Liliane
J'ouvre les yeux en fixant ce qui se trouve au-dessus de moi, il fait noir et humide. J'avale péniblement ma salive tant j'ai la gorge sèche, une migraine assez forte s'empare de moi et j'ai du mal à bouger. En défiant mon mal de tête j'essaie de me rappeler de ce qui s'est passé. Julian et moi étions parti prendre un verre dans un petit bar pas loin Mexico, et c'était là qu'il m'avait droguée avec une substance que je connais très bien, en la prenant on peut rester inconscient durant plusieurs heures, voir jusqu'à 48 heures et les effets secondaires sont abominables.
Je présume que je suis en Italie dans sa charmante demeure. En essayant de me lever je me rends compte que mes chevilles sont enchainées aux pieds du lit sur lequel je me trouve.
Je jure entre les dents en jetant ma tête contre l'oreiller. Je me redresse d'un geste rapide lorsque j'entends des pas se rapprocher, puis des clefs ensuite la porte qui s'ouvre en laissant Julian Gabrilov entrer.
-Je vois que tu es enfin réveillée.
-Qu'est-ce que je fais ici ? Je demande à mon ravisseur. En le voyant s'approcher de moi avec sa silhouette d'homme implacable et son regard perçant je commence à regretter ma décision, et si James avait raison, et si je ne serai pas assez forte pour m'en sortir face à ce monstre.
-Ce n'est pas de ça que tu devrais te préoccuper mon petit chat, tu devrais plutôt te poser la question suivante, pourquoi est-ce que t'es ici ? Me dit-il avec une pointe de sarcasme dans sa voix.
-Que voulez-vous de moi ? Je demande encore déterminée à lui faire croire qu'il vient d'enlever une pauvre innocente sans se douter un instant que je serai sa perte.
-Hum...tellement de chose.
-Vous allez me faire du mal ?
-Probablement...mais si tu te conduis correctement tout ira bien pour toi. Un sourire plein de sous-entendu apparaît sur ses lèvres sensuelles.
Lorsqu'il prend place sur le lit juste à côté de moi un long frisson traverse mon corps. Il pose sa main sur mon ventre en me fixant avec une intensité à couper le souffle de peur et de désir.
Je bouge pour qu'il retire sa main mais il n'en fait rien, au contraire sa main remonte jusqu'à ma gorge et me serre doucement.
Ses yeux ne quittent pas les miens.
-Lâchez-moi ! Dis-je.
Ses lèvres affichent un demi sourire alors qu'il serre un peu plus son étreinte contre ma gorge. Avec mes mains j'essaie de me défendre mais en vain puisque son autre main prend sans peine mes deux poignets et les positionne au-dessus de ma tête.
-J'arrêterai lorsque j'aurai décidé d'arrêter.
Il relâche ma gorge et baisse la tête, ses lèvres se posent délicatement sur la peau fine de mon cou pour y déposer quelques baisers. Un autre frisson encore plus brutal que le précédent traverse ma colonne vertébrale. Les yeux fermés, je me sens bizarre face à cette situation, je n'ai jamais ressenti un truc pareil, en plus pour un inconnu. Ça me fait peur, et cette peur réussi à briser ce moment en me rappelant pourquoi je suis ici. Je dois agir.
-Vous allez me v****r, c'est ça ? Je demande d'une voix faussement inquiète. Plutôt très inquiète.
Il ne dit rien jusqu'à ce que sa main se pose violement sur l'un de mes seins, je sursaute face à ce geste inattendu. C'en est trop, je ne vais pas me faire humiliée par lui. Le premier homme que j'ai tué avait essayé de me v****r, si je laisse Julian continuer il va faire réveiller la partie la plus sombre en moi et ma mission sera un échec. Je le tuerai et ses hommes me tueront.
-Non. Je ne vais pas te v****r. Parce que tu es à moi maintenant, je n'ai nullement besoin de ton consentement pour pouvoir profiter de ton joli corps. Me répond-t-il en continuant à me toucher sans gêne.
-Disons que je vais te conformer à mes désirs grâce à un dressage particulier.
D'un geste ferme je me détache de lui et je lui donne un coup de coude au menton il vacille en reculant puis il tombe en poussant un gros juron
-Pour moi ça reste du viol vu que je ne vous appartiens pas fils de p**e ! Dis-je.
Il se relève le visage fermé et les dents serrés. J'avale péniblement ma salive en remarquant la manière implacable dont il serre la mâchoire.
Avec sa puissante main il m'inflige une gifle que je ne suis pas près d'oublier, je sens le gout métallique du sang envahir ma bouche.
-Je t'interdis au péril de ta vie d'insulter une nouvelle fois un membre de ma famille. Me menace-t-il.
Rudement, il me détache les chevilles, puis il me porte sur son épaule comme si je ne pesais rien du tout.
J'essaie tant bien que mal de lever la tête pour étudier les lieux, mais je ne vois rien d'autre qu'un mur lugubre rempli de tableau datant du 16e ou 17e siècle.
-Où est-ce que vous m'emmenez ?
-Je vais t'apprendre à me respecter.
Je l'entends ouvrir une porte et échanger quelques mots avec un autre homme. Puis il me dépose. Je fais face à l'autre homme qui est habillé en uniforme d'agent de sécurité.
-Emmène-là et mets là dans la même cellule que l'albinos. Ça va lui servir de leçon.
Je plisse les yeux sans rien comprendre. L'autre homme me prend par le bras et me fais avancer vers une autre porte.
-Je reviendrai dans trois jours et on verra si tu auras changé d'avis ou pas. Même si je sais d'avance que tu me supplieras de te reprendre. Me dit Julian avant de s'en aller.
Je soupire en regardant l'homme ouvrir la porte qui est fermée à double tour. Je ne sais pas ce qui se trouve là-dedans mais ça ne promet rien de bien.