Il y a des morts brèves et silencieuses, et d'autres lentes, douloureuses... mais toutes ont ceci de commun : elles sont cruelles. La mort, en elle-même, n'est point noble. Elle frappe sans égard, sans justice, sans raison. Mais il est une mort plus amère que toutes : celle qui survient avant que l'on ait goûté à l'amour véritable. Mourir sans avoir étreint l'âme sœur... sans avoir offert son cœur ni entendu son nom chuchoté dans l'obscurité d'une nuit partagée... voilà, sans doute, le plus funeste des sorts. Et plus encore, lorsque l'on s'éteint seul, abandonné, le corps étendu sur une terre glacée, le souffle court, le regard éteint... Plus douloureux encore est le trépas infligé par la main de celui que l'on crut jadis familier, ami peut-être, confident même. Car il n'est point de


