LXXXIX

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LXXXIX Mai 1882 … Ce soir-là, dans les solitudes australes, le vent s’était mis à gémir. Dans tout cet immense mouvant où habitait le Primauguet, on voyait courir l’une après l’autre les longues lames bleu sombre. La brise était humide, et donnait froid. En bas, dans le faux pont, Le Hir, l’idiot, se dépêchait, avant la nuit, de coudre un cadavre dans des morceaux de toile grise qui étaient des débris de voiles. Yves et Barrada, debout, le surveillaient avec horreur. Ils étaient obligés de se tenir tout près de lui, dans une très petite chambre mortuaire qu’on avait faite avec d’autres voiles tendues et dont un canonnier gardait l’entrée, le sabre d’abordage au poing. C’était Barazère qu’on cousait dans ces toiles grises. Il venait de mourir d’un mal pris jadis à Alger, – une nuit de

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