus de risque encore. J'allais donc au contact sans chercher à esquiver. Nous roulâmes dans les feuilles mortes et il parvint à attraper mon oreille qu'il entama de façon superficielle. Son attaque manquée m'avait cependant donné un avantage. Ses crocs toujours refermés sur moi, je me retrouvai sous lui, son ventre complètement exposé. J'y pressai mes pattes postérieures et, d'un v*****t coup de griffes, l'éventrai. Il eut un moment d'hésitation, comme s'il ne réalisait pas que ses organes encore chauds étaient en train de se répandre sur moi, puis ses yeux se firent vitreux avant de s'effondrer sur moi, me coinçant sous son cadavre. Je n'avais pas le temps de savourer ma victoire, puisque déjà son camarade revenait à toute allure vers moi. Dégageant péniblement le loup mort qui me surmontait, je perdis trop de temps à me relever et l'autre mâle me rentra dedans comme un boulet de canon. Ses crocs se plantèrent dans mon épaule, faisant abondamment couler le sang. Je parvins à grand peine à me dégager, avant de l'envoyer valser d'une ruade. Nous nous faisions face, le souffle court. Je n'avais plus le temps de jouer. Chelsea était là-bas et il y avait encore deux renégats encore vivants. Même si je les avais mis hors service pour un moment, ils pouvaient reprendre leurs esprits à tout moment et décider de se venger sur elle. Je me précipitai donc, dans un déballage de force brut, en direction de mon opposant qui semblait surpris. Pensait-il que j'étais si faible ? Pourtant, j'avais entendu dire qu'on apprenait aux enfants à craindre les monstres qui peuplent ce monde. S'il n'avait pas appris sa leçon, j'allais me faire une joie de lui enseigner. Le choc fut brutal, à tel point que j'entendis son squelette craquer sous l'impact. Sonné, il eut du mal à se ressaisir et je ne lui en laissai pas l'occasion. Je le plaquai au sol, sa gorge entre mes crocs, et serrais de plus en plus. Petit à petit, il s'asphyxiait sous la pression, mais cela ne me suffisait pas. La haine qui me consumait ne se satisferait pas d'une mort aussi douce que celle-ci. Une fois mes crocs bien plantés, je lui arrachai la gorge d'un mouvement brutal de la tête. Les gargouillis qu'il émettait me confirmaient que ma tâche ici était terminée. Je fis volte-face et me remis à courir tandis que le loup que je laissais derrière moi se noyait dans son propre sang. De retour auprès de Chelsea, j'eus la désagréable surprise de découvrir que le loup que j'avais expédié contre le rocher s'était fracassé le crâne dessus et ne bougeait plus. Une mort bien trop clémente. Pour faire bonne mesure, je lui déchirai la gorge d'un coup de patte. Il serait dommage qu'il revienne d'entre les morts pendant que j'avais le dos tourné. Ne restait que le mâle à qui j'avais arraché la main. Balayant la scène de c*****e des yeux, je finis par rencontrer les siens. Son regard était à moitié fou. La douleur et le m******e de ses compagnons lui avaient fait perdre l'esprit à tel point qu'il ne pensa même pas à se transformer pour se défendre. Il me suppliait et sanglotait, son moignon ensanglanté serré contre lui. Pitoyable. La dernière chose qu'il vit fut ma gueule grande ouverte plonger vers lui afin de lui broyer le crâne. C'était fini.
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