Chapitre 48 Enfin, poussant un soupir, je pris d’une main la main de Bug-Jargal, de l’autre celle de ma pauvre Marie, qui observait avec anxiété le nuage sinistre répandu sur mes traits. – Bug-Jargal, dis-je avec effort, je te confie le seul être au monde que j’aime plus que toi, Marie. — Retournez au camp sans moi, car je ne puis vous suivre. – Mon Dieu, s’écria Marie respirant à peine, quelque nouveau malheur ! Bug-Jargal avait tressailli. Un étonnement douloureux se peignait dans ses yeux. – Frère, que dis-tu ? La terreur qui oppressait Marie à la seule idée d’un malheur que sa trop prévoyante tendresse semblait deviner me faisait une loi de lui en cacher la réalité et de lui épargner des adieux si déchirants ; je me penchai à l’oreille de Bug-Jargal, et lui dis à voix basse : –


