LXXXIXCependant, à bien regarder Crescent, on apercevait dans l’homme inculte et rustique comme un Jean Journet des bois et des champs. Il y avait encore en lui de la figure de ce Martin, le visionnaire laboureur de la Restauration, qui avait entendu des voix et Dieu lui parler dans un pré. Sa tenue, son air, ses lourds gestes, l’espèce de bouillonnement de son front, ses silences, les sourires passant sur ses grosses lèvres, ses regards, dégageaient le vague, le pénétrant, le troublant qu’on sentirait auprès d’un paysan apôtre. Sans instruction, sans éducation, ne lisant rien, pas même un journal, ignorant de tout et du gouvernement qu’il faisait, replié sur lui, ne se mêlant point aux autres, ne voyant personne, se dérobant aux visites, retiré, muré dans sa « barbisonnière », étranger a


