À midi Lucas nous rejoignit et nous allâmes manger tous les trois dans un fast food. Iris qui venait de manger même pas deux heures avant dévorait son hamburger avec le même appétit que si elle n'avait pas mangé depuis des semaines. Lucas commençait à s'habituer à voir Iris manger tant que cela.
Peu de temps après avoir fini de manger nous nous dirigeâmes vers le cinéma afin d'être sûrs d'avoir de bonnes places. Lucas et moi prenions des sièges doubles de temps en temps car c'était plus confortable et cela changeait des sièges habituels. Cependant quand je vis qu'il restaient des sièges doubles je pensais à Iris. J'ignorais pourquoi mais je me voyais assise à ses côtés dans un siège double. Je voulais qu'on se mette à côté mais je ne dis rien. Après tout nous étions impairs et je ne voulais pas non plus que Lucas soit loin de moi.
Nous prîmes donc des sièges simples centrés et Iris acheta du pop corn avant d'entrer. Elle me proposa de m'acheter quelque chose mais Lucas et moi n'avions plus vraiment faim.
Je me retrouvais assise entre mes deux amis ce qui me fit chaud au cœur. J'étais heureuse. À ma gauche se trouvait mon meilleur ami d'enfance et à ma droite Iris. Je n'aurais pas pû rêver mieux.
Le film se lança et il était très bien cependant quelques minutes après le début je me retrouvais à fixer la main d'Iris posée sur son accoudoir. Je repensais à la veille où j'avais dormi dans ses bras. J'ignorais pourquoi mais je n'arrivais pas à penser à autre chose. Je sentais encore son cœur battre et ses bras qui m'entouraient. Cela avait été si agréable que je ne voulais plus jamais dormir seule.
Je finis par me reconcentrer sur le film. Ce dernier m'avait beaucoup plut et quand les lumières s'allumèrent j'avais un sourire immense affiché sur les lèvres. Je ne voulais pas rentrer. Pas encore. Nous trouvâmes donc un parc et nous assîmes sur un banc au soleil.
«J'ai beaucoup aimé le film.»
Je fermais les yeux et tournais la tête vers le soleil de bonne humeur. La frustration que j'avais ressenti en repensant à ma nuit passée dans les bras d'Iris avait fini par disparaître. Je me sentais apaisée comme si j'étais en vacances. Je n'avais pas l'impression d'avoir quoi que ce soit à faire. J'avais l'impression de n'avoir aucune obligation et le monde me paraissait merveilleux.
Lucas sourit sentant mon humeur.
«Ouais il était pas mal du tout. Les effets spéciaux étaient fous et les acteurs étaient vraiment très biens. Franchement chapeau.
-Je suis du même avis que Lucas, dit Iris. Le petit garçon était insupportable mais c'est peut être positif finalement. L'acteur a joué son rôle à la perfection. J'avais envie de l'étranger.»
Nous rîmes et débattîmes un moment sur le film en question.
«J'imagine que ton préféré était Charles n'est-ce pas? me demanda Iris.»
Je souris en repensant au personnage.
«Tu as vu juste. Charles est un personnage tellement profond... À première vue c'est juste quelqu'un de drôle qui profite à fond de la vie mais quand tu regarde mieux tu te rendre compte qu'il n'est pas si je m'en foutiste ou bête que cela. Il m'a horriblement touchée.»
Une larme coula sur ma joue et Lucas leva les yeux au ciel amusé.
«Le pauvre est vraiment seul au final. Il est entouré de tellement de personnes mais personne ne voit qu'il souffre. J'avais tellement envie de lui faire un câlin...
-Aww trop mignonne.»
Lucas me tira vers lui amusé et touché à la fois. Il ébouriffa mes cheveux tout en me précisant pour la millième fois de sa vie que ce n'était qu'un film. Je n'avais pas vraiment honte de pleurer pour une fois. Je me sentais trop bien et heureuse. J'avais beaucoup de chance comparé à Charles et je lui souhaitais de trouver quelqu'un sur qui compter dans le prochain film.
Lucas finit par ma lâcher et Iris me sourit avec douceur. Je lui rendis son sourire.
«Tu as pensé quoi de Charles? demandais-je d'un coup à Iris.»
L'intéressée se tut quelques instants soucieuse de me donner une réponse réfléchie et sincère.
«Fais attention à ce que tu vas dire... la prévint Lucas avec un demi sourire.
-Eh bien je ne peux que l'admirer. Il ne laisse rien paraître malgré sa douleur et personne ne lui vient en aide mais il n'avait pas vraiment l'air d'en avoir besoin. Enfin si il avait besoin d'aide mais il refusait d'en demander et je trouve que c'est admirable.»
Je hochais la tête. J'avais envie d'avoir l'avis d'Iris sur tout. À chaque fois qu'elle ouvrait son cœur je découvrais quelque chose de fascinant que je n'avais pas encore remarqué. Mais en même temps à chaque fois qu'elle s'ouvrait je sentais un froid. Comme un grincement en fond sonore.
Nous restâmes à discuter jusqu'à ce qu'il commença à faire froid. Le lendemain je me levais de bonne heure excitée. J'avais très envie d'aller en cours. Bien plus que d'habitude et j'ignorais pourquoi. Le fait que Maxence occupe la salle de bain de l'étage au lieu de celle du bas m'irrita plus que cela n'aurait dû. Je me dépêchais de descendre en bas pour être fin prête. Je ne voulais pas être en retard. Pas aujourd'hui. Je réveillais même Marcus en avance.
Lucas fut surpris de nous voir arriver si tôt. Je dus même lui envoyer un message pour qu'il sorte.
«Eh bah. Vous avez vingt minutes d'avance. C'est du jamais vu.
-C'est seulement parce que Mal m'a réveillé super tôt. Ne t'habitues pas.
-Je me disais aussi que c'était trop beau pour être vrai.»
Iris était déjà devant la salle quand nous arrivâmes. Elle nous gratifia de son sourire pétillant pour nous saluer. Mon cœur rata un battement quand je la vis.
En cours je n'arrivais pas à me concentrer. J'avais beau essayer mon cerveau divaguait à chaque instant et Lucas me réveillait de temps en temps amusé. Soudain j'eus une idée. J'arrachais une feuille de mon cahier et volais le crayon à papier de Lucas. Ce dernier me regarda faire un sourcil froncé.
«Mais je t'en pris sers toi.
-Merci!»
Je lui souris de toutes mes dents avant de me reconcentrer sur ma feuille. Lucas secoua la tête amusé.
«Qu'est ce que tu fais?
-J'écris une petite histoire.
-Je pourrai lire?
-Oui si tu veux. Je l'écris pour Iris. On s'échangeait des livres jusque là mais j'ai envie de lui faire lire quelque chose que j'ai rédigé moi même.
-Et moi tu ne me rédige rien? demanda Lucas faisant mine d'être vexé.
-Roh mais si je vais te rédiger quelque chose aussi si tu veux.
-J'espère bien.
-Mais je croyais que tu n'aimais pas lire.
-Ouais mais quand c'est toi c'est différent.»
Je souris à mon meilleur ami touchée. Je lui avais écris quelques petites histoires quand nous étions plus jeunes mais j'avais arrêté à notre entrée au lycée. J'ignorais moi même pourquoi.
Je n'avais pas vraiment écouté le cours le reste de l'heure. Je m'étais concentrée sur la nouvelle que j'allais faire lire à Iris. J'ignorais pourquoi je me mettais une telle pression mais je voulais que ce soit parfait. Je me relisais jusqu'à ce qu'il n'y ait aucune faute mais n'eus pas le temps de repasser au stylo. Je pliais donc la feuille et décidais de lui donner ainsi. Iris leva un sourcil curieuse en voyant la feuille pliée. Je ne sus que dire alors je me contentais de lui sourire nerveuse et excitée à la fois.
Iris ouvrit la feuille afin de regarder ce qu'il y avait d'écris dessus. J'avais beau avoir horriblement envie de voir sa réaction j'avais aussi soudain peur. Je ne voulais pas savoir ce qu'elle allait en penser. J'avais pris mes pieds à mon cou et avais littéralement courue au prochain cours. J'avais planté Iris qui m'avait regardée partir perplexe. Quant à Lucas il s'était lancé à ma poursuite perdu.
Je scrutais le visage d'Iris durant le cours suivant. Elle s'était entièrement désintéressée du cours et était plongée dans la lecture de ma nouvelle. Elle n'avait même pas pris la peine d'ouvrir son cahier. La prof lui fit la remarque et Iris se contenta d'ouvrir son cahier à une page random le regard toujours scotché sur mon écriture.
Elle finit par lever la tête et la tourner vers moi. Je sursautais presque quand nos regards se croisèrent. Iris me sourit ce qui me fit chaud au cœur. J'étais pleinement satisfaite vu qu'Iris avait semblé avoir aimé mon écrit. Je me sentais spéciale tout à coup même si je n'avais rien fait d'incroyable après tout. Mais en même temps j'avais envie d'en savoir plus. J'avais envie de discuter avec Iris et connaître son avis profond sur mon style et ma petite histoire. Je me retenais de lui demander en plein cours gênée. Pour m'occuper l'esprit je décidais d'écrire une petite histoire mignonne pour mon meilleur ami aussi.
À la pause je tendais la feuille à Lucas tout sourire et il la rangea dans son sac en me rendant mon sourire. J'en profitais pour me tourner vers Iris et lui demander:
«Alors tu en as pensé quoi? J'ai juste écris cette petite histoire comme ça pour toi et je voulais te la donner.»
Iris ouvrit grand les yeux comme si elle était surprise que qui que ce soit lui écrive une histoire rien que pour elle. Elle avait l'air touchée ce qui me fit plaisir. Iris réfléchit quelques instants avant de me faire une réponse développée sachant que je voulais l'entendre parler.
«Ta vision du monde m'a fascinée jusque là et je suis encore plus émerveillée en voyant que tu arrive à rendre cette chaleur dans ton écriture. Quoi que la fin est assez triste. J'ai beaucoup aimé. Cela ne m'a pas déplu au contraire. C'était la chute parfaite. Mais cela m'a surprise je dois l'avouer. Il y a une tristesse profonde dans ton écriture et une compassion envers le monde entier que je trouve adorable. Je suis touchée que tu ais écris cela pour moi. Merci.»
Je souris aux anges. Cela me donna envie d'écrire encore plus d'histoires pour Iris mais je ne voulais pas l'embêter. Elle me disait tout cela peut être seulement par politesse après tout.
Mon amie me sourit devinant mes pensées.
«Tu peux m'écrire autant d'histoires que tu veux. Je serais honorée de les lire. Honnêtement.»
Je sautillais sur place.
Il ne fallut pas me le dire deux fois. L'heure d'après j'avais déjà écris une autre histoire qui avait été bien plus triste et sombre que la première mais je sentais qu'Iris allait aimer.
Je lui donnais donc à la pause de midi puis nous allions manger. Je fus surprise quand des plateaux se posèrent à côté de nous. Je regardais les nouveaux arrivants perturbée.
«Hola tout le monde! lança un des inconnus.»
Trois garçons de notre âge s'assirent à notre table. Ils souriaient tous de manière chaleureuse alors je leur rendais leur sourire malgré ma surprise. Ils avaient l'air gentils.
Lucas n'avait pas l'air spécialement perturbé par la présence des nouveaux venus. Il leur serra même la main chaleureusement. Je détaillais donc leurs visages avec plus d'intérêt et me rendis compte que je les avais déjà vus quelque part. Cela n'était pas vraiment surprenant. Après tout nous étions dans le même lycée j'avais dû déjà les croiser dans les couloirs. Cependant leurs visages m'étaient plus familiers que cela. Je me rendis compte qu'Iris me fixait et Lucas avait lui aussi remarqué mon expression perdue. J'avais l'impression d'être la seule à être déstabilisée par l'arrivée de ces personnes.
«Pourquoi tu fais cette tête Mal? me demanda Lucas amusé.
-Hum...»
J'étais soudain gênée. Cela ne se faisait pas vraiment de demander à quelqu'un qui il était et ce qu'il faisait là.
«Rien tout va bien.»
Lucas rit devinant mon problème.
«Tu avais bu tant que ça?»
Je fronçais les sourcils de plus belle.
«À la soirée.»
Je commençais à comprendre mais n'était pas encore parfaitement éclairée.
«C'est avec ces gars que j'ai bu.»
Je balayais les visages un par un avant d'inspirer un grand coup.
«Mais oui!»
Les garçons rirent à leur tour.
«Désolée. Je me souvenais de vos visages évidemment mais je ne me souvenais plus où je les avais vus.
-T'avais l'air assez bien en même temps.»
Un des garçons me fit un clin d'oeil et je ris gênée en repensant à la soirée. Je n'aurais jamais dû boire tant que cela. Le garçon qui m'avait fait le clin d'oeil me sourit de toutes ses dents.
«Désolé on a été assez mal élevés. On a oublié de nous présenter.»
Il désigna le garçon en face de lui de la main. Il avait des cheveux bruns et quelques tâches de rousseur discrètes.
«Je te présente Anton mais tout le monde l'appelle Tomi.»
Il désigna ensuite celui qui s'était assis aux côtés de Lucas en diagonale de lui. Le garçon avait lui aussi les cheveux bruns légèrement bouclés avec un peu plus bronzée que celle d'Anton.
«Voici Pedro. Il n'a pas besoin de surnom son nom est déjà assez drôle.»
Je souris. Pedro leva les yeux au ciel feignant d'être irrité mais je voyais bien que la remarque ne l'avait pas vexé. Le dernier inconnu se désigna lui même avec un petit sourire charmeur. Je sentais Iris s'agiter sur son siège.
«Et pour finir, le meilleur pour la fin. Je m'appelle Elio. Mais tu peux m'appeler Léo.
-On préfère Elio.»
Les regards se posèrent sur Iris qui venait de parler d'un ton sec. Son regard était froid et dure comme la pierre. Je n'avais jamais vu son visage être aussi froid. Si je ne l'avais pas connue j'aurais eu peur d'elle. Les garçons sentirent le froid dans l'air et Elio rit essayant de le dissiper.
«Je suis contente de vous connaître à présent. Je me présente aussi. Je m'appelle Malinda mais tout le monde m'appelle Mal.»
Je sentais Iris me fusiller du regard sans comprendre ses raisons.
«Et voici mes amis Lucas et Iris.»
Lucas hocha amicalement la tête. Quant à Iris elle baissa la tête vers son assiette et continua à manger. Elle ne s'était jamais montrée particulièrement amicale avec des inconnus mais je ne l'avais jamais vue si froide. Je la regardais avec insistance pour savoir si elle allait bien. Elle finit par sentir mon regard et me sourit rapidement avant de se remettre à manger.
«D'ailleurs, il y a une autre soirée de prévue vendredi chez Hugo. Vous allez venir?»
Les yeux de Lucas s'illuminèrent.
«On n'a pas été invités mais si vous pouvez nous faire entrer alors avec plaisir!»
Elio hocha la tête.
«T'inquiète Hugo s'en fiche.
-Parfait.»
Soudain il se tourna vers moi avec son sourire chaleureux qui ne le quittait plus.
«Tu viens aussi?»
Je haussais les épaules.
«Je ne sais pas encore.»
Lucas hocha la tête.
«Faut qu'elle demande à son frère. Il est assez strict. Mais t'inquiète je vais plaider sa cause.»
Elio pinça les lèvres.
«Vous n'êtes pas frère et sœur?»
Nous nous regardâmes avec Lucas amusés. Nous avions l'habitude de cette erreur. Nous passions tout notre temps ensemble, nous connaissions depuis toujours, arrivions ensemble le matin, nous ressemblions beaucoup... Nous étions flattés quand les gens se trompaient.
Je vis Iris relever d'un coup la tête avec un petit sourire.
«Non, on n'est pas de la même famille. On a l'habitude que les gens se trompent.
-Mais... Vous êtes proches?»
Je souris de plus belle.
«Oui, on est meilleurs amis.»
Les épaules d'Elio retombèrent d'un coup soulagé. Iris se leva d'un coup en faisant racler sa chaise et assiette en main elle alla demander du rab. Elle revint vite et se laissa tomber sur sa chaise continuant à manger de mauvaise humeur.
Anton écarquilla les yeux impressionné.
«Comment est-ce possible de manger autant?»
Iris leva à peine les yeux vers lui continuant à remplir son estomac quoi que je doutais qu'il lui restait beaucoup de place. Anton continua.
«Surtout avec un corps comme ça...»
Je levais la tête vers lui d'un coup et fut dégoutée de le voir déshabiller Iris du regard ainsi. J'en eus des frissons et ce n'était pas du tout agréable. Moi qui avais trouvé ces garçons agréables et souriants je n'étais plus du tout contente de leur présence. Je voulais qu'ils partent et qu'on soit de nouveau que tous les trois. Je regardais l'heure.
«Bon, on devrait pas tarder à y aller.»
Iris leva vers moi des yeux interrogateurs mais je n'osais pas croiser son regard. J'ignorais pourquoi je me comportais ainsi. J'avais honte mais j'étais jalouse. Iris était mon amie pas la leur. Je voulais la garder pour moi toute seule.
Tout à coup Iris se redressa de bien meilleur humeur et un sourire illumina son visage.
«Tu es bien plus jolie quand tu souris.»
Je fusillais Anton du regard. Évidemment qu'Iris était magnifique et pas que quand elle souriait.
«Je sais.»
Iris resta les yeux fixés sur moi. Je finis par croiser son regard et je sentis mon cœur accélérer d'un coup. Son regard était tellement profond et aspirant que j'en avais le tourni. Elle avait l'air de bien meilleure humeur tout à coup et arrêta de manger. Elle ne baissa plus la tête dans son assiette et la gardait bien haute en regardant les garçons droit dans les yeux. Je devais avouer que je ne comprenais pas ses sauts d'humeur mais la voir sourire ainsi m'avait mise de bonne humeur à mon tour.
Nous restâmes donc encore quelques minutes à discuter avec les garçons dans la bonne humeur. L'ambiance était devenue beaucoup plus légère et agréable et nous plaisantâmes même. Je m'en voulais d'avoir voulu partir. Les garçons avaient l'air gentils. À part Anton qui ne m'inspirait rien de bon mais j'essayais de lui sourire.
Nous finîmes par devoir vraiment y aller et Lucas n'attendit pas pour nous questionner.
«Qu'est ce qu'il s'est passé au juste?»
Iris et moi le regardions ne comprenant pas de quoi il parlait.
«Un moment vous êtes normales, l'autre vous faites la gueule et ensuite vous êtes de super bonne humeur. Je suis perdu moi avec vos sauts d'humeur.»
Iris et moi échangeâmes un sourire complice. Lucas soupira irrité.
«Ah non il est hors de question que je sois mis de côté!»
Je lui souris de toutes mes dents décidée à ne pas parler simplement pour l'énerver. Lucas souffla exaspéré et accéléra le pas d'un coup.
«Je préférais quand les gars étaient là pour me tenir compagnie.»
Nous rîmes avant de le rattraper.
Le reste de la journée passa normalement. J'essayais d'écouter en cours mais Lucas était devenu très bavard d'un coup et je n'eus pas la possibilité de suivre à ses côtés. Nous parlâmes surtout de photographie puis un peu de films.
«D'ailleurs j'ai lu ton histoire.
-Tu as aimé?
-Tu rigoles? J'ai adoré. Tu es mon auteur préféré. En fait tu es la seule que j'aime. En fait la seule que je lis.»
Je ris touchée.
«Tu me répète en boucle de publier mes photos mais quand est ce que tu vas publier un livre?»
Je baissais le regard.
«Jamais.»
Lucas souffla.
«T'es pas drôle.»
J'ouvrais de gros yeux.
«C'est toi qui dis ça? Je ne veux pas en faire un métier moi. C'est juste un passe temps. Je préfère les svt. Mais toi...»
Je me tus d'un coup sachant que c'était un sujet sensible.
«Tu devrais y penser...»
Lucas baissa le regard triste et j'eus mal au cœur. Je sentais qu'il avait envie d'en parler mais c'était le seul sujet qu'il n'arrivait pas à aborder avec moi. Il finissait vite par changer de sujet et je me disais qu'il avait besoin de temps. J'espérais que ses parents allaient arrêter de le pousser à faire des études qui ne l'intéressaient pas et comprendre ce qu'il voulait vraiment.
Le dernier cours finit par arriver et je proposais à Iris de la déposer chez elle mais elle déclina mon offre. Nous dépôsâmes donc Lucas chez lui avec Marcus avant de rentrer chez nous. Comme d'habitude nous pouvions deviner la présence de nos frères de l'extérieur. À ce que j'entendais je devinais que Maxence avait dû de nouveau critiquer la musique de Manoé. Mon hypothèse se confirma lorsque en entrant je vis Maxence courir dans tous les sens essayant d'échapper à un Manoé énervé.
Je souris en voyant Mathieu assis à la table en bois fixant ses mains épuisé. Je décidais de m'asseoir à ses côtés et faillis être renversée par Maxence sur mon chemin.
«Bouge Mal!»
Je me dépêchais de m'asseoir sentant que ma vie était en danger. Mathieu sourit en me voyant prendre place autour de la table.
«Comment s'est passée ta journée? me demanda-t-il avec douceur.»
Maxime nous rejoignit. Je souris.
«Ça s'est très bien passé.
-Il s'est passé quelque chose d'intéressant? me demanda Maxime curieux.
-Non pas du tout mais c'était quand même bien.»
Mathieu tandis le bras tandis que Maxence passait près se lui. Ce dernier s'étala par terre et se mit à grogner en se frottant la tête visiblement irrité. Manoé en profita pour l'attraper par le col et le soulever mais Mathieu lui ordonna de le lâcher. Le pauvre avait l'air particulièrement fatigué.
«Arrêtez de courir partout. Venez plutôt vous asseoir pour parler.»
Les garçons firent la grimace mais s'assirent autour de la table sans un mot. Je me tournais vers Mathieu.
«Tu as passé une bonne journée?»
Mathieu me sourit avec douceur.
«Oui tout va bien.»
Je souris pas vraiment rassurée. La date se rapprochait dangereusement. Cette période de l'année était la plus dure à passer et Mathieu se renfermait sur lui même quand il avait mal.
«Perso j'ai vu Maxime en tête à tête avec une nouvelle meuf. Je me suis fait un malin plaisir à détruire leur moment.»
Maxime regarda Manoé avec de gros yeux surpris.
«C'est toi qui m'a lancé ton soda dessus? demanda-t-il outré.»
Manoé croisa les bras sur son torse fière.
«Heureusement que je passais par là.»
Maxime soupira.
«Bon je dois avouer que ça m'a sauvé. La meuf était chelou ça m'a permis de m'enfuir.
-Toutes les meufs à qui tu parles sont chelous. Tu devrais commencer à te poser des questions.»
Mathis releva la tête de son cahier un instant un sourire moqueur affiché sur les lèvres.
«Moi au moins on me voit avec des filles.»
Maxence tapota l'épaule de Manoé avec compassion. Ce dernier se redressa d'un coup.
«Il y a des centaines de filles qui rêveraient d'être vues en ma compagnie.
-Ouais mais en attendant tu passes plus de temps enfermé à écrire de la musique qu'à signer des autographes.»
Manoé se leva d'un coup mais Marcus le poussa pour qu'il retombe sur sa chaise. Je sentais bien que quelque chose était différent de d'habitude. Ils étaient trop énergiques. Ils avaient besoin de combler le peu de vide qu'il y avait. Nous restâmes discuter longtemps puis je finis par décider de monter dans ma chambre comme il était tard. Il me restait un peu de devoirs et j'eus une poussée de détermination. J'ouvrais mon sac prête à travailler mais oubliais immédiatement ma bonne résolution dès que je vis un papier plié en quatre tomber au sol.
Je le ramassais me demandant ce que c'était et le dépliais. Je reconnus immédiatement l'écriture d'Iris et je sentis mon cœur s'emballer.