Chapitre 49

405 Mots

Chapitre 49 Je m’enfuis, je me plongeai dans la profonde forêt, en suivant la trace que nous y avions laissée, sans même oser jeter un coup d’œil derrière moi. Comme pour étourdir les pensées qui m’obsédaient, je courus sans relâche à travers les taillis, les savanes et les collines, jusqu’à ce qu’enfin, à la crête d’une roche, le camp de Biassou, avec ses lignes de cabrouets, ses rangées d’ajoupas et sa fourmilière de noirs, apparût sous mes yeux. Là je m’arrêtai. Je touchais au terme de ma course et de mon existence. La fatigue et l’émotion rompirent mes forces ; je m’appuyai contre un arbre pour ne pas tomber, et je laissai errer mes yeux sur le tableau qui se développait à mes pieds dans la fatale savane. Jusqu’à ce moment je croyais avoir goûté toutes les coupes d’amertume et de fie

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