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2223 Mots
Vent, soleil, mer, ciel bleu. Rien que pour ça, elle viendrait ici tout le temps. Rien ne fallait vraiment une petite balade sur le Point Light pour se dégourdir les jambes et s’aérer l’esprit. Après avoir passé des jours presqu’enfermée dans la maison à réfléchir sur son plan, sortie était un vrai délice pour Lilah. Levant la tête vers le sommet du phare, elle se mit à sourire. L’endroit attirait toujours autant de monde. Elle était tout de même face à l’un des plus vieux phares encore actif du pays. Après quelques minutes à flâner au fil de ses pas, elle se dirigea vers un sentier qui elle savait permettait de descendre sur la plage de galets. Lorsqu’elle mit les pieds sur la plage de petits cailloux, elle eut un grand sourire. L’endroit ne semblait pas être beaucoup visité. Elle marcha une bonne centaine de mètre sur la petite plage qui le soir devait disparaître sous l’eau. Soudain, elle aperçut un objet à quelques mètres d’elle. Lorsqu’elle approcha de l’objet, elle se rendit qu’il s’agissait d’une toile peinte sur un chevalet. Un pinceau était posé sous la toile et au pied du chevalet, une sorte de sacoche était posé contre l’un des pieds.             Jetant un coup d’œil autour d’elle, elle n’aperçut personne toutefois il flottait une odeur de tabac froid. Elle passa un bon moment à observer les alentours attendant que quelqu’un apparaisse mais personne ne pointa son nez. Comment un tel objet avait-il pu arriver ici  et qui l’y avait laissé ? C’était très imprudent de laisser tout cela en pleine vue. Poussant un soupir, elle se tourna vers le tableau             Voir ainsi la toile, on avait l’impression qu’il séchait lentement sous les rayons de soleil. C’était une représentation particulièrement fidèle de la côte de Montauk Point avec le phare dans le lointain perché sur la falaise au milieu d’herbes vertes. Il y avait même un voilier qui voguait sur l’eau derrière le phare. Elle dut se pencher vers le tableau pour mieux le voir et ce geste lui fit tomber des mèches de cheveux sur le visage qu’elle écarta derrière son oreille. Levant la tête, elle scruta l’horizon et s’attendait presque à voir le voilier apparaître, ce qui la fît sourire.             Elle reporta à nouveau son attention sur la toile et l’observa dans le moindre détail. Elle ne savait qui avait peint ce tableau mais celui-ci avait sans le moindre doute un immense talent. Le plus étrange est qu’elle n’arrivait pas à déterminer de quel endroit le paysage avait pu être observé pour être peint. − Tient, tient, mais qui est-ce que je vois là ?             Cette voix, cette intonation suave et posé, lui était familière.             Se redressant vivement, elle se retourna et figea en apercevant un homme vêtu d’un short gris-vert à multiples poches et d’un t-shirt gris taché de peinture, une casquette sur la tête, il se tenait à quelques mètres d’elle, tira une bouffée de sa cigarette qu’il tenait en main puis écrasa le mégot et la dévisagea. Il lui avait bien semblé en sentir l’odeur. - Vous !? dit-elle avec colère en reconnaissant Travers. − Encore à vous promener toute seule, Mlle Weatherly ! Reprit-il toujours avec son sourire charmeur.             Lilah pinça les lèvres et croisant les bras, regarda méchamment Travers avancer vers elle. − Et, vous, que faites-vous ici ? Lui demanda-t-elle. - Comme vous. Je me balade, dit-il le regard intense. Quand on est une jolie fille il faut s’habituer aux regards des hommes, aimait lui dire sa mère. Et pourtant, il y avait quelque chose de différent, de déstabilisant dans sa façon à lui de la regarder qu’elle n’avait jamais connu chez un autre homme. Pour cacher la rougeur coupable de ses joues, elle se tourna vers le tableau. − Je n’ai jamais eu autant de plaisir à admirer une femme avant vous aujourd’hui, dit-il d’un ton suave. Vous êtes un spectacle à couper le souffle à vous seule, Mlle Weatherly.             Des compliments, elle en avait entendu de toutes sortes mais jamais comme ceux-ci. Elle en rougit jusqu’à la racine de ses cheveux, en proie à une étrange sensation. En plus, il était très, trop proche d’elle, ce qui la troublait encore plus. − Est-ce vous… qui avez peint ce tableau ? Demanda-t-elle pour dissimuler son trouble. − Oui. À votre ton, vous semblez en être surprise ? − Un peu. En fait beaucoup. Je ne vous imaginais pas peintre.             Et, c’était la vérité. Elle contempla son t-shirt maculé de tâches en essayant de faire abstraction qu’il cachait très mal la perfection de son torse sculpté. Il fallait qu’elle pense à autre chose.             Max adorait vadrouiller sur la plage et s’il avait l’habitude d’y peindre, ils avaient dû bien souvent se rencontrer. Cela expliquait pourquoi le chien semblait si familier avec lui. Elle ne put s’empêcher de se demander comment il avait réussi à amadouer l’animal ? Elle aussi, lorsqu’elle broyait du noir lors du divorce de ses parents, la présence du chien l’a beaucoup aidé et réconforté. Son oncle aimait dire que son chien aimait aider les gens tristes, voilà pourquoi il passait tout son temps à vadrouiller en ville. Étrange mais peut-être pas aussi faux. − J’ai été beaucoup de chose dans ma vie dont peu que je puisse prétendre être autant fier que ceci.             Il lui parlait presque contre l’oreille, lui faisant oublier toutes ses pensées. Lilah sentit des frissons la parcourir en sentant son souffle contre sa nuque. Il était si proche d’elle qu’elle sentait ses poils s’hérisser dans son dos. Il fallait qu’elle pense à autre chose qu’à sa présence derrière elle. − Eh bien ! Ce tableau est magnifique et incroyablement réaliste. − Merci du compliment. − C’est sincère. Je dois rentrer maintenant, dit-elle en se tournant.             Elle le percuta dans son geste en voulant se retourner, oubliant leur réciprocité, et perdit un instant l’équilibre. Travers la rattrapa immédiatement, plus par instinct que pour l’empêcher de tomber, une main posée contre sa taille. − Je n’allais pas tomber. Lâchez-moi.             Il n’obéit pas et elle eut l’impression qu’il resserra sa prise. − Vous voulez déjà rentrer, mademoiselle ? Votre balade est déjà terminée ? − Qu’est-ce que cela peut-il bien vous faire ? Je vous ai demandé de me lâcher ou bien voulez-vous que je crie ?             Elle se sentait à fleur de peau aussi proche de lui. Cette situation lui rappelait que trop leur dernière rencontre en privé et comment elle s’était terminé. Rien que de penser à ce b****r, elle se sentit rougir mais aussi la colère croître en elle. − Je peux vous avouer une chose, Mlle Weatherly. Je n’ai aucunement l’intention et l’envie de vous relâcher. − C’est une manie pour vous de retenir prisonnière les femmes contre leurs volontés ? Vous avez besoin de leçon de bonnes manières et urgemment. − Les bonnes manières ! dit-il, riant. Ses foutues bonnes manières. Je n’en ai rien à faire. − Cela ne m’étonne guère de votre part, dit-elle avec véhémence en donnant un coup de pied sur son pied. Il émit un petit cri en écartant la jambe sans pour autant la lâcher. − Aïe ! Ça fait mal ! Se plaignit-il. − J’espère bien, dit-elle avec un sourire content. C’était aussi pour hier, pour m’avoir embrassé sans ma permission. − Oh ! fit-il avec un sourire en coin. J’ai été bien rustre hier c’est vrai. Je vous dois des excuses.             Tout en parlant, il pencha sa tête vers elle, si bien qu’elle pouvait distinguer, sous l’ombre de sa casquette, ses longs cils noirs et la barbe, plus fournies que lors de leur rencontre, sur ses joues. Elle se rendit compte alors que ses yeux n’était pas bleus comme elle l’avait imaginé mais turquoise. Elle n’avait jamais vu une couleur d’yeux pareils. Ils avaient un effet fluo de par son intensité. Elle vit son regard descendre sur ses lèvres et elle déglutit. Allait-il encore l’embrasser de force comme la dernière fois ? Une part d’elle espérait que oui ce qui la mettait encore plus de mauvaise humeur. − Toute femme aussi belle que vous devrait être peintes au sommet de leur beauté ! Les hommes pourraient ainsi les admirer pour l’éternité. − Les hommes comme vous ? − Il y a un tas de choses sur moi qui vous étonnerais si vous vous donniez la peine de les connaître.             Au lieu de répondre, il lui sourit puis lui effleura la joue de ses doigts colorés.             Même si une part de lui savait que cette situation n’était pas très conforme et surtout pour elle, Travers n’arrivait vraiment pas à la lâcher. Il était complètement hypnotisé par les traits de son visage en colère. Plus d’une fois, il avait entendue et dire cette phrase mais là elle n’était pas plus vraie. La colère lui allait bien et elle lui paraissait encore plus belle que lors de leur brève rencontre devant chez lui, il y a quelques jours.             Il fixa ses lèvres roses encuvées, ses yeux d’un beau brun chocolat, son petit nez droit et ses hautes pommettes. Elle était vraiment plus belle et il devait l’avouer elle commençait à lui plaire vraiment. Elle le troublait au plus haut point. Avec un petit rire, il la relâcha et recula de quelques pas et avec un sourire d’excuse, lui dit : − Rentrez donc. Comme vous voyez j’ai encore de f****e bonne manière. Et veuillez excuser mon comportement machiste mais il est parfois difficile pour un homme comme moi de résister à une aussi belle que vous mais je vous promets je vais essayer d’être plus courtois à l’avenir.             Hochant la tête, Lilah marmonna quelque chose et le dépassant, rebroussa chemin.             Travers l’observa s’en aller avec un petit sourire.             Comme lors de leur dernière rencontre, elle portait un short jean qui dévoilait de magnifiques longues jambes aux galbes parfaits. Sans oublié ses fesses délicieusement rebondies. Levant la tête avec un rire, il contempla le vieux phare. Il avait toujours aimé ce petit coin de Montauk Point car malgré l’affluence des touristes très peu descendaient par ici. Il pouvait rester ici et peindre tout à loisir sans se soucier du soleil. Mais, comment aurait-il pu se douter que quelqu’un aurait découvert son endroit favori et qui l’aurait découvert il était bien heureux que ce fut elle.             En la voyant près de son tableau, il avait cru un instant à une illusion vu qu’il pensait justement à elle. Il n’arrêtait pas de penser à elle depuis qu’il l’avait aperçu devant chez lui encore plus après l’avoir embrassé. Il s’en voulait d’avoir agit ainsi. Il n’était du genre rustre. Généralement. Il ne pouvait pas mettre son comportement uniquement sur le compte de l’alcool qu’il avait bu. Le v*****t désir qui s’était alors embarré de lui le laissant aussi surpris que frustré lui avait fait perdre la tête. Désir et alcool n’ont jamais fait bon ménage, pensa-t-il en rebaissant la tête. Pour remédier à sa frustration née de ce désir impromptu, il l’avait peint. Nue, ivre de plaisir, ses cheveux blonds miel épars sur un drap blanc au milieu de pétales de roses rouges.             Mais, ce n’était que des rêves, pensa-t-il en se tournant vers son tableau. Vu sa manière de se comporter avec elle, il y ait peu de chance qu’elle veuille le revoir ou même le saluer. Alors lui demander s’il pouvait la peindre…               Lorsqu’elle fut à bonne distance, Lilah se retourna et fit Travers accroupit qui griffonnait, de sa main gauche, maintenant dans un cahier. Sans doute le même que l’autre jour. La dessinait-il ? Que s’imaginait-elle donc ? Elle pesta en chemin contre sa rencontre avec Travers. Il réussissait toujours à la faire sortir de ses gongs. Avec un soupir, elle se dirigea vers le phare. Elle était là pour se balader et comptait bien en profiter.
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