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1677 Mots
Presqu’en même temps, les trois jeunes gens se tournèrent vers un coin sombre du quai d’où provenait la voix et virent un homme surgir de l’ombre. C’était l’homme à la casquette de tout à l’heure. La première chose qui lui vint à l’esprit c’est qu’elle n’avait pas besoin d’un héros pour l’aider. Elle savait très bien se défendre toute seule. Toutefois, elle ne dit rien et le regarda avancer vers eux, apparaissant sous la lumière d’un réverbère tel un personnage d’un vieux film. Il émanait de lui une étrange virilité, une force et un danger presque palpable. Cet homme était dangereux. Sean dû le sentir car il relâcha son emprise sans toutefois lui lâcher le bras.             L’inconnu scruta de son regard froid et luisant d’une étrange lueur argenté les deux jeunes hommes puis se tourna vers elle. - Vous allez bien, mademoiselle ? demanda-t-il sur un ton dur.             Lilah hocha la tête incapable de répondre, fascinée par cet étrange personnage dont la voix et la personne lui semblait quelque peu familière. Pourquoi n’arrivait-elle pas à se souvenir d’où elle l’avait rencontré ? Puis soudain, un déclic se fit dans sa mémoire. C’était l’homme qu’elle avait rencontré le matin même devant l’ancienne maison de Sarah et c’était également lui au bar dont elle avait eu l’impression qu’il l’observait. - Dégagez les gars si vous ne voulez pas vous faire refaire le portrait, reprit-il d’une voix dure et menaçante, entre ses dents.             Il eut un lourd silence qui dura à peine quelques secondes puis elle sentit qu’on lui libérait le bras. - Ok ! Ça va mec, dit Sean d’une voix hésitante en levant les mains en signe de reddition et recula de quelques pas. On y va Steve, lança-t-il à son ami.             Quel b***e de poule mouillée ! pensa-t-elle en les regardant s’en aller presqu’en courant. Toutefois, elle ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement. Cette rencontre aurait pu se terminer bien autrement que par leur débandade. Serait été peut-être elle qui aurait dû se sauver pour échapper à leur empressement. Elle eut un léger frisson qu’elle réprima.             Des bruits de pas lui virent tourner la tête. Elle avait oublié un instant qu’elle n’était pas seule. L’inconnu de ce matin avançait vers elle, ôta sa casquette qu’il rangea dans la poche arrière de son jean puis lui lança un sourire enjôleur. C’était bien lui. Comment n’avait-elle pas pu le reconnaître tout à l’heur eau bar ? C’est vrai qu’elle n’avait jamais été trop physionomiste toutefois on ne pouvait pas oublier un homme tel que lui. Il dégageait vraiment quelque chose. - Il est dangereux de se promener tout seul dans le coin à une telle heure à cette période si chaude de l’année. Surtout pour une aussi jolie fille, lança-t-il d’une voix profondément basse qui la fit frissonner. - C’et gentil de votre part d’être intervenu mais je m’en sortais bien, dit-elle sur un ton sec qui la surprit. Pourquoi était-elle aussi irritée ? Et pourquoi avait-elle l’impression que cela était dû à la présence de cet homme ? - Voilà ce qu’on récolte à être galant, dit-il avec un sourire moqueur en coin, penchant la tête sur le côté. Même pas de merci.             Elle se mordilla la lèvre, en une moue. Zut ! Elle avait oublié la plus élémentaire des manières. - Merci ! dit-elle d’une toute petite voix. - Un merci bien pingre. Il sourit et avança vers elle. D’un geste brusque, il lui prit la main et la tira pour la plaquer contre sa poitrine. - Mais…mais que faites-vous ? demanda-t-elle entre surprise et irritation. - Je vous montre à quel point vous êtes bien faible. Elle essaya de se débattre mais il l’immobilisa en la plaquant contre le poteau du réverbère derrière elle. Elle essaya à nouveau mais s’était comme si elle avait complètement oublié tous ses acquis de défense. Il était bien plus fort qu’elle. Ses épaules si large et ses bras la retenaient sans peine. Elle était à sa merci. La peur s’empara d’elle. Ils étaient seuls ici, loin de tous et il y avait peu de chance que ses cris soient entendus.   Son instinct avait bien eu raison, cet homme n’était pas à prendre à la légère. - Travers. Je m’appelle Travers et vous ? - Lili… Lilah Weatherly. - Lilah… un fort joli prénom. Vous sembliez être très proche du vieux chien de Patrick. Vous êtes sa nouvelle, baby-sitter ? Aurait-il enfin décidé de le garder à l’œil au lieu de le laisser vadrouiller un peu partout dans la ville ? Ce pauvre Max a fini plusieurs fois à la fourrière, vous savez ? - Non, je ne le savais et je ne suis pas ce que vous pensez. Je connais ce chien depuis que je suis ado car je suis la nièce de Patrick Flynn. Et, si j’étais vous je me laisserai tranquille, dit-elle d’un ton qu’elle voulait clair. - Oh ! Désolé de ma méprise, dit-il avec un autre sourire. Je comprends mieux pourquoi ce vieux Max était si proche de vous. - Vous aussi, vous semblez être bien proche de lui, rétorqua-t-elle. - Tout le monde ici connaît autant votre oncle que son chien. En  plus, je suis un très bon client de Patrick et il arrive parfois qu’il vienne me tenir compagnie, dit-il d’un ton volontairement suave. - Il vous tient compagnie ? Demanda-t-elle intriguée. - Sur la plage lorsque que je travaille. Ce chien aime beaucoup vadrouiller.             Lilah le scruta. Avec la nuit, le bleu de ses yeux - dont elle avait du mal à déterminer la nuance exacte - étaient plus sombres et plus envoûtants. Une vague de désir la submergea soudain et si intense qu’elle en fut ébranler. Ce corps contre le sien, fort et tout en muscle. Elle sentit ses joues la picoter. Elle se débattit pour se libérer de cette troublante étreinte forcée mais cela ne servait à rien. Il la regarda fait avec un petit sourire en coin. - Bon, je crois avoir compris ce que vous vouliez dire, dit-elle sentant l’irritation la gagnée. - Vous pensez ? dit-il sur un ton moqueur qui la rendit encore plus furieuse. - Oui. Merci encore d’être venu à mon aide. Vous pouvez me lâcher maintenant, Travers. - Je n’en ai pas très envie. Agacée par son comportement machiste, et commençant à avoir très peur, elle voulut lui dire ce qu’elle pensait de son comportement lorsqu’il lui coupa la parole d’un b****r dur. Surprise par le b****r autant que la brutalité du geste, elle se figea. Pourtant en dépit de ça, elle ne put s’empêcher d’avoir ses sens tout chamboulés sans compter que son cœur s’était mis à s’affoler dans sa poitrine. Reprenant ses sens elle tenta à nouveau de se dégager mais c’était peine perdue. Et pire que ça c’était qu’il embrassait diaboliquement bien. Trop même. Aussi soudainement qu’il l’avait embrassé, il la relâcha. - De rien, dit-il en se dégageant. - Quoi ? Dit-elle l’esprit encore embrumée par la colère et par cet étrange b****r. - J’ai beaucoup aimé venir vous secourir.             Et, avant même qu’elle ait le temps de réagit, en lui mettant une bonne claque, il lui lança un dernier sourire puis disparut en quelques enjambées. - Vous êtes complètement fou, idiot ! lui cria-t-elle mais il y avait peu de chance qu’il l’ait entendu.             Après une bonne minute, Lilah se dégagea de son accoudoir et rentra à la maison de Patrick. Une fois dans son lit, ses doigts se dirigèrent inconsciemment à ses lèvres. De quel droit ce sale individu s’était-il permis de l’embrasser ainsi ? Jamais elle n’avait été ainsi embrassée avec tant de fougue sauvage.             Il avait osé l’embrassé sans sa permission. Elle n’avait pas non plus lutté pour l’en empêcher mais il l’avait prise par surprise ?  Et pourquoi n’arrivait-elle donc pas à regretter ce b****r et lui en vouloir plus ? Elle ne pouvait ignorer qu’il embrassait bien. En d’autres circonstances ce b****r aurait été plutôt agréable. Avait-elle perdu la raison ? Se tança-t-elle en frappant du point contre le matelas.             Posant son bras contre son front, elle ferma les yeux.             Travers. Ce prénom, elle était sûr de l’avoir déjà entendu mais elle ne se rappelait plus par qui et où. Elle y penserait plus tard. Elle avait besoin de réfléchir à tout ce qui s’était passé depuis son arrivé le matin même mais surtout elle avait besoin de repos. Entre son vol depuis Los Angeles et le bus qu’elle avait pris à New York, et le travail qu’elle avait commencé à faire pour oncle Patrick, elle était épuisée et ses réactions s’en ressentaient. Voilà la réponse. Elle était trop épuisée. Une fois reposée, elle chercherait ce Travers et lui mettrait les idées en place. Et lui apprendre peut-être quelques leçons de bonnes manières.
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