Chapitre II - Partie 10

1457 Mots
Le silence du désert Chapitre II : Le lion Partie dix "Dans la vie il y a soit les lions, soit les pions." À partir de ce chapitre, les lieux seront inventés. Les noms des camps également et l'organisation aussi. Je sais pas comment ça se passe là-bas. C'est fictif donc on s'en fout tant que ça reste réaliste et dans le contexte. Bonne lecture mes chicas. Jade Une fois arrivé en Turquie, un correspondant m'a emmené vers un endroit où l'on charge des personnes en direction de la Syrie. -Pièces d'identités. Je fouille dans mon sac et lui tend mes faux papiers. Il les regarde quelques instants en fronçant les sourcils puis relève la tête vers moi. -C'est vous sur la photo ? J'ai un coup de chaud, une horrible angoisse me submerge. Je crois que je viens de me faire repérer là, p****n déjà, qu'est-ce que je dois faire ? Et si il avait remarqué que c'était des faux ? J'avais horriblement chaud sous mon niqab et heureusement que ce tissu me cache parce que vu la tête que je tire, je me serais faite griller rien qu'à cela. -Euh...oui c'est moi, pourquoi ? bégayais-je -J'ai l'impression de vous avoir déjà vu. Mon coeur palpite, son regard intense sur moi me trouble. -Ah bon ? dis-je doucement -Ouais, déclare t-il en souriant, vous êtes la femme de mes rêves. Toute la pression est redescendue. C'était rien de plus qu'une technique de drague, très minable au passage. Je lui tend ma main pour qu'il me donne mes papiers. Il rit et me les rend. Je monte à bord du bateau accompagnée d'une cinquantaine d'autres personnes. Me dire que ces gens y vont pour des raisons bien différentes des miennes me donnent froid dans le dos. Durant un jour et une nuit, le bâteau a navigué. Un jour et une nuit qui m'ont parut être une éternité. Les conditions étaient juste désastreuses. Et si une personne avait le malheur de se plaindre, elle se trouvait jeté par dessus bord, perdue au milieu de nul part. Une femme a subit ce sort. Merci Mon Dieu, je suis enfin sur la terre ferme. -Toutes les femmes de ce côté, les hommes de l'autre ! Un autre homme vient répéter en arabe pour ce qui ne comprenent pas le français. Disons que j'ai de la chance de me débrouiller dans les deux langues, à mon avis ce sera un atout. Les deux groupes se forment, d'un côté les hommes et de l'autre les femmes. Je sers mon sac contre moi et me contente d'écouter attentivement tout ce qui se dit. Ça y'est j'y suis, je ne peux plus reculer. Pendant une durée indeterminée, je vais me faire passer pour ce que je ne suis pas, au milieu de criminels. Je vais devoir me cacher de Hassan mais aussi de ses amies. Mais surtout, chercher le moyen de retrouver ma fille. Plus facile à dire qu'à faire. Nous montons à bord des camions qui nous conduirons jusqu'au camp. Le silence est maître dans mon esprit. J'essaye simplement de faire le vide et de me mettre en condition. Je suis totalement paniqué et y'a de quoi. J'ignore comment va être ma vie à présent et je ne partage pas du tout les mêmes convictions, ça va être dur de le cacher. Le camion s'arrête finalement au bout de quelques heures. Nous sommes au beau milieu du désert, le décor me donne des frissons. Pas parce qu'il est laid, loin de là mais pour la simple et bonne raison que tous ces camps cachent énormément d'atrocités. Un homme vient à nous pendant qu'un autre distribue des cartes à tout le monde. -As Salam-Aleykûm mes soeurs. Nous sommes arrivés aux camps. Comme vous voyez il y en a quatres différents : celui là c'est Al Qamar, celui ci An-Nhar, derrière il y a Al-Qalam et au fond Chems. Zayd mon collègue vous donne des cartes avec le nom de vos camps respectifs. Vous ne devez pas les perdre. Désormais, ceci est votre seule identité. N'oubliez pas ce dont pourquoi vous êtes venus : combattre. Zayd me tend la mienne. Une simple carte avec ma fausse identité, Hanima Abdelkader, le nom du camp auquel j'appartiens, Al Qamar et mon responsable qui est un dénommé Ismael. Je sors du camion et avance en direction du camp avec une vingtaine d'autres femmes. Je pouvais pas m'empêcher de les regarder et me demander ce qu'elles pouvaient bien foutre ici. Devant nous se dressent six hommes, eux tous taillés de muscles, un fusil à pompe dans les mains. Super comme première approche. Je m'avance vers celui qui tient la feuille où est écrit "Ismael"  pendant que toutes les autres femmes se dirigent vers le reste des hommes. Mais non ! Pourquoi je suis toute seule moi ? -Salem Aleykûm. -Aleykûm salam. -Arabe ou français ? demande t-il avant de le répéter en arabe -Fr...français. -Je suis pas un ancien comme eux, le chef a trouvé meilleur que je prenne une seule personne, déclare t-il froidement -... -Suis-moi. Son regard inexpressif m'ordonne de le suivre et je ne pus riposter face à tant de férocité. Il m'offre une visite du camp. En gros, un camp est composé de neufs grandes tentes. Une tente pour les réunions qui s'effectuent seulement avec le chef et les responsables, une pour les repas des femmes une autre pour les hommes, une pour les dortoirs des femmes et une pour les hommes, une pour les entraînements des hommes, une autre pour les femmes. Une pour tout ce qui est cuisine ect et une pour les armes. Elles sont toutes disposés de sortes a formé un rectange et au milieu, il y a le feu. Et quand je dis homme, comprenez que ce sont les responsables et les gardes. Pendant six mois, je vais être sous son contrôle. Il va m'aider à me former avant ce qu'ils appellent "l'ultime combat". Une journée pour tester chaque personne de sorte à en conclure si elle est apte ou non à faire partie du camp. Si la personne réussit, elle choisira une ou deux fonction. Infirmière, guerrière, institutrice ou encore pleins d'autres. Si elle échoue, la personne est tuée. C'est mon seul moyen pour retrouver Jennah, il faut que je sois assez forte pour réussir l'ultime combat, choisir ma formation et pouvoir être enfin libre de la retrouver. (Tout cela vient de mon imagination retenez bien). -Tu as tout compris ? me demande t-il -Je crois que oui, répondais-je -Je suis ton responsable, je suis là pour te guider. Si tu comprend pas quelque chose c'est à moi que tu dois demander. Si je dois te donner un conseil, durant les six prochains mois, fais toi toute petite. -... -Tous les jours ce sera entraînement le matin, après tu as ta pause-déjeuner. L'après-midi en général c'est apprentissage du Livre. Après tu as du temps libre. Les week-end c'est tes seuls jours de repos. Durant ces jours on va soit dans les écoles pour enfants, soit dans d'autres camps, en bref on essaye de vous montrer comment se passe toute l'organisation. -Vous faîtes ça aussi pour les hommes ? Je veux dire, ces six mois d'apprentissage et le...combat ultime. -Non, c'est que les femmes. -Et les femmes qui viennent avec leur famille ? -Pas d'apprentissage non plus tant qu'elles sont avec un homme qui est soit son père, son frère, son oncle ou son mari. En une heure j'ai brièvement réussis à l'analyser et encore, il est tellement mystérieux. Je suis une personne qui observe beaucoup, alors j'ai pu constater qu'il a un certain problème avec les femmes. Il n'est pas gêné mais il ne semble pas vouloir me parler mais ce n'est pas contre moi personnellement. Il ne m'a jamais regardé dans les yeux, il a froncé les sourcils tout au long de son récit et il parle froidement, avec un ton super intimidant. Du coup, si je pars d'un point de vue pessimiste, il ne m'aime pas. Si je pars d'un point de vue optimiste il n'aime pas les femmes. Il doit avoir un sérieux soucis avec la gente féminine. À première vue, il a l'air froid, dur mais courageux. Je pense pas m'entendre avec lui, pour tout vous dire je l'aime déjà pas mais je suis ici pour ma fille alors je n'ai pas le choix. -Ton nom déjà ? -Ja...Hanima. -Jahanima ? -Non non...juste Hanima. -Va te changer, le chef va arriver et vous devez manger. Il me tourne le dos et s'en va en direction du dortoir des hommes. Qu'est-ce qu'il m'énerve avec ses grands airs. Je me dirige vers le dortoir des femmes qui est dans une grande structure à l'écart des autres pour nous laisser une certaine intimité. Elles parlent toutes entre elles, moi j'ai pas le temps de me faire des copines surtout quand on sait ce qu'elle ont derrière la tête en venant ici. Ce que je dois faire c'est me concentrer sur mon but. Sauf que j'ai aucune stratégie, aucun plan. Je sais pas encore comment je vais pouvoir la retrouver, par où commencer ? Je suis en Syrie, j'ai plus le temps de jouer...
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