Victor Elle dormait encore, blottie contre moi, comme si rien d’extérieur ne pouvait plus l’atteindre. Son souffle effleurait ma gorge, chaud, calme, presque irréel. Je n’avais pas dormi. Je n’en avais pas eu besoin. Mon bras s’était refermé sur elle sans que j’en prenne conscience. Et maintenant qu’elle était là, contre moi, je m’interdisais de bouger. De respirer trop fort. De penser à ce qui viendrait après. Je voulais que ça dure. Je fermais les yeux. Je me surprenais à souhaiter que le monde reste figé dans cette chambre. Que le château disparaisse, les monstres, les mages, les complots. Qu’il ne reste plus que ce lit, cette nuit, elle, nous. J’aurais voulu la protéger de tout. Qu’elle ne connaisse jamais autant de souffrance. J’ai posé doucement ma main sur la sienne, sans la


