III Les tribulations d’une âme. Première tribulationMitia regardait les assistants d’un air hagard, sans comprendre ce qu’on disait. Tout à coup, il se leva, tendit les bras vers le ciel et s’écria : « Je ne suis pas coupable ! Je n’ai pas versé le sang de mon père… Je voulais le tuer, mais je suis innocent. Ce n’est pas moi ! » À peine finissait-il de parler que Grouchegnka surgit de derrière les rideaux et tomba aux pieds de l’ispravnik. « C’est moi, maudite, qui suis coupable, cria-t-elle éplorée, les mains tendues, c’est à cause de moi qu’il a tué. Ce pauvre vieillard, qui n’est plus, je l’ai torturé. C’est moi la principale coupable. – Oui, c’est toi, criminelle ! Tu es une coquine, une fille dépravée », vociféra l’ispravnik en la menaçant du poing. On le fit taire aussitôt, le


