16. Sandro heurta le chambranle du poing. L’inquiétude l’empêchait de tenir en place. — Calme-toi, elle ne va plus tarder, grommela Estevan. Adossé contre un bahut, il mâchonnait un bâton de réglisse. Il en tira d’autres de sa poche, qu’il proposa à la cantonade. Sandro remercia et passa ses nerfs sur la friandise à grands coups de dents. Assise non loin, Ophélie pinça le nez. Tous trois occupaient un étroit salon réservé aux gens du service pour les pauses en journée. Autour d’une table ronde, quelques chaises et un petit poêle. Les tasses refroidissaient dans leurs soucoupes bleues, à l’exception de celle d’Ophélie, bue depuis longtemps. Depuis le passage au jardin d’Hiver, elle retrouvait des couleurs. Enfin, un peu de rose derrière ses taches de rousseur, pas plus. À croire qu’elle


