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1551 Mots
- J’ai réfléchi tonton et je crois avoir trouvé un plan pour sauver le bar. Patrick, arrêté dans la cuisine derrière les fourneaux, leva la tête vers sa nièce qui venait d’entrer dans la cuisine encore vêture de son pyjama. Un sourire aux lèvres, il déversa le contenu de sa poêle dans une assiette. - Je t’écoute, Lili.             Prenant place sur une chaise, elle huma l’odeur du bacon frit et tira l’assiette que venait de remplir son oncle à elle et avala un morceau encore tout chaud avec plaisir. Après trois jours de réflexion acharnée à peaufiner stratégie afin de trouver un moyen d’aider son oncle elle avait fini par trouver et par élaborer un plan qui elle le savait était le plus approprié. - Pour commencer, on va rembourser ta dette à la banque. Pour ça je vais t’aider.             Patrick se figea et lui jeta un regard désapprobateur. Comme elle l’avait imaginé, il n’aimait pas trop cette partie de son idée. - Non Lili, je n’ai pas besoin de ton argent. - Arrête tonton. C’est déjà fait. Ou presque. - Il s’agit de près de trente mille dollars. C’est de la folie… - Je sais bien, l’interrompit-elle avec un sourire malicieux. Écoute, je sais que tu n’aimes pas qu’on t’aide financièrement mais je ne te laisse pas le choix. En plus, il y a beaucoup de chose qu’on va devoir faire pour attirer la clientèle et tu nous remercieras de t’apporter cette aide financière. Avant de commencer à d’esclaffer écoute-moi au moins.             Patrick observa sa nièce se servir un grand verre de jus d’orange qu’elle but avant de s’asseoir devant la petite table de la cuisine. - Oncle Patrick, ajouta-t-elle en secouant la tête avec une moue boudeuse. On est ta famille, tu ne pensais tout de même pas qu’on allait te laisser perdre ton bar et peut-être même ta maison sans rien faire. - Très bien, je t’écoute.             Lilah prit son temps pour avaler sa gorgée de jus et scruta son oncle.         - Pour commencer, ce n’est pas moi qui compte rembourser ta dette. Même si je gagne bien ma vie et que j’ai réussi à économiser quelques milliers de dollar. C’est Danny qui va rembourser ta dette. Après, c’est le plus riche d’entre nos. Avec sa carrière et tous les sponsors qui s’arrachent sa belle gueule, il peut bien se le permettre. En échange de cela, il souhaite devenir ton associé.             Lorsqu’elle avait appelé son frère deux jours plus tôt et qu’ils avaient commencé à discuter de chose et d’autres, il lui avait dit chercher à investir. Elle a eu alors l’idée de proposer à son frère de s’associer à leur oncle - en plus de lui avoir parlé d’autres options comme lui donnant le nom d’un spécialiste en placement qu’elle avait connu à Los Angeles - et le connaissant ce ne serait que le seul moyen pour qu’il accepte l’aide financière de celui-ci.             Danny avait accepté son idée, restait à convaincre son oncle. - Daniel souhaite s’associer avec moi dans le bar. - Ouais. Le bar est bien placé et après mon intervention sera des plus rentables.             Patrick fronça les sourcils et scruta sa nièce plus attentivement. - De quoi parles-tu, Lilah ?             Lilah avala une bouchée d’œuf brouillé en prenant son temps de le déguster. - Lili ! lança Patrick sur un ton impatient. - Tu cuisines toujours aussi bien, tonton. - Lilah, crache le morceau ! - Ok, ok, dit-elle contente de son petit effet. En fait, j’ai pensé qu’il était temps pour toi de remodeler ton bar. Revoir la décoration et aussi le service. - Quoi ? s’écria-t-il presque.             Nullement impressionnée par le ton bourru de son oncle, elle finit son repas avant de poursuivre. C’était d’ailleurs lorsqu’il était de mauvaise humeur qu’il l’appelait par son nom complet. - Pour commencer, il faut donner un coup de jeune au bar. Je connais quelqu’un qui pourrait le faire et en un très court laps de temps. Et il te faut également un autre barman pour vous suppléer toi et Rod. Mais pas n’importe lequel : une barmaid. Jolie, sexy, attirante : moi. - Toi. Barmaid ? Dit-il d’un ton sceptique. - Eh, oui ! Ne me regarde pas ainsi tonton. Tu sais, j’ai été barmaid et serveuse pendant mes études. Je peux te faire n’importe quel cocktail en un clin d’œil. Aussi,  pourrai-je tenir ce rôle pendant quelques temps jusqu’à trouver une jolie et charmante barmaid pour me remplacer quand je partirai. Elle se tut un moment et observa le visage de son oncle qui ne semblait pas convaincu par ses arguments. - J’ai aussi dans l’idée que l’on  pourrait inviter des musiciens au bar pour qu’ils s’y produisent. À cette période il y a pas mal de fêtes, événements mondains et galas dans tout Hampton et il n’est pas de rare de voir des musiciens s’y produire. On pourrait recruter quelques-uns d’entre eux pour qu’ils fassent des petits concerts au bar. On déterminera les jours plus tard. J’oubliais, il nous faudrait aussi quelques serveuses. Jeunes et sexy. Et avec Rod, on va revoir le menu de ses plats. C’est un excellent cuisinier et tout le monde devrait le connaître.             Patrick scruta sa nièce perplexe puis croisa ses bras sur la poitrine, signe qu’il réfléchissait. - Tes idées ne m’ont pas l’air mal mais cela va coûter une vraie fortune. - Oui. Mais grâce au remboursement de ta dette, la banque pourrait te faire un autre prêt et avec Danny on s’occupera de financer la moitié de la rénovation du bar.             La bouche entrouverte, les yeux écarquillés, Patrick l’observa avant de se passer une main dans les cheveux. - Vous êtes complètement fous ! dit-il en secouant la tête. - Sans doute. Allez, quoi tonton ? Je m’occupe de cette association ? Pour être plus clair, moi je ne serais qu’une associée occasionnelle.             Patrick tourna la tête vers la fenêtre semblant observer dehors tandis qu’elle l’observait patiemment. Elle savait que son oncle était un homme des plus fiers qu’elle connaissait. En cela lui et son père se ressemblaient beaucoup. Mais avec son travail, elle avait pas mal économisé et cela ne la dérangerait nullement de dépenser un peu de cet argent pour lui venir en aide. - Ok, dit-il au bout de quelques minutes. Je vous rembourserai et pas de discussion, ajouta-t-il lorsqu’elle voulu ouvrir la bouche. C’est à prendre ou à laisser. - D’accord, finit-elle par concéder. - Parfait ! Il ne me reste plus qu’à voir si tu es aussi douée que tu le dis comme barmaid. Tu vas t’occuper du bar ce soir. - C’est parfait ! Je vais t’en mettre plein la vue, oncle Patrick. Mais après mon rendez-vous. - Ton rendez-vous ? - Oui j’ai appelé un vieil ami pour qu’il s’occupe de ton bar. C’est l’un des décorateurs les plus en vogue des États-Unis et une excellente réputation même à l’étranger. - Mais comment connais-tu quelqu’un comme ça ? Et puis… Lili ça fait beaucoup. - Pas pour mon oncle préféré, dit-elle avec un sourire charmeur. Écoute, on fera en sorte de garder l’esprit actuel du bar on va juste y apporter quelques petites touches nouvelles. Et puis tu pourras donner ton avis sur les changements à y apporter. - T’arrive toujours à avoir le dernier mot. Comme ta mère, dit-il dans un rire. - C’est pourquoi je suis si douée dans mon travail. Je vais prendre une douche et flâner un peu dans le coin et peut-être faire un tour à Montauk Point admiré le phare. Avant de m’en aller, tu ne connaîtrais pas un certain Travers et tu ne serais pas où je pourrais le trouver ? - Travers ! dit-il surpris. Que lui veux-tu ? Tu es à peine arrivée que tu as déjà des ennuis. Laisse ce pauvre gars tranquille. - Avant de prendre sa défense, tu devrais au moins me demander pourquoi je te demande si tu le connais mais peu importe. On en parlera un peu plus tard. Allez, j’y vais, dit-elle en se dirigeant vers la cage d’escaliers laissant son oncle perplexe.
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