II L’alarmeNotre ispravnik Mikhaïl Makarovitch, lieutenant-colonel en retraite devenu « conseiller de cour », était un brave homme. Établi chez nous depuis trois ans seulement, il s’était attiré la sympathie générale parce qu’« il savait réunir la société ». Il y avait toujours du monde chez lui, ne fût-ce qu’une ou deux personnes à dîner ; il n’aurait pu vivre sans cela. Les prétextes les plus variés motivaient les invitations. La chère n’était pas délicate, mais copieuse, les tourtes de poisson excellentes, l’abondance des vins compensait leur médiocrité. Dans la première pièce se trouvait un billard, avec des gravures de courses anglaises encadrées de noir, ce qui constitue, comme on sait, l’ornement nécessaire de tout billard chez un célibataire. On jouait tous les soirs aux cartes. M


