Je préparais donc mon sac et avant d'aller chez Iris je fis un détour avec mes frères au cimetière pour rendre visite à notre mère. Sur le chemin nous nous arrêtâmes chez un fleuriste pour choisir un bouquet. C'était le tour de Manoé de choisir le bouquet mais évidemment personne ne se retenait de donner son avis. Le premier bouquet que choisit Nono fut qualifié de maigre par Maxence tandis que le deuxième fut au contraire qualifié de trop par Mathis. Manoé finit par trouver un bouquet qui plaisait à presque tout le monde. Le seul qui trouva quelque chose à dire fut Mathis mais Manoé l'ignora.
Après avoir acheté le bouquet nous nous remîmes en route vers me cimetière. L'endroit en lui même me perturbait. J'ignorais ce que je devais en penser. D'un côté je le trouvais calme et rassurant. C'était le seul endroit où je pouvais voir ma mère alors j'aimais bien y aller. Parler à ma mère me soulageait. D'un autre côté l'endroit me donnait la chaire de poule. Tout était propre, bien entretenu et quand il y avait du soleil le cimetière était même assez accueillant et chaleureux. Cependant ça restait un cimetière. J'avais toujours l'impression que je n'étais pas la bienvenue. Que je faisais trop de bruit. Que je n'avais aucun droit de venir car j'ignorais ce qu'était la mort.
Nous entourâmes la tombe de maman en silence. Sa tombe était assez simple. Une pierre grise et lisse qui brillait au soleil avec gravé dessus le nom de ma mère ainsi que sa date de naissance et de mort. Je pinçais les lèvres quand je me rendis compte que cette dernière était dans quelques jours.
C'était le tour de Maxime de parler. Il prenait du temps à se lancer alors je lui lançais un regard patient.
«Coucou maman...»
Je me mordais la joue en entendant la voix de mon frère se briser. Il fallut quelques secondes à Maxime pour se reprendre alors nous restâmes dans le silence en attendant. Finalement Maxime reprit la parole.
«C'est à mon tour de te parler aujourd'hui. Et tout ce que j'ai à dire est que tu nous manque...»
Maxime se tut de nouveau et j'étouffais un hoquet de douleur.
«Pas un jour passe sans qu'on pense à toi. On te doit bien ça pour tout ce que tu as fait pour nous. Ne serait-ce que pour nous donner la vie.»
Je croyais que j'allais m'étouffer mais je refusais de laisser tomber les larmes. Je finis cependant par craquer et pleurais quelques instants en entendant Maxime dire simplement:
«On t'aime.»
Nous restâmes quelques minutes à nous tenir par la main et à regarder la tombe en silence puis nous sortîmes du cimetière.
La maison d'Iris était plus petite que je n'aurais pensé. Une jolie maison bleue cachée derrière des buissons bien taillés. Tout comme dans Iris il y avait quelque chose d'acceuillant dans cette petite maison malgré la couleur froide de sa façade.
Je sonnais et j'eus à peine le temps d'attendre qu'Iris vint m'ouvrir. Elle sourit en me voyant et me fit signe d'entrer. Je m'éxecutais et Iris me prit mon sac tandis que je retirais mes chaussures.
J'entendis du bruit venant du salon alors je me dirigeais vers ce dernier d'un pas hésitant. Iris me suivit en silence et dans le salon je tombais sur une femme d'environ quarante ans assise devant la télé. La femme se leva en me voyant et me fit la bise.
«Bonsoir.
-Bonsoir. Je me présente je suis la mère d'Iris.
-Enchantée je m'appelle Malinda.
-Enchantée Malinda.»
Un silence gênant s'installa alors que la mère d'Iris se rasseyait sur le canapé alors je cherchais vite quelque chose à dire.
«J'espère que ma venue ne vous dérange pas...
-Non, bien-sûr que non. J'ai fait des lasagnes si vous avez faim.
-J'adore les lasagnes.
-Parfait alors.»
Iris ne ressemblait pas vraiment à sa mère. Iris avait des cheveux bouclés tandis que ceux de sa mère étaient parfaitement raides. Même la couleur de cheveux était différente. Celle de la mère était plus foncée que celle de sa fille. Ce qui me marqua cependant fut les yeux. La mère d'Iris portait des lunettes rouges mais je parviens à voir parfaitement ses yeux à travers. Les yeux d'Iris et de sa mère avaient exactement la même couleur. On aurait dit les même et pourtant ils étaient complètement différents. La mère d'Iris n'avait pas cette lueur froide dans les yeux que j'avais remarqué plusieurs fois chez sa fille. Elle n'avait pas non plus de lueur chaude. Les yeux de la mère d'Iris étaient simples. Sans lueur.
Iris tira ma manche pour me faire reculer. Je la suivais donc à l'autre bout de la maison, dans sa chambre. Cette dernière était simple et épurée au possible. Aucun poster sur les murs, aucune photo... Tout était parfaitement rangé et dans les tons gris. La chambre d'Iris débordait de calme mais aussi de tristesse.
Iris posa mon sac sur sa chaise tandis que je balayais la pièce du regard.
«Tu en penses quoi? me demanda Iris.
-J'aime beaucoup ta maison, Iris.»
Iris me sourit avant de balayer la chambre du regard à son tour.
«Je n'ai vu aucun carton. Vous avez déjà tout sorti?
-On s'est dépêchées. C'est dure de se sentir chez soi s'il y a des cartons partout.
-J'imagine. Personnellement j'ignore si je pourrais me sentir chez moi dans une autre maison que la mienne.
-Tu y habite depuis toujours?
-Oui. Elle était à mes parents.
-Crois moi tu peux t'habituer à tout. Personnellement je considère déjà que cette chambre est ma chambre.
-Et le reste de la maison? demandais-je du tac au tac.»
Iris se tut quelques instants prise de court. J'ignorais ce qu'il y avait de gênant dans ma question mais je m'en voulais de l'avoir posée. C'était sorti tout seul et visiblement j'avais mis le doigt sur quelque chose de douloureux. Je décidais de changer de sujet.
«D'ailleurs il y a un auteur que j'aime bien qui...
-Je ne me suis jamais sentie chez moi.»
Je me taisais d'un coup. La voix d'Iris n'avait jamais été aussi froide qu'à cet instant précis. Je n'osais pas la regarder alors qu'elle continuait sur sa lancée.
«Je ne me suis jamais sentie chez moi dans mon ancienne maison. Ce ne sera pas non plus le cas ici.»
Iris inspira un grand coup. Elle parlait avec tant de calme que j'en avais des frissons. Sa voix aurait dû se briser ou elle aurait dû trembler. Je n'aurais jamais pu dire une chose si triste en étant si calme. Iris en parlait comme si c'était une vérité générale et qu'elle se devait de l'accepter aussi. Comme si c'était logique.
Je finis par lever les yeux vers Iris avec précaution. Cette dernière avait le regard perdu dans le vide. Son regard avait perdu toute froideur. Il était simplement devenu fade. Sans couleur. Mon cœur se serra devant cette scène. On aurait dit qu'elle était morte. Elle n'avait pas l'air triste. Elle ne demandait pas de pitié. Elle avait juste l'air froide, sans émotions. Morte.
Je m'attendais à ce qu'elle continue de parler mais elle n'en fit rien. Je m'avançais vers elle et posais ma main avec douceur sur son épaule. Iris sursauta au contact de ma main et ses yeux regagnèrent leur lueur. C'était comme si elle venait de se réveiller.
«Si tu as besoin de parler je suis là Sisi... lui rappelais-je.»
Iris me dévisagea quelques instants avant de me sourire reconnaissante. Elle n'en dit cependant pas plus. Elle ne devait peut être pas être prête à se confier et je comprenais. Je voulais simplement qu'elle sache que quand elle serait prête j'allais être là pour l'écouter tout comme elle l'avait été pour moi et allait l'être j'en étais persuadée.
Je devais avouer que la mère d'Iris ne m'avait pas semblée très chaleureuse quand je l'avais rencontrée. J'en concluais qu'Iris et elle n'étaient pas très proches. Cela me rendait triste. Je n'avais pas la chance d'avoir une maman alors je ne comprenais pas ceux qui ne profitaient pas de leur maman ne se rendant pas compte de la chance qu'ils avaient.
Lucas était proche de sa famille mais sans plus. Peut être mes frères et moi étions particuliers. En même temps nous étions orphelins alors nous n'avions que nous pour survivre. Nous devions nous serrer les coudes et cela nous a énormément rapprochés.
J'aurais pensé que perdre un être cher aurait aussi rapproché Iris et sa mère mais c'était tout l'inverse apparemment. Pauvre Iris... Et sa mère aussi. Elles devaient supporter cette perte seules alors qu'elles habitaient sous le même toit. Peut être que la douleur était trop grande après la mort du père d'Iris et qu'elles s'étaient éloignées parce qu'elles avaient trop mal pour s'en parler. Alors petit à petit elles se sont isolées et ne sont jamais revenues l'une vers l'autre.
Je secouais la tête. Je devais arrêter de tout suranalyser. Je ne connaissais rien de la vie d'Iris ou presque. J'avais peut être tout faux.
«Tu as faim? me demanda Iris d'un coup.»
Nous sortîmes de la chambre et je suivais Iris à la cuisine où elle sortit du frigo un plat de lasagnes. Iris plaça sur deux assiettes une part pour chacune d'entre nous puis les fit réchauffer.
Nous prîmes les assiettes et retournâmes dans la chambre d'Iris manger.
«Hum c'est super bon... dis-je.»
Iris approuva la bouche remplit de lasagnes. Je ris en voyant ses joues gonflées. Iris me lança un regard perdu ce qui lui donna encore plus un air de poisson et donc me fit rire de plus belle.
Elle finit par comprendre pourquoi je riais et fit une moue adorable qui se voulait énervée mais qui n'eut pas beaucoup d'effet à cause de la tonne de nourriture qu'elle avait stocké dans ses joues.
Iris finit par avaler sa bouchée.
«J'ai essayé de faire des lasagnes une fois. Elles n'étaient pas mauvaises mais pour une raison qui m'échappe ma mère y arrive mieux que moi.
-Tu cuisine beaucoup? demandais-je.
-Oui. C'est un de mes passe temps favoris. J'essaye de nouvelles recettes presque tous les jours.
-Ah oui? Qu'est ce qui te plaît tant dans la cuisine?
-Je ne sais pas exactement... On part de rien et on arrive à quelque chose de délicieux. J'aime tellement manger que c'était naturel pour moi d'apprendre à cuisiner. Manger remplit mon estomac et j'ai l'impression d'être pleine.»
Je fronçais les sourcils. Je sentais qu'il y avait un sens plus large derrière ce mot. Je me mordais la lèvre. Iris devait éprouver un manque immense depuis la mort de son père. Elle devait essayer de le remplir avec la nourriture.
«Je ne sais même pas pourquoi mais j'aime suivre la recette. Voir ce que ça donne si je fais ce qu'on me dit. C'est étrange vu comme cela. Qui voudrait être commandé? Parfois je refais une recette et j'essaye d'ajouter un ingrédient ou d'en retirer un. Puis je compare. Ce qui me perturbe est que même si je mets exactement autant d'ingrédients et que je suis parfaitement la recette à deux reprises, le goût ne sera pas exactement le même.»
Iris se tut d'un coup et leva son regard vers moi. Je lui souris mais elle baissa son regard très vite.
«Je parle trop.
-Non, non. C'est adorable de te voir passionnée à ce point par quelque chose.»
Iris leva un sourcil au mot adorable. Il était rare de l'entendre parler à propos d'elle pendant si longtemps. J'aurais voulu l'écouter parler pendant des heures encore mais malheureusement pour moi Iris avait décidé de mettre fin à son monologue. Je décidais de la relancer.
«Et c'est quoi ton plat préféré? À cuisiner et à manger?»
Iris réfléchit quelques secondes.
«J'aime manger tous les plats. Je n'ai pas de préférence. En ce qui concerne les plats que je cuisine... Je fais surtout du salé. J'aime beaucoup manger les plats italiens cependant je trouve qu'ils ne sont pas assez intéressants à reproduire. Surtout quand il y a des pâtes dedans. J'aime pas faire des pâtes.
-Pourquoi? demandais-je en souriant.
-Je l'ignore. C'est ennuyant les pâtes. Soit trop dures. Soit trop moles. Il n'y a jamais de juste milieu.
-Si tu le dis... soufflais-je amusée.
-Sinon, à part les pâtes, j'aime bien tout. J'aime bien éplucher des légumes alors que quand on y pense c'est pas une super activité. J'aime aussi les laver ce qui n'est pas mieux. Faire cuire la viande, l'assaisonner... J'adore faire de la purée de pommes de terre et la manger avec différentes viandes.»
Je souriais de toutes mes dents. Je ne pouvais m'en empêcher. Je n'avais jamais vu Iris ainsi et j'aimais beaucoup ce nouveau visage que je découvrais. Les yeux de mon amie brillaient de mille feux tant elle était perdue dans son monde. Son visage était plus illuminé que jamais alors qu'elle ne souriait même pas.
L'entendre parler ainsi me donnait extrêmement envie de goûter à sa cuisine. Vu tout l'amour qu'elle portait dans ses explications je ne pouvais qu'imaginer ses plats.
«Tu voudrais bien me faire quelque chose à manger s'il te plaît? suppliais-je presque.»
Iris me regarda perplexe.
«Après tout ce que tu as dit j'ai tellement envie de goûter à ta cuisine... avouais-je.»
Iris eut un petit sourire en coin.
«Okay. Un jour si tu veux on se fera à manger ensemble.
-Ensemble? Tu veux que je t'aide à cuisiner?
-Oui.
-Oula mauvaise idée. Je suis une catastrophe ambulante.»
Iris sourit se remémorant l'accident en TP de chimie.
«Ça va être drôle.»
Iris me regardait droit dans les yeux. La lueur passionnée que j'avais aperçu dans ses yeux de naturel froids avait disparu et son regard était devenu perçant comme d'habitude. Quoi que il restait une certaine chaleur qui nous rappelait que la lueur avait bel et bien était là. Que nous n'avions pas rêvés.
Je ne pouvais rien refuser à cette chaleur qui irradiait de ses yeux.
«Bon okay... Mais si je mets le feu à la maison c'est ta faute.
-Je vais appeler les pompiers en avance au cas où.
-Sage décision.»
Nous rîmes avant de nous remettre à manger. Iris avait fini de manger bien avant moi alors je me pressais. Comme elle avait encore faim Iris me proposa aussi de reprendre une part de lasagnes. J'acceptais volontiers.
Une fois fini je proposais à Iris de l'aider faire la vaisselle. Elle refusa catégoriquement de me laisser aider alors je restais simplement à ses côtés et lui parlais pendant qu'elle nettoyait nos assiettes. Je me sentais mal de ne pas l'aider mais Iris pouvait se montrer très têtue.
Après avoir lavé les assiettes Iris me montra où était la salle de bain et je prenais une douche rapide. Il le fallut quelques secondes pour comprendre le fonctionnement de la douche mais une fois fait je profitais de l'eau brûlante qui me détendait.
Une fois en pyjama je retournais dans la chambre d'Iris. Cette dernière prit donc ma place dans la douche. En l'attendant je décidais de jeter un œil plus précis à la chambre. Cependant cette dernière était tellement épurée et rangée qu'il n'y avait pas grand chose à voir en plus et je ne me voyais pas fouiller dans les placards.
Mes yeux s'attardèrent sur une pile de livres posée sur le bureau d'Iris. Je n'en connaissais pas la plupart mais à en juger par les couvertures Iris avait dit vrai en ce qui concernait son goût étrange pour la littérature.
Iris fut prête en quelques minutes et me rejoignit dans la chambre en pyjama. Même dans cette tenue je la trouvais toujours magnifique. Elle portait simplement un gros t-shirt et un short tout comme moi mais cette tenue arrivait quand même à la mettre énormément en valeur.
Nous avions passé énormément de temps à parler et il était tard alors nous décidions qu'il était temps de nous coucher. Nous nous allongeâmes dans le lit et Iris éteignit la lumière.
«Si jamais tu fais un cauchemar je suis là.»
Je lui sourit dans l'obscurité.
«Merci. Et si jamais tu n'arrives pas à dormir je suis là aussi d'accord?
-D'accord.»
Iris se tut quelques instants avant d'ajouter en chuchotant:
«Bonne nuit Mal.
-Bonne nuit Sisi.»
Sur ce nous nous tûmes pour de bon et essayâmes de dormir. Je devais avouer que j'étais légèrement déçue qu'Iris ne décida pas d'entrelacer nos doigts comme la nuit d'avant mais je m'endormais quand même très vite.
Cependant je me réveillais tout aussi vite le cœur battant plus vite que d'habitude. Tandis que je calmais ma respiration je sentis Iris poser sa tête contre mon épaule. J'ignorais si elle était endormie ou réveillée mais son contact me détendit. Je fermais les yeux et essayais de me rendormir.
Soudain Iris se redressa et sans que j'eus le temps de réfléchir je posais à mon tour ma tête contre son épaule. Mes paupières étaient de plus en plus lourdes et j'étais pas loin de me rendormir quand je sentis Iris bouger de nouveau. Cette fois ci elle ne s'éloigna pas de moi. Au contraire. Elle passa son bras droit sous ma tête et je n'aurais jamais cru qu'elle serait si confortable.
Je souris quand au bout de quelques secondes Iris posa sa main droite sur ma hanche et me tira vers elle. À présent j'étais complètement allongée sur elle. Ma tête au niveau de son cœur que j'entendais battre étrangement vite.
Iris m'encercla de ses bras et me retint fermement contre elle tout en posant sa tête sur mon crâne.
J'étais tellement bien dans ses bras que je ne voulais pas m'endormir. Je ne voulais pas que la nuit passe. Je me sentais tellement en sécurité dans ses bras. Comme si rien ne pouvait m'atteindre tant qu'Iris me retenait contre elle.
Iris se mit à caresser mon côté avec douceur. Elle déplaçait sa main de haut en bas sur mon t-shirt seulement de quelques centimètres. J'étais complètement réveillée à présent. Mon cœur s'était calmé et battait de nouveau à un débit raisonnable cependant il y avait quelque chose d'étrange.
Je ne ressentais rien de douloureux ou de gênant. J'étais tout simplement calme. Pas calme comme quand j'avais bu mais c'en était pas loin.
Sans que je me rende compte je tombais dans un sommeil plus profond que jamais. Je me réveillais d'un coup quelques minutes ou heures après et souris en me rendant compte que j'étais toujours dans ses bras.
Soudain je sentis Iris presser mon épaule droite avec douceur et naturellement je tournais sur mon autre côté. Iris se tourna à son tour sur le même côté et plaça de nouveau son bras sous ma tête. Nous restâmes quelques minutes simplement allongées ainsi puis Iris posa de nouveau sa main sur ma hanche. Je remuais légèrement vers elle pour lui faire comprendre que je voulais être dans ses bras. Iris ne se laissa pas prier et me tira vers elle avec douceur mais détermination à la fois.
Iris passa son deuxième bras autour de moi et attrapa son autre main. J'étais comme enfermée dans ses bras et c'était très agréable. Je posais ma main sur les siennes ne voulant pas qu'elle me lâche ne serait-ce qu'une seconde.
Alors que nous dormions je sentis Iris poser sa tête contre la mienne et me tirer encore plus vers elle de temps en temps. Iris me pressa de nouveau l'épaule une ou deux fois pour que nous changions de position mais elle ne me lâcha pas une seconde.
Je finis par me réveiller pour de bon et vis quelques rayons de soleil s'infiltrer à travers les volets fermés. Je souris quand je me rendis compte qu'Iris dormait encore. J'avais envie de faire pipi mais je ne pouvais pas me résoudre à me lever. Je ne voulais pas réveiller Iris d'une part et d'autre part j'avais peur que si je quittais ses bras quand j'allais revenir elle n'allait plus me serrer contre elle. Je restais donc contre elle et fermais les yeux essayant de profiter un peu plus de ce confort.
Je finis par avoir très envie d'aller aux toilettes alors je me retirais de ses bras avec autant de douceur que possible. Visiblement toute la douceur dont j'étais capable n'était pas suffisante parce que Iris ouvrit les yeux et me lança un regard interrogateur.
«Je reviens...»
Sur ce je quittais la chambre et me dépêchais de revenir mais à mon retour Iris était déjà assise dans le lit. Je m'assis à ses côtés résignée. Je n'osais pas demander si elle avait bien dormi. J'ignorais pourquoi mais quelque part j'étais gênée. Pourquoi est ce que j'avais à être gênée? Iris était mon amie et j'étais extrêmement calme et rassurée à ses côtés.
«Tu as bien dormi? finit par me demander Iris.
-Oui, oui. Et toi?
-Oui moi aussi.»
Fidèle à elle même Iris proposa que nous allions manger. Je la suivais aller chercher de quoi manger à la cuisine et fut légèrement perturbée quand je me rendis compte que nous faisions comme si rien ne s'était passé. Enfin ce n'était pas comme s'il s'était passé quelque chose d'incroyable non plus mais le fait qu'on n'en parle pas donnait quelque chose d'intime et de magique aux faits.
Je me sentais très détendue aux côtés d'Iris. Encore plus que d'habitude. Je me sentais à l'aise, acceptée. C'était très agréable et cela me fit chaud au cœur. Pourtant rien ne changea. C'en était à la fois rassurant et perturbant. Iris et moi discutions de la même manière. Il n'y avait pas de gêne ou de quelconque changement. Nous étions simplement nous même.